Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Ce serait un vrai défi pour Paul St-Pierre Plamondon s’il se lançait dans une éventuelle élection partielle dans Marie-Victorin.
Ce serait un vrai défi pour Paul St-Pierre Plamondon s’il se lançait dans une éventuelle élection partielle dans Marie-Victorin.

Un dilemme pour le chef du PQ

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / La circonscription de Marie-Victorin constituera-t-elle un tremplin pour Paul St-Pierre Plamondon? S’en servira-t-il pour tenter de faire son entrée au Salon bleu de l’Assemblée nationale?

La députée indépendante Catherine Fournier réfléchit à l’idée de briguer la mairie de Longueuil. Si elle opte pour cette voie, elle libérera cette circonscription située sur la Rive-Sud de Montréal.

Catherine Fournier a quitté l’aile parlementaire péquiste il y a deux ans. Comme indépendante, elle s’est entre autres illustrée à travers de très nombreuses motions présentées au Salon bleu. Elle a plus d’une fois cherché à ouvrir les yeux de ses collègues sur des phénomènes comme le complotisme.

Si Catherine Fournier abandonne son siège de Marie-­Victorin, le nouveau chef péquiste pourra difficilement ne pas profiter de cette circonstance pour tenter de se faire une place à l’Assemblée nationale.

Depuis qu’il a pris les rênes du Parti québécois, à défaut de pouvoir pénétrer dans l’auguste Salon bleu, M. St-Pierre Plamondon doit se contenter de points de presse dans le grand hall du parlement aux côtés de ses députés. Il reste sur les lignes de touche.

Mais le moment où se tiendrait cette partielle pourrait être un facteur déterminant dans sa décision de se lancer ou pas.

Tradition étriquée

Constituée en 1980, la circonscription de Marie-Victorin a toujours été péquiste. Sauf pendant un court intermède de quelques mois entre 1984 et 1985, où elle était tombée dans l’escarcelle du Parti libéral du Québec. C’est la circonscription dont Bernard Drainville a été le député lorsqu’il siégeait à l’Assemblée nationale.

Paul St-Pierre Plamondon pourrait d’autant moins refuser de relever ce défi électoral qu’il n’existe pas des dizaines de circonscriptions porteuses pour le Parti québécois ces années-ci. Aux dernières élections générales, le PQ n’a décroché que 10 sièges sur 125.

Cela étant, ce serait un vrai défi pour lui s’il se lançait dans cette éventuelle élection partielle. L’avance de Catherine Fournier, candidate du PQ en octobre 2018, n’a été que de 705 voix.

Le défi serait d’autant plus grand qu’il n’existe aucune raison pour que la Coalition avenir Québec n’y présente pas de candidat. Et ce, même si une obscure tradition veut que les principaux partis n’opposent pas de candidat à un nouveau chef tentant de faire son entrée à l’Assemblée nationale lors d’une partielle. Cette tradition n’a pas été systématiquement respectée.

De toute façon, elle n’a aucun sens. Elle doit être jetée aux oubliettes.

Pourquoi priver les électeurs d’une circonscription de l’ensemble des choix politiques qui existent?

Si la CAQ y présentait un candidat, comme il serait logique qu’elle le fasse, elle aurait de sérieuses chances de l’emporter compte tenu des intentions de vote actuelles.

Le calendrier

Si Marie-Victorin se libérait à court terme, Paul St-Pierre Plamondon devrait probablement évaluer ce qui serait le moins dommageable pour lui : vivre avec une éventuelle possible défaite électorale à titre de chef jusqu’aux prochaines élections générales. Ou laisser l’impression d’avoir passé son tour pour éviter de perdre.

Le fait de passer son tour serait très certainement moins dommageable qu’une défaite. La chose serait vite oubliée. Pour passer son tour, il pourrait plaider qu’il est plus avantageux pour le Parti québécois qu’il aille à la rencontre des électeurs partout au Québec dès la levée des restrictions liées à la pandémie.

Mais si Catherine Fournier libérait la circonscription de Marie-Victorin dans plusieurs mois seulement? Par exemple, dans le dernier droit des élections municipales, qui auront lieu en novembre, et que cette partielle ne se déroulait donc qu’au début de 2022?

Paul St-Pierre Plamondon pourrait alors être davantage tenté de sauter dans cette arène.

Il pourrait espérer que la CAQ perde des plumes d’ici là et qu’il parvienne, lui, à mieux se faire connaître et à redonner un peu de tonus à un parti que caquistes et solidaires cherchent à faire disparaître.

Beaucoup devrait donc dépendre du moment où cette éventuelle partielle se jouerait.

Mais sa décision de se lancer ou pas dépendra toujours de ses chances de victoire.