Exemple d’un numéro de plaque au drapeau franco.

Immatriculation et bingo cochon

CHRONIQUE / Le slogan sur la plaque d’immatriculation de ma voiture se lit : « Tant à découvrir ». Pas « Yours to discover », comme on peut lire sur la grande majorité des plaques ontariennes. En français, s’il vous plaît. Et c’est bien gentil de la part du gouvernement de nous offrir le choix.

Pour 82 $ de plus, j’aurais pu faire ajouter une image du drapeau franco-ontarien sur ma plaque. Comme j’aurais pu y ajouter le logo des Sénateurs d’Ottawa, celui des Maple Leaf de Toronto ou tout autre des quelque 60 graphiques offerts par Services Ontario. J’ai cependant passé mon tour. « Tant à découvrir » me suffira comme affirmation identitaire.

Ce que je ne savais pas et que j’ai appris récemment, c’est que les plaques d’immatriculation commandées avec le drapeau franco-ontarien comportent les lettres « FL », pour « french language ». Exemple d’un numéro de plaque au drapeau franco : 50FL01.

Là, je ne comprends plus.

Interpellé par le journaliste Sébastien Pierroz de #ONfr, le gouvernement ontarien a promis de corriger le tir dans les plus brefs délais.

« Une fois que la série de plaques FL est épuisée, la série de plaques passera à «LF» pour langue française », lui a répondu par courriel un porte-parole du ministère des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs.

Mais… il n’est pas là, le problème ! Ce n’est pas le « FL » pour « french language » qui m’agace. Ou si peu.

Le problème est celui-ci : pourquoi identifie-t-on de la sorte les automobilistes francophones ? Pourquoi ce « FL » ou ce « LF » dans le numéro de nos plaques ?

Certains diront que les lettres « FL » (bientôt « LF ») permettent aux policiers de savoir que la langue parlée du conducteur est le français. Ah bon. Et le petit drapeau franco-ontarien sur la plaque n’est pas un indice assez clair ?

Si un automobiliste est prêt à dépenser 82 $ pour ajouter le drapeau vert et blanc sur sa plaque, les chances sont mauditement bonnes qu’il soit Franco-Ontarien…

On change de sujet…

Avez-vous planifié votre soirée de la St-Valentin ? Pas encore ? Mais dépêchez-vous ! C’est dans une semaine. Le temps presse.

Rien à faire en cette soirée des amoureux, dites-vous ? Je me permets alors une suggestion.

Que diriez-vous d’assister à un « Bingo cochon » ? Vous avez bien lu. Un Bingo cochon. C’est le nom de l’événement.

Il s’agit d’un soirée organisée par l’Association étudiante de La Cité, le collège franco-ontarien situé sur la promenade de l’Aviation, dans l’est d’Ottawa. Ça ne coûte pas cher, un Bingo cochon. Cinq dollars pour y entrer si vous étudiez à La Cité et que vous êtes âgés de 18 ans ou plus. Ou huit dollars pour les gens de l’extérieur qui « trippent » sur les bingos. Et aussi sur le porc, je devine.

Faites vite pour vous procurer vos billets, nous prévient-on sur le site web de l’Association des étudiants de La Cité. Parce que « les Bingos cochon se vendent vite », peut-on y lire.

J’arrive à votre question, chers lecteurs. C’est quoi, un Bingo cochon ?

Selon l’annonce publiée sur le site de l’association estudiantine, le Bingo cochon est une soirée pour « lâcher ton fou ». Je devine qu’il y a de la musique, de la danse, des rires à profusion. Et un bingo, bien entendu. Des invités spéciaux se produiront durant cette soirée tenue au Café-bistro étudiant Le 801, à La Cité. Ces invités sont la drag queen Jade London. Et le drag king Jack Hammer.

Ce n’est pas tout. Il y aura aussi « plus de 800 $ en prix à gagner, incluant des jouets pour adultes !».

Donc c’est à peu près ça, un Bingo cochon. De la musique, des spectacles de drag queen et de drag king, et des jouets pour adultes à gagner. Tout ça aux profits de l’Association étudiante de La Cité.

Joyeuse St-Valentin…

Question pour vous en terminant, chers lecteurs : suis-je le seul à trouver ça un peu tout croche ? Un « bingo cochon » a-t-il sa place sur le campus d’un collège ?

Remarquez que je n’y vois rien d’offensant. Les « drag queens » ne datent pas d’hier. Les plus vieux se souviendront de Gilda qui faisait la pluie et le beau temps dans les cabarets du Québec dans les années 1950 et 1960. Et les étudiants qui assisteront à ce « Bingo cochon » sont majeurs et vaccinés. Si la chance de gagner un « jouet pour adulte » les rend heureux, tant mieux pour eux.

Mais c’est plus fort que moi, il y a un petit quelque chose dans tout ça qui me « chicote » et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

J’en conclus que je suis vieux jeu. Ou juste vieux. Et je m’assume.