Une autre façon de dire « Je t’aime »

CHRONIQUE / La ligne terrestre à la maison, on n’y répond presque plus. Et encore moins quand le numéro sur l’afficheur ne sonne de cloche à personne.

Mais un soir à l’heure du souper (un classique !), à ma grande surprise, mon chum a décidé de décrocher. Ma stupéfaction a fait un bond supplémentaire quand il m’a demandé si je connaissais mon numéro d’assurance sociale par cœur. La série de neuf chiffres, MA série de neuf chiffres, il l’a ensuite répétée à son interlocuteur !

— Euh, c’tait qui ? que je lui ai alors demandé, choquée et un brin inquiète de devoir une somme importante à une quelconque instance gouvernementale.

C’est là qu’il m’a avoué, l’air déconfit — il n’avait plus vraiment le choix — qu’il souhaitait me faire une surprise.

Pouet, pouet, pouet. D’un simple coup de téléphone, la personne au bout du fil venait d’anéantir l’effet. Complètement.

Avant qu’il m’explique l’idée qu’il avait en tête et qui venait d’être vendue, j’avais toutefois eu le temps de me demander intérieurement si notre NAS était nécessaire pour l’achat de billets d’avion pour la Grèce...

— Je voulais te faire un cadeau, chérie. J’t’ai acheté un REER, qu’il m’a annoncé, visiblement déçu de la tournure des événements.

La semaine juste avant, il m’avait vanté les avantages de cotiser à Fondaction, ce type d’épargne offrant, entre autres, plus de 35 % en retour d’impôt. Moi qui, normalement, m’endors quand il est question de finances, j’avais trouvé le produit fort alléchant. Mais mon chum me connaissant, il savait très bien que malgré tout, jamais je n’allais faire les démarches pour m’en procurer. Il a donc décidé de m’en offrir un en cadeau.

Comme on était fin janvier et que la « surprise » allait arriver par la poste mi-février, j’aime penser qu’il m’a offert ce présent fiscal pour la Saint-Valentin. Après 22 ans de vie commune, on doit constamment se réinventer. Cette fois, il a réussi à me surprendre.

De l’amour avec un grand A.

C’est clair que ce n’est pas le cadeau le plus sexy du monde entier. On est loin des folies que font les rich and famous de ce monde. Dans le temps qu’ils formaient toujours un couple, Brad Pitt et Angelina Jolie s’en faisaient justement des « pas pire ». Une année, Brad a offert une île privée de 12,2 millions $ à sa jolie. En 2010, c’était à son tour à elle de faire toute une surprise à son mari. Elle lui a acheté un olivier vieux de 200 ans. Un arbre qui devait représenter la paix, la stabilité et la longévité. Bon, visiblement, les vertus de l’olivier ont leurs limites. Mais la signification du geste demeure belle quand même.

Moi, mon homme veut me garantir un avenir meilleur. Il a à cœur ma sécurité financière, moi qui ne suis pas business pour deux cennes. Ça vaut de l’or ça, non ?

C’est comme le futur époux d’une amie. Pour la Saint-Valentin, il y a quelques années, il lui a offert des housses pour entreposer ses pneus et un compresseur pour les gonfler au besoin. Ça aussi c’est beau. Ça veut dire qu’il prend soin de ses choses, donc inévitablement de sa blonde, et que la sécurité physique de celle-ci lui tient à cœur. Bon, ça ne l’a pas empêchée de prendre le clos l’hiver dernier vous allez me dire, mais cela n’enlève rien à l’intention de son homme.

De mon côté, il n’en tient qu’à moi de bien gérer mon présent pour en bénéficier de belle et bonne façon dans le futur. Qui sait ce que je pourrai offrir à mon vieux avec la fructification de mes placements dans 30 ans.

J’hésite entre une île flottante aux fraises de Ricardo et un gros pot d’olives Kalamata venu du sud du Péloponnèse... en Grèce.