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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

Legault entrevoit un bel été

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CHRONIQUE / «Il nous reste, je dirais, un maximum d’un mois difficile devant nous», a déclaré mercredi le premier ministre François Legault. Il faisait référence à la vaccination des personnes les plus vulnérables, qui devrait donc être complétée en avril — ce qui changera la donne pour la suite des choses.

Optimiste? «Je vous prédis un boom économique» d’ici la fin de 2021, a-t-il aussi affirmé lors de cette conférence de presse organisée pour annoncer le basculement à partir de lundi de cinq régions en orange; autrement dit, dans un mode de restrictions un peu moins étouffant.

Que cet optimisme nous imprègne un peu! Nous en avons besoin.

Mais on n’en est pas là, bien évidemment. Pas du tout dans la très grande zone de Montréal, qui demeure entièrement écarlate, ni même dans les régions qui passeront à l’orange dans quelques jours.

De manière générale, l’allègement programmé dans ces régions pouvait difficilement être mal accueilli. Comment ne pas apprécier les bouffés d’air frais?

Malgré tout, hormis pour la région de Montréal, les décisions n’ont pas été faciles à prendre pour la cellule de crise du gouvernement Legault.

En matinée mercredi, aucune fuite ne courait sur ce qu’allait annoncer François Legault à 17h. Cette absence d’information témoigne du fait que les mesures à venir n’étaient pas encore définitivement arrêtées, qu’il fallait encore faire un tour de la situation.

Et cet état de fait témoigne lui-même que les tableaux globaux sur lesquels le gouvernement s’appuie pour prendre ses décisions ne pointaient dans aucune direction de façon évidente pour les zones qui basculeront finalement en orange.

Dans une colonne, la décrue des contaminations est nette. Les chiffres sont clairs. Dans cette même colonne, il faut ajouter le fait que dès lors qu’on crée un système de paliers de couleur, il faut bien qu’il signifie quelque chose à un moment donné.

Dans l’autre colonne, cependant, figure toute une série d’incertitudes : où se situe réellement le pourcentage des variants par rapport à la souche d’origine, y compris dans les zones où un allègement est désormais prévu? Où se situera-t-il dans quelque temps?

Une autre interrogation importante figure dans cette deuxième colonne : quel impact aura la semaine de relâche? Cette information cruciale mettra encore des jours à nous parvenir.

Au milieu de tout ça, le gouvernement faisait face à de très fortes pressions, par ailleurs bien compréhensibles, pour un assouplissement dans les régions où les chiffres bruts indiquent une décrue.

L’idéal médical aurait été d’attendre encore quelques jours avant de prendre ces décisions. Les données sur lesquelles s’appuie la cellule de crise du gouvernement auraient été plus significatives puisque nous sommes encore actuellement entre deux eaux — dont une remplie de requins, pour reprendre l’image d’avant-hier du docteur Horacio Arruda. 

Quelques jours trop tôt, ce déconfinement partiel et régional? «On pense que c’est un risque bien calculé», a justifié François Legault.

Ce qui a décidé le gouvernement, c’est l’existence de marges de manœuvre dans les hôpitaux des zones s’apprêtant à passer à l’orange. C’est ce qui a fait pencher la balance.

Attention tout de même : à ce stade-ci, personne ne peut garantir que les nouvelles zones en orange ne rebasculeront pas en rouge d’ici peu en cas de flambée.

Les toutes premières mesures prises concernant cette pandémie ont beau avoir presque un an maintenant, les décisions demeurent encore toutes difficiles à prendre. Et toutes comportent encore une part de risque.