Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
L'aréna Baribeau a été transformé en endroit fonctionnel pour les Olympiques de Gatineau.
L'aréna Baribeau a été transformé en endroit fonctionnel pour les Olympiques de Gatineau.

Joyeux campeurs

CHRONIQUE / Je ne sais pas trop ce que je ferais, dans la vie, si je n’étais pas journaliste sportif. Une chose est certaine, cependant. J’aurais bien du mal à exercer le métier d’évaluateur agréé.

Mardi, le camarade Bélanger nous disait que plusieurs milliers de dollars ont été «engloutis» pour que l’aréna Baribeau réponde aux normes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

L’investissement pourrait même atteindre «quelques centaines» de milliers de dollars, a même écrit Bélanger.

Je le soupçonne de ne pas en savoir bien plus long que moi sur la valeur réelle des vis, des madriers et des autres matériaux de construction.

Pour la première fois depuis l’ouverture du camp d’entraînement des Olympiques, mercredi, je suis allé faire mon tour à Baribeau. On m’a donné le droit de faire une – très courte – visite des nouveaux plateaux.

C’est comme je vous disais. J’aurais bien du mal à évaluer le coût des travaux.

Pourtant, j’ai longtemps été abonné à Canal Vie.

Pour passer du temps de qualité auprès de celle que j’aime, j’ai consacré de nombreuses heures à regarder des émissions dans lesquelles des spécialistes de la rénovation remettent «au goût du jour» des immeubles défraîchis.

J’en ai vu, des «clients satisfaits» émus aux larmes devant le génie créatif de Saskia Thuot!

Aussi bien vous le dire tout de suite. On pourrait difficilement tourner un épisode de Décore ta vie à Baribeau.

On n’est pas là.

Les Olympiques veulent quand même saluer l’efficacité des cols bleus, qui ont travaillé très rapidement.

À défaut de rendre l’endroit joli, ils ont rendu l’endroit fonctionnel.

Serge Haché est content d’avoir son petit coin bien à lui, pour aiguiser les patins et pour effectuer les réparations de base. En plus, c’est juste à côté du vestiaire. Il peut donc garder un oeil et une oreille sur ses p’tit gars. C’est l’essentiel.

Le gymnase de fortune est plus spacieux que celui du centre Robert-Guertin. C’est important, ça aussi. Dans le contexte difficile dans lequel cette organisation tente de survivre depuis une quinzaine d’années, il faut savoir se réjouir de ce type de nouvelles.

Les vélos d'entraînement sont situés au troisième étage de l'aréna Baribeau.

Dans les gradins, on a été capables de leur aménager un petit quelque chose de fonctionnel, sur trois étages. Au premier niveau, les joueurs peuvent préparer et consommer leurs boissons protéinées. Au deuxième étage est réservé aux poids libres et aux appareils de musculation. Au troisième, on retrouve les vélos stationnaires.

«Qu’on soit au Centre Bell, à Guertin ou ici, il n’y aura pas de spectateurs en début de saison. Tout ce qu’on aura, ce sera un rond de glace de 85 pieds par 200 pieds. Et on sera choyés de pouvoir l’utiliser pour jouer au hockey», m’a répondu Louis Robitaille, quand je lui ai demandé de me parler de la première semaine de travail qui achève, déjà, dans cet environnement de fortune.

«Et au fond, je pense que ce sont nos trainers qui ont le plus gros du travail. Serge, Brian Cushman, Noémie Chartier-Lefrançois et Sébastien Laplante sont ceux qui doivent travailler dans un contexte plus difficile. Je les remercie, d’ailleurs. Les joueurs, eux... Ils ne réalisent peut-être même pas qu’il pourrait leur manquer quelque chose.»

•••

Justement, parlons des joueurs. Ce sont des enfants du XXIe siècle, qui ont grandi dans un contexte très favorable.

À huit ans, ils portaient des patins de la même marque que Sidney Crosby. À 12 ans, leurs parents étaient prêts à débourser des centaines de dollars pour leur offrir des bâtons aux palettes courbées et aux manches aussi flexibles que ceux de Johnny Gaudreau.

On parle ici de jeunes hommes qui ont eu accès à des entraîneurs privés et à des nutritionnistes en bas âge.

Je dis ça et Robitaille sait exactement de quoi je parle.

«Je suis père de famille, dit-il. On veut toujours offrir ce qu’il y a de mieux à nos enfants.»

Je lui parlais de ça, mercredi, parce que j’ai l’impression que Baribeau pourrait devenir un fichu bel outil pour commencer à bâtir son club.

Les Olympiques ont réuni plusieurs jeunes hommes de grand talent pour ce camp d’entraînement atypique. En leur faisant passer quelques semaines (ou quelques mois?) dans un building pour la casse, il pourrait commencer à leur enseigner que dans le hockey majeur, rien ne sera facile.

Louis Robitaille a commencé à décorer le vestiaire des Olympiques.

D’ailleurs, c’est sans doute une coïncidence, mais le nouveau coach a commencé à décorer le vestiaire. Sur une porte, il a fait inscrire les mots «passion», «work ethic», «pack mentality» et «discipline».

«Ce sont des mots que je vais utiliser souvent. Ces mots-là seront présents ici. Ils vous nous suivre quand nous allons récupérer Guertin. Ils vont nous suivre sur la route, aussi.»

Ah oui. J’allais oublier de vous parler du vestiaire des Olympiques, à Baribeau.

Il n’est pas très confortable, mais il est assez grand pour accueillir une vingtaine de joueurs.

C’est bien l’essentiel.