Lucie Mandeville
La méthode la plus efficace pour stimuler la sérotonine, l’une des hormones du bonheur, est de marcher, courir, danser… quotidiennement.
La méthode la plus efficace pour stimuler la sérotonine, l’une des hormones du bonheur, est de marcher, courir, danser… quotidiennement.

Jouer dehors… enfin!

CHRONIQUE / Les sportifs d’activités individuelles se réjouissent d’aller jouer dehors. Ceux qui pratiquent un sport d’équipe attendent leur tour. Ils entrevoient sans grand bonheur des mesures qui limiteraient le contact. Mon fils est un grand fervent de hockey. Des tirs de barrage pendant trois périodes, ce n’est pas du hockey, me dit-il. De mon côté, je continue de courir chaque jour. C’est bon pour ma santé… psychologique!

Le lien entre la santé physique et psychologique n’est plus à démontrer. La recherche a prouvé nombre de fois les bienfaits de l’activité physique sur le moral, ainsi que sur les aptitudes mentales. L’exercice apporte de l’oxygène au cerveau, le rendant plus vif. À l’école, des enseignants ont compris ce principe. Ils font bouger les enfants avant de rentrer en classe ou de faire un examen. Le sport et le plein air sont des antidotes naturels à la maladie mentale. Des médecins et des psychologues recommandent l’exercice comme remède contre la dépression ou l’anxiété. Trente minutes par jour, minimum. La méthode la plus efficace pour stimuler la sérotonine, l’une des hormones du bonheur, est de marcher, courir, danser… quotidiennement. Et chacun peut y aller à son rythme, dans la mesure où les toxines sont libérées.

L’interdiction est levée pour le tennis, le golf, le kayak… la liste est longue. Ce n’est pas trop tôt. À l’ère de la covid, deux types de mesures sont prises par la sécurité publique. Les mesures pour réduire les risques liés à la maladie et les mesures pour favoriser la santé. L’équilibre entre ces mesures est généralement indiqué. Il arrive toutefois que l’attention soit portée exclusivement sur les risques. Par exemple, le confinement est une mesure centrée sur le risque de propagation du virus. 

Des mesures pour réduire les risques de la maladie peuvent provoquer, par contrecoup, des effets néfastes sur la santé. Le confinement a créé nombre de problèmes, dont certains très graves. La malnutrition, l’obésité, l’isolement, la démotivation, la perte de sens à la vie, et plus généralement la détresse. Un bilan des dégâts permettra de constater l’état de nos jeunes et de nos moins jeunes, après la crise. 

Il arrive un moment dans cette crise où les mesures visant la réduction des risques doivent faire place aux mesures permettant de retrouver la santé. 

En région, nous sommes privilégiés comparativement à la grande ville. Nous pouvons marcher dehors, avec un sentiment de liberté, plus ou moins grand. Plusieurs d’entre nous profitent du temps d’arrêt et de la belle température pour entretenir la terrasse et faire des rénovations extérieures. De plus, nous avons de vastes espaces verts qui nous entourent et de grands terrains sur lesquels sont construites nos maisons. Ces espaces et ces terrains forment une distanciation naturelle, où les virus se perdent dans la nature. Nous pouvons donc nous promener, courir, jouer et bientôt profiter de la SÉPAQ qui rouvrira ses portes. 

Le contact humain, à travers le sport, répond à un besoin fondamental

Durant les deux derniers mois, nous avons maintenu un contact avec nos proches et nos amis, grâce aux médiums de communication Internet. Mais cela ne remplace pas le contact plus chaleureux et humain que l’on retrouve entre autres en faisant du sport avec des copains ou des copines. Dans une période où le mot clé est « sécurité », il faut penser qu’il existe une sécurité psychologique, sans laquelle nous nous sentons vulnérables. Cette sécurité, nous la trouvons entre autres dans la camaraderie. Passer une heure avec de bons amis ou de bonnes amies, à jouer au golf, à faire du vélo, à se promener dans la nature répond à notre besoin d’être en connexion. Ce besoin est fondamental.  

Des pédiatres et pédopsychiatres insistent pour que les jeux d’équipe extérieurs reprennent le plus rapidement possible. Ces jeux n’entrainent pas de risques significatifs de propagation qui justifient leur interdiction, nous disent les spécialistes. C’est urgent d’offrir aux jeunes des occasions de participer à des activités physiques entre pairs. L’absence de telles activités, en plus de l’interdiction de se revoir à l’école, pour les adolescents, crée des situations très problématiques. Décrochage scolaire, sentiment de ne pas être considérés par la société, conflits familiaux, pour ne nommer que ces situations. Il est temps de passer en deuxième vitesse, en ce qui concerne les activités extérieures de groupe, afin de permettre à tous de recouvrer la santé. 

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