« On fera mieux l’an prochain », c’est le discours qu’on sert désormais aux fans de Tampa Bay.

Il y aura toujours l’an prochain...

CHRONIQUE / Les partisans des Sénateurs d’Ottawa connaissent très bien le refrain. Trop bien, même.

On se revoit l’an prochain. On a raté notre coup, cette année, mais on aura la chance de se reprendre. On fera toujours partie des prétendants, dans un an.

Entre 2000 et 2008, c’est le discours qu’on a servi sur une base annuelle, aux partisans des Sens.

C’est le discours qu’on sert désormais aux fanatiques de hockey de Tampa Bay.

Le Lightning s’est hissé dans le carré d’as à trois occasions au cours des quatre dernières années. Il a participé à la finale en 2015.

Il a raté les séries en 2017. Un accident de parcours, ont argué les dirigeants du club.

Le magnifique club assemblé par Steve Yzerman a dominé l’Association Est d’un bout à l’autre de la saison régulière. Après avoir remporté ses deux premières séries, il a bousillé deux opportunités d’éliminer les Capitals de Washington en demi-finale.

« Notre fenêtre d’opportunité ne s’est pas refermée », a juré le capitaine Steven Stamkos durant le post-mortem de l’équipe.

« On est chanceux. Notre directeur général, Steve Yzerman, trouve une façon de garder la fenêtre ouverte, année après année », a pour sa part lancé l’entraîneur-chef, Jon Cooper.

À court terme, le Lightning ne semble pas trop menacé.

Ses leaders, Stamkos et Victor Hedman, sont âgés respectivement de 28 et 27 ans.

Le gardien Andrei Vasilevskiy vient de s’installer dans le rôle du gardien de buts numéro un. Il a 23 ans.

Nikita Kucherov, Yanni Gourde, Brayden Point et Mikhail Sergachev ne vont que s’améliorer au fil des ans.

Tout ce beau monde est sous contrat pour l’an prochain. En fait, le noyau du Lightning au grand complet est sous contrat pour l’an prochain.

Le seul joueur autonome sans compensation du groupe, c’est le vétéran Chris Kunitz. À 38 ans, ce joueur de soutien est probablement mûr pour la retraite, de toutes façons.

Yzerman a dit des trucs intéressants lorsqu’il a dressé son bilan de saison. Il n’a pas l’intention de garder les bras croisés, cet été, pour miser à nouveau sur le même groupe d’individus la saison prochaine.

« Il y aura des changements », a-t-il promis.

Il n’a pas donné trop de détails sur la stratégie à adopter. Transactions ? Magasinage agressif au marché des joueurs autonomes ? Changements dans le personnel qui œuvre à l’extérieur de la patinoire ?

Jon Cooper est en poste, derrière le banc, depuis l’hiver 2013. On entend rarement des gens se plaindre de son travail, mais des fois, le temps, l’usure...

« Je ne sais pas si je pourrais trouver une réponse bien précise à toutes ces questions. On verra dans un an à quel point notre équipe a évolué. Tout ce que je sais, pour l’instant, c’est qu’il faut trouver des moyens d’améliorer cette équipe », a indiqué Yzerman.

La fin des « choking dogs »

Les équipes qui vivent un peu trop longtemps en promettant qu’ils feront mieux « l’an prochain » finissent parfois par se forger de tristes réputations.

Un columnist du Washington Post, Tony Kornheiser, en a eu soupé des échecs à répétition des Capitals en séries. Il a un jour décrété, en une du cahier des sports, que cette équipe finirait toujours par crouler sous la pression. Ce sont des « choking dogs », a-t-il écrit. Pendant environ 30 ans, l’étiquette a collé.

Le vétéran observateur de la scène sportive dans la capitale américaine fait amende honorable. « C’est fini, a-t-il déclaré durant l’enregistrement de son podcast. Cette époque est révolue. Ils ont atteint la finale. J’aurais envie de vous dire que la coupe importe peu. Je crois qu’ils vont gagner. Ils affrontent une formation qui a vu le jour il y a 90 minutes. Les joueurs des Caps évoluent ensemble depuis plusieurs années. »

Selon lui, le monde du hockey regardera Alexander Ovechkin différemment, puisqu’il a enfin permis à son équipe de jouer au hockey jusqu’en juin.

Prière de toucher au trophée

On dirait bien qu’une autre tradition est sur le point de prendre fin, est c’est tant mieux.

Deryk Engelland a pris le trophée Clarence-Campbell dans ses mains lorsque les Golden Knights de Vegas ont remporté la Finale de l’Association Ouest. Marc-André Fleury lui avait dit que c’était correct.

Alex Ovechkin n’a pas eu besoin de demander la permission à un coéquipier, lorsque les Capitals ont remporté le trophée Prince-de-Galles. Il l’a soulevé et l’a rapporté à ses coéquipiers. Il a même organisé une photo d’équipe avec les nouveaux champions de l’Association Est.

Selon le Washington Post, la tradition (loufoque) selon laquelle il porte malheur de toucher à ces trophées remonte au printemps 1997. Le capitaine des Flyers de Philadelphie, à l’époque, serait à l’origine de cette histoire.

« Nous avons franchi trois étapes. Il faut en franchir quatre avant de pouvoir célébrer », avait expliqué le type, un certain Eric Lindros.

Les Flyers de 1997 ont été balayés en quatre parties, en finale, par les Red Wings de Détroit.

La carrière de Lindros a décidément été marquée par des opportunités ratées. Il n’a pas touché le trophée le plus prestigieux qu’il a gagné, il a refusé d’enfiler l’uniforme de l’organisation qui l’a repêché...