Ghislaine Beaudoin, celle qu’on surnomme la marcheuse de Buckingham, a franchi la frontière du Texas hier midi.

Jusqu'au Texas à pied, mission accomplie

CHRONIQUE / Marcher de Buckingham jusqu’au Texas: check!

Ghislaine Beaudoin, alias la marcheuse de Buckingham, peut crier haut et fort: mission accomplie ! Et elle peut aussi rayer son incroyable périple d’approximativement 2 500 kilomètres de sa liste de choses à faire avant de mourir puisqu’elle a franchi la frontière du Texas lundi midi.

Mme Beaudoin a quitté sa résidence du secteur Buckingham le 1er avril dernier avec la ferme intention de marcher jusqu’au Texas. Plusieurs étaient sceptiques, moi le premier. Et certains remettaient même en question la santé mentale de cette dame de 61 ans. Mais 114 jours et quatre paires d’espadrilles plus tard, la voilà rendue au pays des cow-boys, saine et sauve.

«Je sais que certains me croyaient folle, et c’est normal. Mais moi, je connaissais ma force», a-t-elle dit avec un sourire dans la voix, lundi matin, lorsque jointe alors qu’elle se trouvait, non pas à quelques kilomètres de la frontière du Texas, mais bien à quelques pas.

Voici des extraits de notre entretien:

LE DROIT: Comment allez-vous célébrer votre exploit ce soir (lundi)?

GHISLAINE BEAUDOIN: Mon Dieu! Je n’avais même pas pensé à ça! (Rires). Quelqu’un m’attend à Texarkana (la ville du Texas la plus près de la frontière avec l’Arkansas). Donc je vais sûrement prendre une bière ou deux pour célébrer. Mais c’est drôle, je n’y avais même pas pensé.

LD: Une famille hôte vous attend déjà?

GB: Oui. Beaucoup de gens du Texas se sont offerts pour m’accueillir. Il y a deux personnes à Texarkana. Je vais chez la première pour trois jours et chez la deuxième pour trois autres jours. Cette dernière va ensuite m’emmener à Dallas où trois personnes veulent être mes hôtes. Et j’ai des gens qui m’attendent à Houston et à San Antonio. Je compte visiter le Texas pendant environ un mois avant de rentrer à Gatineau. En avion! (Rires).

LD: Vous avez été accueillie chez des gens un peu partout sur votre trajet.

GB: C’est ce qui m’a le plus surpris. L’hospitalité des gens m’a renversée. C’était extraordinaire. Je ne m’attendais pas à autant de générosité et à autant de personnes intéressées à ce que je fais. Quand j’ai quitté Gatineau, je m’imaginais faire beaucoup, beaucoup de camping. Et je voyais quelqu’un m’offrir l’hospitalité une ou deux fois par mois. Mais ce fut tout le contraire! C’est à peine si j’ai fait du camping six ou sept fois. Et des gens, dont certains de l’Outaouais, m’ont payé une chambre de motel à quelques reprises. Les gens m’ont encouragée et aidée tout au long de ma route. C’est incroyable. Et je leur en suis infiniment reconnaissante.

LD: Justement, qu’avez-vous pensé des centaines de personnes qui vous suivaient sur Facebook et qui vous encourageaient?

GB: Ils m’ont donné une grande force. La force de continuer. Des gens que je ne connais pas et qui ne me connaissent pas m’écrivaient pour m’encourager, et d’autres m’écrivaient de beaux mots. C’est comme un roman! (Rires).

LD: Qu’avez-vous trouvé de plus difficile durant votre marche de Gatineau jusqu’au Texas? Le froid des premières semaines d’avril? La chaleur du Sud des États-Unis? La fatigue?

GB: Ça va sembler stupide ce que je vais dire, mais le plus difficile était de ne pas trouver des toilettes quand j’en avais besoin ! (Rires). On n’a évidemment pas le droit de prendre soin de nos besoins sur le bord de la route. Mais parfois, il y avait beaucoup de kilomètres entre les stations d’essence et les endroits où il y a des toilettes. C’est ce qui était le plus difficile. (Rires).

LD: Qu’avez-vous appris sur vous-même au cours des derniers mois?

GB: «The sky’s the limit»! (Rires). Et je suis prête à beaucoup plus! Je me suis lancée tout un défi en disant que j’allais faire cette marche. Et je suis fière d’avoir réussi. Et si je peux inspirer des gens à se dépasser à leur tour, je serai bien contente.

LD: Merci beaucoup Mme Beaudoin, ce fut un plaisir de vous suivre. Et mes sincères félicitations. Bon séjour au Texas!

GB: Yeah !! ».