Se faire prendre aux tripes

CHRONIQUE / Trois cent soixante-quinze mille films et séries sont proposés sur Netflix. Quand je décide de passer deux heures devant la télé, j’en perds la moitié à pitonner pour trouver ce que je vais finalement écouter. Trop de choix, c’est comme pas assez. Mais, curieusement, chaque fois je finis par faire défiler un documentaire. Des biographies, mais surtout des documentaires animaliers. Comme si ça répondait à un besoin.

Eh bien, croyez-le ou non, une étude menée par la chaîne anglaise BBC et des chercheurs de l’université de Berkely, en Californie, vient de me faire réaliser que c’est sans doute le cas !

Selon eux, assister à la migration d’un troupeau d’éléphants au Niger, aux premiers pas d’un girafon en Ouganda ou à la quête de nourriture d’un ours polaire sur la banquise en Arctique agirait positivement sur notre santé mentale !

Plus j’y pense, plus ç’a du bon sens. En plus, avec la grosseur de nos téléviseurs, c’est comme si on y était ! Personnellement, devant ces images magiques venant souvent du bout du monde, je tombe chaque fois dans un état méditatif qui me fait du bien. Je pense que c’est ce qu’on appelle « décrocher ». En plus, c’est touchant.

L’étude dont je vous parle a justement été réalisée à la suite du succès qu’a connu la série Planet Earth II, un documentaire animalier présenté en six épisodes sur les ondes de la BBC. Au total, plus de 11 millions de personnes l’ont regardée faisant en sorte que quelque part, y’a un dauphin d’eau douce désormais beaucoup plus populaire que bien des YouTubeurs !

Devant le phénomène est né le Real happiness project auquel ont participé 7500 personnes issues de pays anglo-saxons. À chacun, on a fait visionner des documentaires animaliers, des films dramatiques et des vidéos pédagogiques. Pendant qu’ils étaient captivés par ce qu’on leur présentait, leurs expressions étaient analysées, en direct, par un logiciel de reconnaissance du visage : le Crowd Emotion. Au terme de la diffusion, les participants devaient aussi faire part aux chercheurs de leur état d’esprit, ceux-ci souhaitant évaluer leurs niveaux d’émotion.

Finalement, d’après le logiciel Crowd Emotion, les candidats auraient éprouvé plusieurs émotions positives, comme l’émerveillement et la joie, devant les images d’animaux. Selon les résultats obtenus, l’exposition à la nature semblait même diminuer le stress, la nervosité, la peur, l’anxiété et la fatigue.

Les femmes et les jeunes âgés de 16 à 24 ans seraient davantage disposés à s’extasier en voyant un bébé panda jouer comme un enfant ou en assistant à la longue marche des manchots empereurs.

Selon le professeur qui a mené cette étude, le plaisir et l’émerveillement forment la base du bonheur.

« Si les gens ressentent des sensations d’émerveillement, ils sont plus susceptibles de faire preuve d’empathie et d’entraide, et de mieux gérer leur stress », qu’il dit.

Voilà donc pourquoi je me suis retrouvée un jour devant Afrique sauvage. Un soir à écouter Terres de glace. Un matin à visionner Au cœur des océans : la planète bleue et à un autre moment donné, à me laisser éblouir par Life : l’aventure de la vie.

Parce qu’il y a ça aussi. C’est tellement beau. Juste la couleur de certains oiseaux, c’est à vous couper le souffle.

À elle seule, la beauté nous permet de nous extraire de notre quotidien un temps.

« Devant la beauté, notre mental se calme, faisait d’ailleurs remarquer un certain philosophe. Se crée alors un lien d’harmonie corps/esprit, qui nous donne le sentiment de n’être plus qu’un avec le monde qui nous entoure. »

Le printemps s’installe tranquillement. Pourquoi ne pas profiter du moment pour cultiver l’émerveillement.