En France, le gouvernement veut carrément interdire le téléphone cellulaire dans les écoles et les collèges à compter de la rentrée 2018.

La police du cellulaire

CHRONIQUE / En France, le gouvernement veut carrément interdire le téléphone cellulaire dans les écoles et les collèges à compter de la rentrée 2018. Une maudite bonne idée, dites-vous?

C’est vrai que l’idée est séduisante sur papier. Plus de téléphones, plus de problèmes ! Ah, si la vie était aussi simple…

Bien des experts remettent en question la manière forte préconisée par nos cousins français.

D’abord parce qu’une interdiction pure et simple du cellulaire à l’école est difficile à mettre en pratique.
À partir du moment où les profs n’ont pas le droit de fouiller les élèves, encore moins de leur confisquer un appareil, comment feront-ils pour faire respecter l’interdiction ? À supposer, bien sûr, que les enseignants français aient le goût de jouer à la police du cellulaire. Ce dont je doute ! S’ils sont comme les enseignants québécois, ils aiment mieux enseigner.

Ensuite, je vois mal nos écoles démoniser un appareil qui fait partie de notre quotidien. Oui, le cellulaire a un côté obscur. Oui, il est une source de distraction importante à l’école. Une étude britannique a même démontré que de bannir le cellulaire à l’école avait pour effet d’améliorer la performance scolaire, surtout chez les élèves en difficultés.

En même temps, le cellulaire fait partie intégrante de notre quotidien. Il est là pour de bon. Plutôt que d’interdire, ne vaut-il pas mieux éduquer les jeunes à l’utiliser ?

Certains parents verraient d’un bon oeil que les écoles fassent la chasse aux téléphones cellulaires. Or soyons honnêtes : bien des jeunes peuvent utiliser leur téléphone intelligent sans restriction à la maison, à toute heure du jour ou de la nuit.  

Vous me direz que l’école, c’est l’école… et que les règles doivent être plus strictes qu’à la maison. Soit. N’empêche que les jeunes trouveront toujours le moyen de contourner les interdictions. Les adolescents, surtout, prennent plaisir à défier les règles. C’est de leur âge ! Le plus important, c’est de baliser l’utilisation du cellulaire en salle de classe comme on le fait déjà dans des écoles du Québec.

Après tout, les téléphones intelligents sont également un merveilleux outil d’apprentissage. En quelques clics, on peut faire une recherche en histoire, trouver la définition d’un terme, éclaircir une notion d’éthique ou traduire un mot en anglais. Pourvu que ce ne soit pas pour tricher pendant un examen, il n’y a pas de problème.

Je comprends les profs qui ne veulent rien savoir du cellulaire en classe. Il faut beaucoup de doigté et de vigilance pour gérer son utilisation. Et quoi de plus insultant que d’enseigner à des élèves qui ont constamment les yeux rivés sur leurs écrans, à s’envoyer des textos ou à consulter leur profil Facebook ? Au primaire et au secondaire en tout cas, il n’y a aucune raison de tolérer cela. 

À l’école secondaire de mon fils, le cellulaire est permis – sauf en salle de classe. Si un jeune se fait prendre, son cellulaire est confisqué. Le parent doit venir le réclamer à la direction. Et c’est parfait ainsi. Pas besoin d’une interdiction totale qui obligerait tout le monde à jouer à la police du cellulaire.