Lundi, jour du lancement de l’élection partielle dans Jean-Talon, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a confirmé qu’un plafond sera bientôt imposé sur les tarifs de stationnement des hôpitaux. Sous réserve des modalités, ça ne peut qu’être populaire.

La CAQ veut en mettre plein la vue

CHRONIQUE / Le gouvernement Legault a-t-il voulu cette semaine en mettre plein la vue, alors que des centaines de militants caquistes se réuniront samedi dans la capitale pour fêter la première année de pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ)? A-t-on forcé le calendrier ou n’était-ce qu’un hasard? Peu importe, le résultat est le même.

Frais de stationnement des hôpitaux, signature du «pacte fiscal» avec les municipalités, «test des valeurs», premier mouvement dans la lutte contre les changements climatiques, etc. Tout ne se vaut pas dans cette liste, mais tout permet et tout permettra aux ténors du gouvernement de répéter leur mot de ralliement préféré : «On livre la marchandise!» Même si c’est parfois avec quelques contorsions.

Allons-y dans l’ordre.

Lundi, jour du lancement de l’élection partielle dans Jean-Talon, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a confirmé qu’un plafond sera bientôt imposé sur les tarifs de stationnement des hôpitaux. Sous réserve des modalités (qui devront faire en sorte que la mesure ne bénéficie qu’aux personnes qui se rendent bel et bien à l’hôpital et que les établissements ne perdront pas de revenus), ça ne peut qu’être populaire. Et avec raison! L’engagement pourra bientôt être officiellement coché. Très bien.

Mardi, le gouvernement a livré sa promesse de faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal pour consommer du cannabis au Québec. Une promesse beaucoup moins heureuse que celle sur les stationnements des hôpitaux — et qui aurait dû être réévaluée.

Les effets de la loi du ministre Lionel Carmant risquent d’être contraires à ceux recherchés. Car ce n’est pas le marché noir et les criminels qui amélioreront la situation. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ce projet de loi est celui qui, jusqu’ici, a donné le plus de fil à retordre au gouvernement d’un point de vue parlementaire. Mais la CAQ pourra clamer qu’elle a honoré son engagement… C’est regrettable.

«Promesse tenue»

Mercredi, François Legault a signé le nouveau pacte fiscal liant son gouvernement aux municipalités. Très bien pour cela.

Ce même mercredi, le ministre Simon Jolin-Barrette a présenté le fameux test des valeurs sur lequel la CAQ avait trébuché durant la campagne électorale, même si elle porte ce projet depuis 2015. L’an dernier, ses adversaires le qualifiaient de «test d’expulsion».

Au mieux, on peut dire que l’examen auquel devront se soumettre les candidats au certificat de sélection du Québec accroîtra leur sensibilité aux «valeurs québécoises» — lesquelles correspondent, cela dit, à des valeurs considérées comme universelles (même si elles ne sont pas partagées par tous partout sur la planète).

On peut aussi dire que cet examen ajoutera à l’engagement sur les «valeurs communes» que doivent déjà signer les candidats, et qu’il fera donc surtout œuvre pédagogique. D’autant qu’il ne devrait disqualifier à peu près personne.

Ce qu’avait présenté la CAQ jusque-là était difficilement applicable. Ottawa a jusqu’ici refusé de permettre au Québec de lier l’obtention de la «résidence permanente au Canada» à des conditions qui ne relèveraient pas de lui.

Le gouvernement Legault pourra tout de même dire qu’il va de l’avant avec son fameux test, même si ce n’est pas le même qu’il avait envisagé.

Personnellement, j’estime que les investissements qu’il a consentis en francisation sont incommensurablement plus porteurs pour l’intégration des personnes immigrantes et la société québécoise en général que ce futur examen.

Jeudi, en présentant son projet de loi sur «la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques», le ministre Benoit Charette a parlé d’une «étape charnière». Le titulaire de l’Environnement contrôlera le Fonds d’électrification et de changements climatiques qui remplacera le controversé Fonds vert. Une mainmise qui n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Tout dépendra de ce qui en sera fait et du sérieux des garde-fous qui seront mis en place.

Mais les mesures que M. Charette décidera de financer à travers ce fonds ne correspondront pas toujours à ce que tout le monde considérera comme relevant de la lutte contre les changements climatiques.

Le ministre a affirmé que sa proposition législative est une... «promesse tenue». La CAQ le répétera samedi.

Perlimpinpin

Impossible de ne pas en parler, puisqu’il était aux côtés de M. Charette jeudi. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a dû faire face toute cette semaine aux tirs parlementaires des trois partis d’opposition sur son projet de loi sur les tarifs d’Hydro-Québec. Là-dessus, je ne peux que réitérer ce que j’ai déjà dit en juin, lors de la présentation du projet de loi, soit qu’il y a beaucoup de poudre de perlimpinpin là-dedans, puisque les hausses du prix de l’électricité au Québec ces dernières années ont été en deçà de l’indice d’inflation.

En passant, on peut remarquer que le gouvernement n’avance plus vraiment en guise d’argument que sa proposition législative vise à rembourser les fameux «trop-perçus» de la société d’État.

Le conseil général de la CAQ de ce samedi se déroulera sous le thème «le meilleur est à venir».