Les travaux de construction de la nouvelle succursale de la SQDC de Chicoutimi avancent à grands pas sur la rue Montcalm. L’ouverture devrait se faire dans les prochains jours.

La légalisation, un an plus tard

CHRONIQUE / Il y a un an, le gouvernement de Justin Trudeau rendait légale la vente de cannabis au Canada. Cette légalisation a engendré de nombreuses discussions dans les chaumières un peu partout au pays. Alors que dans plusieurs villes du Québec, des consommateurs de cannabis faisaient la file dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), les fumeurs de pot du Saguenay-Lac-Saint-Jean devaient s’approvisionner en ligne sur le site Internet de la nouvelle société d’État.

Il aura fallu attendre plus d’un an pour que des succursales ouvrent à Alma (940 avenue du Pont Sud) et à Chicoutimi (317 rue Montcalm). La succursale d’Alma devrait ouvrir dans quelques jours alors que la marchandise commence à prendre place sur les tablettes. À Chicoutimi, les ouvriers, qui complètent l’aménagement intérieur, m’ont indiqué, lors d’une brève visite mercredi après-midi, que les corps de métier doivent libérer la place en fin de semaine pour une ouverture prévue à la fin du mois d’octobre.

Pas dans les lieux publics

Dès l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis, le 17 octobre 2018, la Ville d’Alma informait ses citoyens « qu’il est interdit de consommer ou de s’apprêter à consommer du cannabis et d’autres drogues, d’avoir du matériel, objet ou équipement servant ou facilitant la consommation de cannabis ou d’autres drogues et d’exposer un mineur à sa fumée secondaire de cannabis, dans un endroit public ou une place publique. Ces trois infractions sont également passibles d’amende allant de 200 $ à 1000 $ pour une première infraction », a fait valoir la Ville.

Sur le site de la SQDC, on nous informe que « pour le premier trimestre de son exercice 2019-2020, débuté le 31 mars et clos le 22 juin 2019, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a totalisé des ventes de 45,1 M $, pour un bénéfice net de 1,4 M $ qui sera versé dans le Fonds des revenus provenant de la vente du cannabis, géré par le ministère des Finances du Québec ».

Ça fait toujours bien ça de moins dans les poches du crime organisé. La légalisation du cannabis n’a pas eu l’effet de transformer les Canadiens en drogués et plusieurs inquiétudes se sont dissipées, au cours de la dernière année. Des inquiétudes demeurent en ce qui a trait à la santé mentale, mais la légalisation n’a pas entraîné la banalisation de la consommation.

« Les revenus gouvernementaux tirés de son exploitation, sous forme de taxe à la consommation et de droits d’accise (perçus auprès des producteurs), sont de l’ordre de 14,4 M $ », fait savoir la SQDC. La légalisation aura permis au gouvernement de mettre 14,4 millions de dollars dans ses coffres. Les succursales du Québec ont ainsi vendu 6264 kg de cannabis légalement. Ça démontre l’importance de ce marché, même si le crime organisé continue à être actif illégalement. Les experts estiment qu’il faudra une dizaine d’années pour éliminer le marché illégal, un peu comme ça s’est fait avec la légalisation de la vente de boisson aux États-Unis à la fin de la prohibition.

Ouverture prochaine

Je suis curieux de savoir quel sera l’impact de l’ouverture des succursales régionales d’Alma et de Chicoutimi dans les prochains jours. Plusieurs adeptes du cannabis font déjà leurs emplettes sur Internet et ont leurs habitudes de consommation.

Le porte-parole du service de relations avec les médias de la SQDC, Fabrice Giguère, n’a pas de date précise pour l’ouverture des deux succursales régionales. « Même si les travaux sont terminés, il y a des ajustements à faire avec les équipements informatiques et des détails de fonctionnement et d’opération. Pour ces raisons, je n’ai pas de dates précises à vous donner », a-t-il indiqué.

En ce qui concerne l’effet nouveauté et la curiosité des consommateurs, on peut s’attendre à un certain engouement. « Généralement, à l’ouverture d’une nouvelle succursale, la clientèle se présente en grand nombre lors de la première journée et il arrive effectivement que des files d’attente se déploient devant l’établissement », fait-il savoir.

La légalisation s’est faite sans drame et sans contestation, sauf peut-être les cafouillages en approvisionnement durant les premiers mois, mais on peut déjà considérer que ça fait partie du paysage de la consommation. Probablement que les restrictions à l’égard de la consommation dans les lieux publics vont s’adoucir avec les années pour permettre aux gens de fumer leur joint tranquillement dans les parcs.