Pascal Bérubé a évoqué l’effet de la «nouveauté», ainsi que l’adoption du projet de loi sur la laïcité pour expliquer les raisons de la forte popularité de la CAQ.

Pascal Bérubé dans le mille

CHRONIQUE / Le chef intérimaire du Parti québécois a expliqué en quelques mots très simples et très justes, mardi, les raisons de la forte popularité de la Coalition avenir Québec (CAQ) jusqu’ici.

Il a évoqué l’effet de la «nouveauté», ainsi que l’adoption du projet de loi sur la laïcité. On ne peut plus juste comme explication — surtout pour ce qui est des symboles de foi.

Et il a montré du doigt... les libéraux de Philippe Couillard. «Ce qui fait bien paraître la CAQ, c’est beaucoup le gouvernement précédent; par ses mauvaises postures, par son impopularité.» La comparaison avec le gouvernement libéral, donc. Et, bien sûr, a enchaîné M. Bérubé, les importants moyens financiers laissés par les libéraux à l’actuel gouvernement.

Pour expliquer cette forte popularité, il faut ajouter le ton général des membres du gouvernement. Ceux qui se laissent aller à des pointes d’arrogance sont rapidement invités à faire attention.

Pour clore ce chapitre sur la popularité, il faut rappeler qu’avec le temps, ce qui fait le succès peut aussi précipiter vers l’abîme. À force d’étirer des élastiques… Dire qu’un troisième lien entre Québec et Lévis est nécessaire pour que des voitures électriques y circulent n’est pas du meilleur effet. Ni du plus grand sérieux.

Ce dossier pourrait bien un jour séparer sérieusement des sympathisants caquistes de la grande région de la capitale et ceux du reste du Québec.

Souveraineté

À l’occasion du premier anniversaire de son gouvernement, François Legault a accordé plusieurs entrevues. Au Journal de Québec, il a notamment déclaré, à propos de la «question nationale», qu’elle se posera «beaucoup moins» avec l’obtention de gains sur le front des relations entre Québec et Ottawa.

«C’est certain que les gens, actuellement, ne veulent pas entendre parler de la souveraineté du Québec», a-t-il dit avant d’opiner que «c’est sûr qu’en faisant des gains pour protéger notre identité, ça va être encore moins d’actualité».

Et s’il n’en fait pas, de gains, le sujet deviendrait-il davantage d’actualité? C’est toujours la question éludée.

Le premier ministre ne se prononce jamais sur le fond. Une exception récente : lors d’une entrevue accordée à une radio de Sept-Îles, en août, il a indiqué que la souveraineté n’est pas un «projet moderne».

Sinon, il invoque tout le temps l’absence d’appétit d’un nombre suffisant de Québécois. «C’est certain que les gens, actuellement, ne veulent pas entendre parler de la souveraineté...» Actuellement…

La semaine dernière, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a invoqué les paiements de péréquation de 13 milliards $ et les transferts fiscaux en provenance d’Ottawa. Il les a qualifiés de généreux. C’était en réponse à une question de la députée Catherine Fournier.

À force, on peut décoder ceci : François Legault semble penser que le projet souverainiste ne serait ni bon ni opportun à court ou moyen terme — et il a d’ailleurs bien d’autres chats à fouetter —, mais, à long terme, pourquoi pas? Ce, dans l’éventualité bien entendu où le Québec n’obtiendrait pas de gains suffisants devant Ottawa. Et pour autant que l’aiguille des sondages sur la question de l’indépendance grimpe un jour, dans quelques années.

Car François Legault ne ferait rien volontairement sur ce front qui mettrait en péril sa popularité, non plus qu’il n’accompagnerait un mouvement qui, selon lui, affaiblirait le Québec parce qu’il ne recueillerait pas suffisamment d’appuis.

Le premier ministre tend beaucoup l’oreille. Et ne quitte jamais beaucoup les sondages de l’œil.

Voilà ce qu’on a aussi appris depuis un an.