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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
 Pascal Bérubé
 Pascal Bérubé

Monarchie, une surprise feinte

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CHRONIQUE / Le Parti québécois ne peut feindre la surprise devant le refus du gouvernement Legault de s’engager à court terme sur la voie de l’abolition de la fonction de lieutenant-gouverneur et de tous les autres symboles de la monarchie britannique au Québec. Pascal Bérubé n’a-t-il pas lui-même qualifié le premier ministre Legault de «Capitaine Canada» l’automne dernier?

Plus sérieusement, le Parti québécois n’a pas cru un seul instant que le gouvernement voterait en faveur de la résolution qu’il a présentée mercredi à l’Assemblée nationale. Il a simplement voulu placer la CAQ devant ses contradictions — réelles ou apparentes.

Il a voulu rappeler aux Québécois, très largement majoritaires à souhaiter la disparition des vestiges monarchiques, qu’il est, lui, d’accord avec cette abolition, qu’il la réclame. Et il a voulu bien faire comprendre à tous que ce n’est pas le cas de l’actuel gouvernement.

La ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, a fait valoir que l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur est un processus complexe et lourd; que si c’était facile, son gouvernement agirait.

En 2015, la CAQ avait inscrit dans un document intitulé «Un nouveau projet pour les nationalistes du Québec» qu’elle voulait faire disparaître ou réformer les legs impériaux «lorsque le contexte le permettra». Elle a de nouveau plaidé mercredi que le temps n’est pas venu de se lancer dans cette aventure, que le contexte ne le permet pas.

Pas une première

Ce n’est évidemment pas la première bataille du genre que mène le Parti québécois ces dernières années. Malheureusement pour lui, ça ne l’a jamais aidé à récolter davantage de points dans l’électorat.

En 2015, François Legault avait d’ailleurs raillé le PQ là-dessus. «En pratique, à part attendre le grand soir de la souveraineté, que propose le Parti québécois? On est tous pour l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur […]. Mais par quoi on le remplace?»

M. Legault n’apprécie pas ce symbole, mais il s’en accommode dans les circonstances actuelles.

En juin 2010, le député Pascal Bérubé avait déposé une pétition réclamant l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur au Québec.

En 2012, tout juste élu, le gouvernement de Pauline Marois avait répété vouloir cette abolition. C’était comme une incantation. On ne change pas l’ordre constitutionnel comme ça.

Se distinguer

Sur un plan strictement partisan, cela étant, le PQ n’a pas intérêt à ce que le gouvernement caquiste aille aussi loin que lui dans cette volonté d’abolition; ou qu’il se montre aussi pressé que lui. Il peut ainsi mieux se distinguer sur le front nationaliste.

Idem en ce qui a trait à la refonte à venir de la loi 101. La défense et l’épanouissement de la langue française, c’est censé être son pain et son beurre.

Le PQ veut qu’on s’en rappelle en rappelant le plus souvent possible que le gouvernement caquiste investit dans l’agrandissement du collège Dawson.