Nathan MacKinnon avait du mal à cohabiter avec Matt Duchene au Colorado. Maintenant, il est au cœur de la renaissance de l’Avalanche. Tout ça grâce à Joe Sakic.

Joe Sakic, l’homme de l’année 2018

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / La semaine dernière, je vous disais qu’Alexander Ovechkin obtiendrait mon vote de première place pour le trophée Hart, si la saison régulière se terminait à la fin décembre.

Je ne change pas d’idée. Ovi a été le joueur le plus utile à son équipe dans la première moitié du calendrier régulier.

J’ai quand même hésité un petit moment. Nathan MacKinnon se veut aussi un candidat de choix.

Ce week-end, j’ai poussé la réflexion un peu plus loin. J’ai fini par conclure que les deux mêmes joueurs seraient de bons rivaux, s’il fallait décerner le titre de « l’homme de l’année » dans la Ligue nationale de hockey.

Ovi a quand même réussi un tour de maître, quand il a permis aux Capitals de Washington de remporter la première coupe Stanley de leur histoire.

MacKinnon, de son côté, s’est retrouvé au cœur de la renaissance de l’Avalanche du Colorado. Le jeune centre a disputé hier son 70e match en 2018. Il a récolté pas moins de 103 points dans les 69 premiers.

Un truc m’a frappé, après un moment de réflexion.

L’homme qui a permis à MacKinnon de finalement devenir un joueur d’exception mérite peut-être d’être reconnu.

Si Joe Sakic n’avait pas si bien géré son équipe, l’histoire aurait sans doute été bien différente.

En coulisses, depuis un certain temps, on parlait d’une situation difficile à Denver. MacKinnon et Matt Duchene avaient du mal à coexister au sein de la même organisation.

Cela pourrait expliquer, entre autres, pourquoi Sakic a cherché à échanger un joueur doué comme Duchene, alors qu’il était âgé dans la mi-vingtaine.

Sans savoir exactement ce qui s’est passé, on constate que Sakic s’est montré patient. Il s’est accroché à son joueur pendant de longs mois, quitte à gâcher la saison 2016-17, en attendant une offre vraiment intéressante.

Il a fini par améliorer son équipe en y arrachant un joueur de premier plan, ce qui est assez impressionnant en soi.

Il a également trouvé une façon d’obtenir deux joueurs qui pourront l’aider pendant de nombreuses années.

Samuel Girard est déjà là. À 20 ans, il est déjà le troisième défenseur le plus utilisé par son entraîneur. Il passe plus de 20 minutes par partie sur la patinoire.

« Quel bon kid, disait récemment le vétéran Erik Johnson à un reporter du Denver Post. Il cherche chaque jour des façons de s’améliorer. On pourrait s’inquiéter de voir un gars de son gabarit passer autant de temps sur la patinoire. Il a tellement une bonne tête. Il sait d’instinct quand se sortir de la circulation pour s’éviter des ennuis. »

L’Avalanche a également acquis Shane Bowers. Ce dernier aura besoin de quelques années pour atteindre la grande ligue, mais on nous dit qu’il pourrait éventuellement devenir un bon centre de troisième trio.

Enfin, Sakic a joué de chance. Au moment de compléter la grosse transaction, personne ne pouvait deviner que les Sénateurs d’Ottawa étaient sur le point de tomber dans le précipice. Il ne pouvait pas anticiper qu’en mettant la main sur un de leurs choix de première ronde, il pourrait se retrouver dans le boulier qui donne accès au tout premier choix.

Sakic avait beaucoup à perdre quand il est devenu directeur général de l’Avalanche. Il est vénéré à Denver, dans une ville où il a paradé avec la coupe Stanley à bout de bras à deux occasions. S’il n’est pas à la hauteur, en tant que gestionnaire, il pourrait facilement ternir son image et sa réputation.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir organiser un troisième défilé. Au moins, à l’heure actuelle, il peut au moins croire qu’il s’agit d’un objectif réaliste.

Les Flyers bougeront-ils ?

Quand Chuck Fletcher a pris les commandes à Philadelphie, on pouvait sentir que l’avenir de Dave Hakstol était en suspens. Le jeune entraîneur issu des rangs universitaires américains est devenu lundi la première victime du nouveau régime. Le nouveau directeur général des Flyers ne s’arrêtera sans doute pas là. D’ailleurs, quand ils ont mis à jour leur liste des joueurs les plus susceptibles d’être échangés, nos collègues de TSN nous ont un peu surpris. Wayne Simmonds est le premier membre de son équipe à se pointer sur la liste... au 15e rang. On retrouve trois joueurs des Kings de Los Angeles, trois joueurs des Rangers de New York et trois autres des Blues de Saint-Louis dans le top-20.

Un Bergeron pour Noël

Patrice Bergeron est sur la touche depuis maintenant un mois. Il a subi une blessure à la cage thoracique, similaire à celle que subissent plusieurs conducteurs qui heurtent le volant de leur voiture avec leur cage thoracique lors d’un impact. Première bonne nouvelle : il n’aura pas besoin de passer sous le bistouri. Deuxième bonne nouvelle : il pourrait revenir au jeu cette semaine. Troisième bonne nouvelle : il pourrait contribuer à relancer un autre trio, puisque David Krejci a très bien fait en son absence, entre Brad Marchand et David Pastrnak. « Je serais très à l’aise avec cette décision. Patrice, comme vous le savez, est à l’aise dans n’importe quel trio », a fait savoir l’entraîneur-chef des Bruins, Bruce Cassidy, au Boston Globe.