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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Les demi-classes en secondaire 3, 4 et 5 favoriseraient davantage la distanciation physique entre les élèves que le fait d’aller à l’école un jour sur deux dans des classes pleines. Elles réduiraient les risques de propagation du virus.
Les demi-classes en secondaire 3, 4 et 5 favoriseraient davantage la distanciation physique entre les élèves que le fait d’aller à l’école un jour sur deux dans des classes pleines. Elles réduiraient les risques de propagation du virus.

Demi-classes: la petite cour d’école

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CHRONIQUE / Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, était fâché mardi. C’est que la libérale Marwah Rizqy l’a accusé de mentir à propos du modèle de demi-classes en temps de pandémie. Pas en reste, lui-même l’a accusée de mentir. Bonjour la cour d’école!

Pour éviter les vaines polémiques, et ne pas perdre de vue l’essentiel, adoptons un langage «façon Assemblée nationale». Je veux dire : un langage respectant les règles du Salon bleu.

Alors, comme on dirait au Salon bleu, allons-y ainsi : M. Roberge n’a pas dit toute la vérité à propos des demi-classes. Il n’a pas tout dit.

Le sujet n’est pas périphérique, puisque des demi-classes en secondaire 3, 4 et 5 favoriseraient davantage la distanciation physique entre les élèves que le fait d’aller à l’école un jour sur deux dans des classes pleines. Elles réduiraient les risques de propagation du virus.

Les avis de la Santé publique dévoilés la semaine dernière nous ont appris que, le 22 octobre, celle-ci a recommandé que la présence de tous les élèves d’un même groupe en classe un jour sur deux se poursuive pendant un certain temps, mais que l’on passe à «la moitié du groupe-classe un jour sur deux» en secondaire 3, 4 et 5 dès que possible, dès que les conditions le permettraient.

Les demi-classes, c’est une suggestion que mousse la péquiste Véronique Hivon depuis des mois déjà. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ont aussi demandé depuis assez longtemps d’adopter cette approche dans le but de réduire la propagation de la COVID.

Le 22 octobre, la Santé publique du docteur Horacio Arruda a donc à son tour emboîté le pas. Ce n’est pas un fait négligeable dans ce dossier.

Or, le 3 décembre, à l’Assemblée nationale, Jean-François Roberge a de nouveau balayé la suggestion que lui ont refaite ce jour-là Mme Hivon et, dans la foulée, Mme Rizqy.

«La Santé publique et le gouvernement sont arrivés à un consensus que le meilleur modèle en ce moment, au Québec, c’est le modèle qu’on a pour les secondaires 3, 4 et 5», avait déclaré le ministre.

Très bien. Mais il n’a jamais indiqué que la Santé publique estimait pertinent un système de demi-classes. Il a même laissé entendre le contraire en opinant que le modèle de classes complètes un jour sur deux était le meilleur pour la santé mentale des élèves.

Que ce point de vue puisse se défendre, c’est une chose. Mais il n’a pas dit toute la vérité ce jour-là. Il a péché par omission.

À son cabinet, on se réfugie désormais derrière les mots. Cet avis sur les demi-classes ne serait qu’un «document de travail».

Si c’est le cas, c’est tout de même un document qui est venu appuyer non seulement les demandes de l’opposition, mais les recommandations de l’OMS et de l’INSPQ. Ce n’est pas rien.

Mardi, François Legault s’est félicité d’avoir été plus prudent que la Santé publique dans tous les aspects des restrictions décidées pour freiner la propagation du virus. Constatons au moins que ça n’a pas été le cas ici, même si mardi M. Arruda a dit comprendre le choix qui a été fait.