Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Les élus péquistes et libéraux ont tenu lundi des réunions préparatoires en vue de la reprise à venir de la session parlementaire à Québec.
Les élus péquistes et libéraux ont tenu lundi des réunions préparatoires en vue de la reprise à venir de la session parlementaire à Québec.

L’heureux retour des partis d’opposition

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Les partis d’opposition à Québec reviennent dans l’actualité. Cela fait démocratiquement du bien.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, pour la citer d’abord elle, a eu parfaitement raison de rejeter, lundi, l’idée de travaux parlementaires totalement virtuels à l’Assemblée nationale. Ce serait une régression.

Si les consultations sur des projets de loi peuvent être tenues de façon virtuelle, il convient de mettre en place les mesures nécessaires pour que la période des questions, la présentation de motions et l’adoption des projets de loi se déroulent en personne — avec un groupe restreint de députés, comme cela a été le cas depuis le début de la pandémie.

Difficile de voir pourquoi ce qui a fonctionné ces derniers mois ne pourrait pas fonctionner cet hiver.

Les élus libéraux et péquistes ont tenu lundi des réunions préparatoires en vue de la reprise à venir de la session parlementaire à Québec. Les libéraux poursuivront leur rencontre ce mardi, tandis que les solidaires débuteront la leur. Jeudi et vendredi, ce sera au tour des caquistes.

Lundi, le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a fait une suggestion qui comporte un risque de yoyo, mais qui mérite d’être soupesée par les autorités publiques. Il est d’avis qu’à partir du 8 février «une approche différenciée» devrait prévaloir entre les régions en ce qui a trait aux mesures pour lutter contre le virus.

«Il est très clair, avec les données dont on dispose au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine et sur la Côte-Nord, en Abitibi et ailleurs, que les chiffres ne justifient pas des mesures aussi contraignantes qu’un couvre-feu, que d’être en couleur rouge ou d’avoir des commerces fermés», a fait valoir M. Bérubé.

Il relayait une demande de plusieurs citoyens et élus municipaux et régionaux qui réclament l’instauration d’une «bulle» pour l’Est-du-Québec. Le péquiste a estimé que si les citoyens sentent qu’on leur en demande trop au regard des chiffres sur la propagation du virus, ils seront «moins mobilisés».

Le gouvernement Legault réfléchit actuellement à différents scénarios pour l’après 8 février, date jusqu’à laquelle courent certaines mesures de restrictions, dont le couvre-feu. Lesquelles seront reconduites? Lesquelles différeront? Les réponses viendront sous peu.

Les libéraux, les solidaires et les péquistes ont par ailleurs uni leurs voix, lundi, à celles d’organismes œuvrant auprès des personnes en situation d’itinérance pour réclamer l’exemption de ces dernières du couvre-feu.

Est-ce par orgueil que le premier ministre refuse de revenir sur cette imposition concernant ces personnes? Il a déclaré récemment qu’une exemption permettrait à n’importe qui de se prétendre itinérant s’il était interpellé par un policier après 20h. Ça ne tient pas la route.

Oui, on peut croire que c’est par orgueil que le chef du gouvernement reste campé sur sa position.

«Je me rappelle presque avec nostalgie le François Legault du débat des chefs de 2018 qui avait dit : ‘Je ne suis pas parfait, je fais des erreurs’», a commenté le solidaire Alexandre Leduc. Son rappel est pertinent.

L’idée que tous les sans-abris aillent dans des refuges est louable, mais elle ne correspond pas à la réalité de certains d’entre eux. Pour ces personnes, une contravention de 1500$ n’a aucun sens.

Couac

Du côté des partis d’opposition à l’Assemblée nationale, le seul couac de ce lundi est venu du chef péquiste, Paul St-Pierre-Plamondon.

À force de chercher à se faire une place sur la scène médiatique, il en fait parfois trop. C’est ce qui s’est produit avec le mot «propagande» qu’il a lâché à propos des messages du gouvernement Legault.

Ce n’est pas très grave. On comprend ce qu’il a voulu exprimer. Mais ce n’est pas le meilleur terme à utiliser en temps de pandémie.

Devant un gouvernement populaire, les chefs des partis d’opposition cherchent toujours à faire savoir qu’ils existent. Pas toujours facile.

Sur le fond, Paul St-Pierre-Plamondon dit juste : «C’est quoi, une démocratie? C’est la pluralité d’opinions, c’est la liberté de poser des questions, de remettre en question.» De critiquer et d’être critiqué, pourrait-on ajouter. 

Mais il est évident que notre démocratie sera mieux servie, comme il le plaide aussi, par la présence de certains élus aux périodes des questions du Salon bleu plutôt qu’en tout virtuel.