Les prétendants à la mairie: Denis Tassé, Sylvie Goneau, Maxime Pedneaud-Jobin, Clément Bélanger et Rémi Bergeron

La prochaine étape

CHRONIQUE / On a eu droit à un vrai bon débat des candidats à la mairie de Gatineau mardi soir à l’UQO. Le meilleur jusqu’ici.

Faut croire que le sondage Le Droit/104.7 Outaouais, sorti le matin même, a galvanisé les candidats.

Désormais largement favori pour l’emporter, le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin a clairement lancé le signal qu’il passe à la prochaine étape.

L’enjeu pour lui est maintenant de faire élire une majorité de candidats de son parti politique au conseil municipal.

« Un maire doit être appuyé d’une équipe de candidats qui partage sa vision pour aller plus vite et plus loin », a-t-il insisté au début et à la fin de ce débat fort animé de plus de 90 minutes.

Parions que le maire va parler moins de lui au cours des prochaines semaines afin de laisser la place à ses « candidats vedettes » dans les différents districts électoraux…

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Deuxième dans les intentions de vote avec un gros retard de 29 points sur le maire sortant, Denis Tassé se devait de recentrer sa campagne. L’enjeu pour lui est maintenant de convaincre la population que la lutte se fera désormais à deux, entre lui et le maire sortant.

Il est bien parti en concentrant ses premières attaques contre M. Pedneaud-Jobin, le dépeignant comme un maire dépensier, qui taxe exagérément les citoyens et dont le taux de popularité est en chute libre. Jusque là, c’était bien envoyé.

Le hic, c’est que la nouvelle ligne d’attaque de Denis Tassé sent le réchauffé. 

« J’ai un plan », a-t-il répété en parlant des quatre prochaines années.

 « J’ai un plan », c’est le slogan que Justin Trudeau a répété ad nauseam lors de l’élection fédérale de 2015. Au point d’en devenir la risée de ses adversaires. 

L’équipe de M. Tassé n’a rien trouvé de mieux qu’un slogan recyclé pour donner du tonus à sa campagne ?

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Quant à Sylvie Goneau, lointaine troisième dans les intentions de vote, elle ne baisse pas les bras. 

Elle était en feu. 

Trop parfois alors qu’elle n’écoutait plus ni les rappels à l’ordre du modérateur Gilles Mailloux, ni les répliques des autres candidats.

M. Goneau a aussi la fâcheuse tendance de se colleter avec Denis Tassé ou un candidat qui n’a aucune chance de l’emporter comme Rémi Bergeron.

Ce faisant, elle joue le jeu du maire sortant qui doit  rire dans sa barbe en voyant ses adversaires se déchirer entre eux.

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Encore une fois, c’est le maire sortant qui a eu le meilleur sans trop forcer. 

En matière de transport en commun ou de la place de l’UQO dans la communauté, c’est lui qui avait le point de vue le cohérent.

Alors que ses rivaux hésitent à se prononcer sur la nature du futur lien de transport en commun vers Aylmer, Maxime Pedneaud-Jobin déclare son parti pris pour un train léger.

Sur l’UQO aussi, il affiche  ses couleurs en faveur d’un appui fort de la municipalité à son université. 

En comparaison, le peu d’enthousiasme de Denis Tassé pour l’UQO, pourtant l’hôte du débat, était gênant.

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Toujours aussi féministe, Sylvie Goneau a rappelé qu’elle était la seule femme à avoir osé se présenter à la mairie de Gatineau depuis la fusion de 2002. Elle a bien raison de s’en attrister. Ça s’est gâché quand elle a ajouté que seulement 4 candidates « indépendantes » se présentaient dans les différents districts.

« Nous, on a huit femmes candidates chez Action Gatineau ! », a riposté du tac au tac le maire sortant.

« Je parlais de candidates indépendantes. M. Pedneaud-Jobin. Vous devriez travailler votre écoute », l’a semoncé Mme Goneau. « Est-ce mieux d’être indépendant que d’être une femme ? », a rétorqué fort à propos le maire sortant.

Mais Mme Goneau n’écoutait déjà plus.