Chroniques

Autrement dit

La comparaison

Prix atteint par la toile Girl With Balloon, de l’artiste Banksy, AVANT qu’elle ne soit déchiquetée par une machine camouflée dans son cadre: 1,8 million $ CAD

Valeur minimale de la toile APRÈS qu’elle ait été déchiquetée: 3,3 millions $ CAD

Source: slate.com

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Chroniques

Autrement dit

LA TENDANCE Le concours de beauté pour poisson

Dans plusieurs pays asiatiques, la beauté du poisson est vraiment prise au sérieux. Au besoin, pour corriger un léger défaut, la bestiole peut avoir recours à la chirurgie plastique. 90 $ pour remonter les yeux. 60 $ pour retrousser un... menton. Rien ne doit être laissé au hasard. Au Japon, pour le célèbre concours de carpes koï multicolores, les juges attribuent 70% de la note finale pour les «courbures» du corps. Un tranche de 20% est donné pour le contraste des couleurs. Le reste (10%) sert à évaluer la «prestance». Pfff. Que croyez vous? La personnalité compte aussi! Faites un signe de la nageoire si vous êtes d’accord.

Source: CNBC.com et ladepeche.fr

Chroniques

Autrement dit

Le chiffre: 400

Nombre approximatif de chats dont la mort mystérieuse était attribuée à un «tueur en série», à Croydon, dans la banlieue de Londres, depuis 2014. La cruauté de celui qui avait été baptisé «l’éventreur de Croydon», semait l’inquiétude. Après la découverte de plusieurs dépouilles de félins horriblement mutilées, la théorie du dangereux psychopathe avait fait son chemin. On redoutait que le tueur passe à une autre étape, pour s’en prendre aux humains. Il a fallu trois ans d’enquête aux détectives de Scotland Yard pour dénicher le coupable. Ou plutôt les coupables, puisqu’il s’agissait de… renards. Vous devriez refaire votre élémentaire, mon cher Watson.

Source: Le Monde

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La comparaison

Proportion des Américains estimant plus facile d’éduquer un garçon qu’une fille

En 1941: 42 %

En 2018: 54 %

Source: Gallup

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La punition: 20 ans de prison

Peine maximale qui pourrait être imposée à deux pompiers du Venezuela pour avoir diffusé une vidéo dans lequel un âne joue le rôle du président du pays, Nicolas Maduro. À la blague, on dit que le juge pourrait laisser tomber les accusations «d’insulte au président». Par contre, il ne leur pardonnera jamais d’avoir révélé un secret d’État.

Source: Agence France-Presse

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Actualités

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LA NOUVEAUTÉ

Le mendiant avec un code-barres

L’usage des billets de banque diminue sans cesse. Celui de la petite monnaie aussi. Est-ce à dire que les mendiants verront leurs maigres revenus réduits à néant? Pas si vite. En Grande-Bretagne, un projet piloté par l’Université d’Oxford propose une solution. Il consiste à fournir un code-barres à chaque mendiant, bien visible accroché à son cou. Finies les excuses pour les passants qui n’ont pas de monnaie. On peut scanner le code avec son téléphone et faire un transfert d’argent en ligne. Il paraît qu’à défaut de faire disparaître la pauvreté, on l’aide à entrer au XXIe siècle.

Source : The Telegraph

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Actualités

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L'INSTANT PRÉCIS

11h32, le 17 juin 2018

Moment où les sismographes de la région de Mexico ont enregistré une vibration suspecte. Le léger mouvement, qui n’avait rien à voir avec un tremblement de terre, coïncidait avec l’explosion de joie provoquée par un but du Mexique, contre l’Allemagne, à la Coupe du Monde de soccer. N’exagérons rien. Tout compte fait, la secousse était un million de fois moins puissante que le tremblement de terre d’une magnitude de 8,0, qui avait dévasté la ville de Mexico, en 1985.

Source : USA Today

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Chronique

Le G7, une farce grotesque

CHRONIQUE / Quoi qu’il arrive, les «experts» de la sécurité vont gagner le G7.

Si la violence éclate, ils diront que sans les mesures de sécurité mises en place à La Malbaie et à Québec, les choses auraient été pires. À l’opposé, si tout se déroule paisiblement, ils expliqueront que c’est grâce à eux que la région a évité l’apocalypse.

Peuvent pas perdre, je vous dis. Pour le G7, le Canada a prévu un budget de 605 millions $, incluant les réunions préparatoires. Voilà ce qui s’appelle un pactole. Un vrai.

Bien sûr, des esprits chagrins s’indignent que l’on engloutisse des centaines de millions de dollars pour deux jours de discussions. Après tout, même les empereurs du 19e siècle se montraient plus économes, lors de leurs déplacements. Mais il est vrai que ces dinosaures ne connaissaient pas des merveilles comme le gaz lacrymogène ou la «zone» clôturée réservée aux manifestants, à La Malbaie. Alors ça ne compte pas vraiment.

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Ne nous égarons pas. Au début, le G7 de La Malbaie devait être une affaire diplomatique. À la fin, il tourne à l’orgie policière.

Dans Charlevoix, une partie de La Malbaie est clôturée, quadrillée, occupée. Plus de 8000 policiers et militaires montent la garde. Et ça n’inclut pas la garde côtière, qui patrouille une «zone d’exclusion maritime» s’étendant jusqu’à trois kilomètres du rivage, entre Cap-à-l’Aigle et Saint-Irénée. Même la circulation en kayak y est interdite, du 1er au 10 juin.

On ne pratique pas encore la fouille à nu sur les bélugas, mais chut! ça pourrait donner des idées…

À 150 kilomètres de distance, le centre de la ville de Québec n’est pas épargné. Par mesure de précaution, les écoles sont fermées. Environ 10 000 fonctionnaires ont été mis en congé. Les travaux de l’Assemblée nationale ont été suspendus. Tous les policiers de la ville sont en service…

Ce branle-bas de combat, c’est pour protéger la rencontre de combien de grands leaders, déjà? Ah oui, sept. Mais quand on y pense, ce petit nombre constitue une chance. S’ils étaient 100, il aurait fallu fermer Montréal, Boston et peut-être New York. Comme disaient Jacques Prévert: «même assis, ça n’aurait pas tenu debout».

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Entre nous, il faut une imagination débordante pour trouver des bons côtés à une farce aussi grotesque. Peu importe, car le gouvernement du Canada excelle dans l’art de faire passer les miettes tombées de la table pour des diamants bruts.

Faut-il parler des futures retombées touristiques que l’on fait miroiter aux gens de Charlevoix? À croire que les journalistes étrangers, que l’on déplace en convois, comme des prisonniers dangereux, vont avoir le temps de faire du tourisme. Sans parler des millions de gens qui devraient apercevoir le décor enchanteur derrière les grimaces de Donald Trump? 

J’exagère? Que ceux qui se souviennent du nom de Taormine, la petite ville de Sicile qui a subi le G7 l’an dernier osent dire le contraire.

Pfff. Quand à ceux qui sont parvenus à nommer la petite ville japonaise qui avait accueilli la réunion en 2016, je les soupçonne d’avoir triché.

Quoi? Espérer des retombées touristiques à long terme du G7? Ça rappelle le nigaud qui laisse tomber une rose au fond du Grand Canyon, en croyant qu’il entendra l’écho.

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Loin de moi l’idée d’affirmer que le G7 constitue un club totalement archaïque, sur le modèle des bisons des prairies, chers aux Pierrafeu. Ces jours-ci, des experts croient même que les sept leaders du G7 peuvent rafistoler le commerce mondial.

On peut rêver. Mais si le monde est devenu à ce point dangereux qu’il faut paralyser une région entière pour protéger le Sommet du G7, peut-être qu’il faudrait trouver une nouvelle formule?

Une île déserte? La téléconférence? Un engin en orbite?

Stop. Je sais. Ça ne se produira pas. Espérer que les grands de ce monde se préoccupent de ce genre de détails, ça semble complètement vain. 

Pour reprendre l’expression consacrée, vous faites mieux d’occuper votre temps à la recherche des portes-patios dans les sous-marins.

Chronique

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LE POURCENTAGE

50 %

En Australie, c’est la proportion des koalas qui seraient infectés par la chlamydia, une infection transmissible sexuellement.

Source : News South Wales Governement (nsw.gov)

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Chronique

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LA COMPARAISON

À quelle vitesse avancent-ils?

0,37 mètre à l’heure : vitesse moyenne de l’astro laboratoire roulant Curiosity, depuis son atterrissage sur Mars, le 6 août 2012

3,6 mètres à l’heure : vitesse moyenne d’un escargot de Bourgogne

1000 mètres à l’heure : vitesse atteinte par la tortue léopard Bertie, qui détient le record mondial de son espèce.

Source : The Telegraph

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Chronique

La pêche à la baleine avec une ficelle de laine

CHRONIQUE / Ces jours-ci, le gouvernement Couillard annonce triomphalement la création d’une escouade de 75 «experts» pour lutter contre la fraude fiscale, notamment dans les paradis fiscaux. Sur le communiqué officiel, le slogan de Revenu Québec claque comme un coup de fouet : «Juste. Pour tous». Il promet aussi «une vision, des actions».

Snif. Il ne manque que des violons, un drapeau qui flotte au ralenti et le crépitement d’un feu de camp pour que snif, on se mette à pleurer, tellement c’est beau.

Hum. Ressaisissons-nous. Est-ce à dire que les jours des paradis fiscaux sont comptés? Ou que les adeptes de «l’évitement» fiscal doivent prendre le premier avion pour les îles Caïmans? 

Pas tout à fait. Au Québec, pour chaque fonctionnaire du Revenu qui travaillera à récupérer l’argent planqué dans les paradis fiscaux, il y en aura TROIS de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale qui feront la chasse aux fraudeurs de l’aide sociale. Trois pour un! Bref, la chasse au fraudeur du B.S. triomphera encore par un score de 220 à 75. Tout ça, même si la fraude internationale représente un somme beaucoup plus élevée que celle de l’aide sociale.

D’accord, je vous le concède. Il ne faut pas mélanger des problèmes très différents. Sans compter qu’en matière d’aide sociale, la mission du gouvernement apparaît bien différente. Chaque fois que le bénéficiaire aperçoit une lueur au bout du tunnel, il faut se dépêcher de rallonger le tunnel.

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Blague à part, il faut se pincer pour y croire. Après des années d’inaction, voilà que le gouvernement du Québec joue les grands défenseurs de l’équité fiscale entre les riches et les pauvres.

Tant mieux. Mais les apparences sont contre lui. Depuis des années, l’administration publique n’a cessé de valoriser la traque du menu fretin. Au point où plusieurs ministres semblaient fiers de mener la chasse au fraudeur de l’aide sociale, devenu une sorte de symbole, de trophée. 

Au diable les scrupules. Encore aujourd’hui, le Portail officiel du Québec propose un outil pour «dénoncer un prestataire d’aide financière de dernier recours». Rapide. Facile. En moyenne, selon des chiffres obtenus par La Presse canadienne, le ministère reçoit un déluge de 11 000 dénonciations par année. À peine une sur six serait fondée.

Et que dire des nombreux chambardements de l’aide sociale, qui consistent souvent à enlever d’une main ce qu’on donne avec l’autre? Il y a quelques jours, Le Devoir révélait que les personnes handicapées vivant dans un lieu classé comme «ressources intermédiaires» (RI) ont vu leur chèque d’aide sociale augmenter de 73 $ par mois. Mais comme par hasard, la Régie de l’assurance maladie vient d’augmenter leur contribution mensuelle d’un peu plus de 73 $ par mois. 

C’était quoi, le slogan de Revenu Québec, déjà? Ah oui : «Juste. Pour tous.»

Évidemment, on dira que l’indécence reste une question de point de vue. Après tout, comme disait l’écrivain Robert Sheckley : «Du point de vue de la carotte, le lapin constitue la parfaite incarnation du mal».

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Il n’empêche. En matière de lutte contre la fraude fiscale internationale, le gouvernement du Québec s’est longtemps fié au «grand frère» d’Ottawa. Une idée étrange, puisque l’efficacité du gouvernement fédéral ne dépassait pas celle du gars qui pêche la baleine avec une ficelle de laine. 

De 2006 à 2012, selon un document déposé à la Chambre des communes, l’Agence du revenu du Canada a épinglé un grand total de 44 fraudeurs en rapport avec de l’argent ou à des biens détenus à l’étranger. Environ sept par année, sur un grand total de 28 millions de contribuables. Tout bien calculé, les probabilités de se faire pincer ne dépassaient pas une sur 4,4 millions. Autrement dit, il était six fois plus probable d’être frappé par une météorite.

Plus récemment, le gouvernement fédéral a multiplié les échanges d’informations avec des paradis fiscaux. Sans que le public obtienne des réponses à certaines questions troublantes. Par exemple, pourquoi les compagnies canadiennes emploient-elles en moyenne 2700 personnes pour chaque milliard de dollars investi en Allemagne, alors qu’elles n’emploient qu’une seule personne pour chaque milliard investi aux Bermudes? 

Pas étonnant que la dernière blague à la mode s’amuse des hésitations de l’administration fédérale. «Devant les sommes énormes qui sont détournées vers les paradis fiscaux, le premier ministre Justin Trudeau annonce qu’il ne rigole plus avec la fraude fiscale. Il évoque de lourdes peines de prison. Il insiste pour dire que les fraudeurs seront détenus dans des établissements très inhospitaliers.

— Promis, juré, a-t-il dit. On n’y retrouvera que neuf trous de golf, au lieu d’un parcours complet.»