Le maire Maxime Pedneaud-Jobin est resté à sa place. Je ne l’ai pas vu se mêler d’opérationnel.

Il y aura toujours des imprévus

CHRONIQUE / Ainsi, le maire Maxime Pedneaud-Jobin se pointait le nez deux fois par jour au quartier général des opérations lors des inondations du printemps dernier à Gatineau.

Il s’en trouve pour dire qu’un politicien n’a pas d’affaire là, que ce n’est pas le rôle d’un élu de se mêler de la gestion opérationnelle d’une crise majeure. En principe, c’est vrai. Les experts de la sécurité civile sont les mieux placés pour décider des mesures d’urgence, que ce soit l’évacuation des sinistrés ou la répartition de services d’urgence.

Ces gens-là doivent pouvoir faire leur travail en toute liberté, sans se faire achaler par des politiciens peut-être bien intentionnés, mais pas nécessairement qualifiés pour prendre les meilleures décisions.

Ceci dit, pour avoir passé du temps sur le terrain avec le maire Pedneaud-Jobin, je n’ai pas l’impression qu’il s’est mêlé du fin détail des opérations. 

Au début de la crue, je l’ai accompagné pour une tournée dans le secteur de Pointe-Gatineau. Symbole des inondations, la petite voiture de la rue Saint-Louis était à moitié submergée. Le cœur gros, les premiers sinistrés commençaient à évacuer leur demeure.

Le maire avait pris le temps de saluer la conseillère Myriam Nadeau qui remplissait des sacs de sable sur place. Il avait aussi piqué un brin de jasette à des sinistrés, s’informant de leurs besoins et écoutant leurs doléances. Bref, le maire jouait le rôle qu’on attend de lui, se montrer à l’écoute, tout en tentant d’exercer une présence rassurante sur le terrain.

Nous étions ensuite allés faire un tour à ce fameux Centre de coordination des mesures d’urgence (CCMU) où le maire et certains membres de son cabinet exerçaient une « présence active et régulière ».

Tout ce que Gatineau comptait de directeurs et d’experts en sécurité civile était rassemblé dans un grand local de la caserne Saint-Rédempteur.

Le maire s’était pris un sandwich, avant de s’engouffrer dans un local avec la directrice générale Marie-Hélène Lajoie. Elle lui avait tracé un portrait détaillé de la situation. Fallait bien que le maire sache à quoi s’en tenir, c’est lui qui dirigeait le point de presse quasi quotidien à l’intention de la presse locale.

En ma présence en tout cas, le maire est resté à sa place. Je ne l’ai pas vu se mêler d’opérationnel. Il a posé des questions d’ordre politique, s’informant notamment des conditions à réunir pour décréter l’état d’urgence. Il se questionnait aussi sur la manière d’organiser les bénévoles qui se manifestaient, nombreux, pour donner un coup de main.

Peut-être que dans le meilleur des mondes, le maire n’avait pas d’affaires au CCMU. Peut-être que le maire aurait dû créer une cellule de crise et se contenter de dicter les grandes priorités, comme le lui recommande l’expert indépendant chargé de faire le bilan des inondations.

Peut-être.

Mais on n’était pas dans le meilleur des mondes, le printemps dernier. On vivait le pire désastre naturel de l’histoire de Gatineau. Le plan d’urgence de la ville ne précisait pas le rôle joué par les politiciens. Alors le maire s’est créé un rôle. Tout comme les autres élus sur le terrain s’en sont créé un, avec des résultats plus ou moins heureux, selon les circonstances.

Dans l’ensemble, je pense que tout le monde a voulu bien faire. Même s’il se peut que l’année électorale ait teinté certaines interventions.

De ce rapport d’expert, je retiens surtout que Gatineau est bien équipée pour faire face à une crise. Il reste des choses à préciser, comme le rôle des élus, le soutien des bénévoles et les liens avec le ministère de la Sécurité publique du Québec.

Mais pour le reste, ce n’était pas trop mal. Une catastrophe demeurera toujours une catastrophe. 

Avec tout ce que ça comporte d’éléments imprévisibles. T’auras beau essayer de tout prévoir, de faire les plus beaux plans d’urgence au monde, il y aura toujours des imprévus.