La députée libérale dans Saint-Laurent, Marwah Rizqy, a cherché à mousser une proposition d’excuses publiques pour les années d’austérité du gouvernement Couillard, qui auraient causé la défaite du Parti libéral, le 1er octobre dernier.

Les libéraux se fourvoieraient sur les causes de leur défaite

CHRONIQUE / Les libéraux se fourvoieraient sur les causes de leur défaite du 1er octobre en présentant des excuses aux Québécois pour les années d’austérité du gouvernement Couillard. Ce n’est pas ainsi que le Parti libéral du Québec rivalisera un jour avec la Coalition avenir Québec ou qu’il remontera en selle.

C’est la députée Marwah Rizqy qui a cherché à mousser cette proposition d’excuses publiques, proposition qui vient de surgir dans l’actualité, mais qui restera sans suite.

Accordons à la députée de Saint-Laurent que le parti qu’elle a joint demeurera longtemps associé à la dure rigueur budgétaire administrée sous M. Couillard. Mais de là à attribuer sa débâcle à cela… C’est une analyse qui étonne.

Sa débâcle découle bien davantage du grand débranchement qui s’est produit ces dernières années avec les électeurs francophones, lequel est lui-même dû au fait que ses politiques au chapitre identitaire n’ont pas convaincu. Cela, c’est sans compter l’usure du temps et le désir de changement.

N’en déplaise à Marwah Rizqy, le Parti libéral du Québec a fini par davantage pâtir de son refus d’endosser jusqu’ici les recommandations du rapport Bouchard-Taylor que de l’austérité budgétaire qu’il a décrétée à son arrivée au pouvoir.

Sinon, comment expliquer qu’autant de Québécois se soient tournés vers la Coalition avenir Québec pour qui l’équilibre budgétaire est aussi une valeur sacro-sainte (même si François Legault répète qu’il aurait fait les choses différemment)? L’actuel gouvernement vient d’ailleurs de demander à ses ministres de dégager des marges de manœuvre à même les missions de leur ministère pour honorer les engagements de la campagne électorale, une information révélée par Radio-Canada.

Lucidité

Les libéraux doivent être lucides. Les Québécois se sont tournés vers un parti qui a décidé de gouverner sur la base d’un nationalisme affirmé. On peut ne pas être d’accord avec tout ce que promeut la Coalition avenir Québec sur ce front, estimer que plusieurs principes et positions des libéraux doivent être défendus. Mais on ne peut pas s’aveugler au point de ne pas voir que son nationalisme affirmé lui a profité sur le plan électoral.

Sur ces questions englobant la laïcité, et jusqu’à preuve du contraire, Mme Rizqy est moins en phase avec une majorité de Québécois francophones que l’est le gouvernement Legault.

Des libéraux voudraient d’ailleurs que leur parti bouge un peu sur ces questions. Ils estiment que l’austérité du dernier mandat n’est pas le vrai problème auquel leur formation est confrontée.

C’est Le Journal de Québec qui a mis la main sur cette demande d’excuses. On imagine la réaction du député et ex-ministre des Finances, Carlos Leitão…

Cette demande a pu être inspirée des mea-culpa de François Legault. Mais ce qui réussit à certains ne sourit pas nécessairement aux autres.

Pour l’heure, la députée de Saint-Laurent n’aura pas aidé son éventuelle candidature à la direction du Parti libéral du Québec.

Brillante lune de miel

S’il y a deux choses à retenir du dernier sondage Mainstreet sur les intentions de vote au Québec, c’est que la Coalition avenir Québec a accru son avance depuis les dernières élections et que le Parti québécois a encore perdu des plumes.

La lune de miel brille plus pour le gouvernement Legault qu’elle n’avait brillé pour les gouvernements de Philippe Couillard et de Pauline Marois.

Quant au Parti québécois, il aura besoin de bien plus qu’une chronique semblable à celle obtenue par la solidaire Catherine Dorion au FM93 pour retrouver un élan.

C’est toujours triste de voir un parti comme celui-là, qui a beaucoup fait pour le Québec, glisser et glisser sans cesse et depuis si longtemps. Un rappel tout de même : ce n’est pas parce qu’on n’est pas populaire qu’on n’a pas sa place.