Merci, merci !

CHRONIQUE / C’est rare qu’on voie ça, mais dernièrement, j’ai chaleureusement remercié le policier qui m’a remis une contravention pour excès de vitesse. Deux fois plutôt qu’une, en fait.

Ce midi-là, j’ai quitté le bureau par le même chemin que j’emprunte jusqu’à trois fois par jour, cinq jours par semaine. L’école primaire dont nous sommes voisins, je sais qu’il faut passer devant len-te-ment. Allez savoir pourquoi, cette fois-là j’avais la tête ailleurs ; j’ai eu le pied un peu trop pesant, mais je ne m’en suis aperçue seulement une fois le nez devant l’auto-patrouille.

Deux coins de rue séparent mon bureau de ma maison. Oui, ça m’aurait coûté moins cher d’y aller à pied.

J’ai été super courtoise avec l’agent, car je méritais de me faire arrêter. Zone scolaire ou pas, on ne conduit pas sur le radar. J’étais dans la Lune et je lui ai avoué. J’écope d’une contravention aux 20 ans. Après avoir fait une moyenne rapide, ça me faisait moins mal au cœur de payer.

Le hic : quand il m’a demandé mon permis, les immatriculations de la voiture et ma preuve d’assurance, je ne trouvais plus cette dernière.

Quand je me suis mise à sortir nerveusement le contenu de mon coffre à gants, il m’a dit qu’il allait revenir et m’a sommée de rester dans mon véhicule.

J’en ai profité pour faire un beau ménage, ce qui m’a permis de me calmer et de retrouver ce que je cherchais. Comme il m’avait demandé de rester dans mon auto, j’ai attendu qu’il revienne pour lui montrer le fameux papier. Pas vrai que j’allais « entraver » son travail en allant le déranger. Il m’a demandé de rester dans mon char, je suis restée dans mon char. À son retour, il m’a remis mon constat d’infraction en m’expliquant la nature du montant qui m’était réclamé.

J’ai eu un choc. Moi qui pensais voir s’envoler en fumée la moitié d’une paie, je devais seulement 63 $.

Mon dossier de conduite impeccable devait y être pour quelque chose, que je me disais. Le policier a fait fi du fait que je roulais 52 km/h dans une zone de 30. Mon infraction a été d’avoir conduit un véhicule sans avoir avec moi mon attestation d’assurance... que j’avais !

Mais je ne me suis pas obstinée. Des fois, faut savoir la boucler.

« Merci ! », que je lui ai dit. Simplement. Avec mon plus beau sourire.

« Faites toutefois attention la prochaine fois, qu’il m’a répondu. Et... bonne fête ! »

Eh oui, ce jour-là, c’était mon anniversaire. Le 11 du 12, à 12 h 11, je me faisais arrêter par la police. Une police conciliante à qui j’ai dit donc dit merci deux fois.

Si j’ai payé ma peine ? Oui, mais non sans peine. Comme c’était le temps des Fêtes, je me suis accrochée au fait que j’avais 30 jours pour le faire. Et, de toute façon, ça doit se faire facilement su’l’Internet, que je me disais. Le problème, c’est que début janvier, en passant par AccèsD ou encore par le site constats-express.com, jamais je n’ai réussi à le faire.

Comme les caisses populaires se font rares sur ma route et que d’aller revirer à la cour municipale ne me demandait pas un grand détour, je m’y suis donc rendue en voiture pour effacer ma dette.

On était le 11 janvier. Même s’il était minuit moins une pour acquitter le montant, j’y suis allée en suivant la vitesse recommandée. Tran-quil-le-ment.

Pas vrai que j’allais me faire arrêter en allant payer un ticket !

Il y a des limites.