Repêché par les Bruins en 2003, Patrice Bergeron jouera son 1000e match dans la LNH, mardi.

«Il n’a jamais cessé de s’améliorer»

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Les dirigeants des Bruins de Boston ont vite compris qu’ils avaient, devant eux, un joueur spécial. Le camp d’entraînement 2003 tirait à sa fin. Le moment était venu de procéder aux dernières coupes. Patrice Bergeron était toujours là.

Il fallait se rendre à l’évidence. Ce jeune centre québécois que l’équipe avait repêché en deuxième ronde, quelques mois plus tôt, n’avait rien fait pour mériter un renvoi dans les rangs juniors. Chaque jour, il trouvait un moyen de se maintenir parmi les meilleurs attaquants du club.

Il n’y avait qu’une décision possible. Il fallait le garder.

Presque 16 ans plus tard, rien n’a changé. Bergeron a disputé 999 parties dans l’uniforme des Bruins. Le 1000e viendra, ce mardi. Il figure toujours parmi les meilleurs.

Force est de reconnaître que Daniel Doré et ses collègues avaient vu juste.

Au début des années 2000, Doré faisait partie de l’équipe de dépisteurs des Bruins. L’ancien attaquant des Nordiques de Québec, qui avait accroché ses patins une dizaine d’années auparavant, devait notamment suivre les activités de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Il croyait tellement au jeune Bergeron qu’il avait essayé de convaincre ses patrons de le choisir dès la première ronde, lors du repêchage de 2003.

« Je m’en souviens très bien, confie-t-il. Selon les classements, avant les Fêtes, Patrice était considéré comme un espoir de cinquième ronde. Il s’alignait avec le Titan d’Acadie-Bathurst. Cette équipe pouvait effectuer de longs voyages au Québec. J’imagine que, vers la fin de ces séquences de matches à l’extérieur, il pouvait avoir un peu moins de jump. »

« Après les Fêtes, un de mes collègues qui le suivait l’a vu marquer plusieurs buts dans un voyage. Nous avons commencé à parler de lui. Nous avons commencé à le suivre avec plus d’intérêt. Plus le temps avançait, plus on le voyait gagner en confiance. Son coach, Réal Paiement, l’utilisait à toutes les sauces. Patrice le remerciait en trouvant constamment des façons d’élever son jeu. »

« Le potentiel était grand. C’était clair. »

Dans les jours qui ont précédé le repêchage, Doré et certains de ses collègues ont cherché à convaincre le directeur général Mike O’Connell de choisir ce jeune homme plein de potentiel en première ronde.

C’était un moyen défi. Dans la LNH, on a rarement vu une cohorte d’espoirs aussi riche que celle de 2003.

Même si la cote de Bergeron était en hausse, il pouvait difficilement rivaliser avec Marc-André Fleury, Eric Staal, Dion Phaneuf, Zach Parisé, Ryan Getzlaf, Jeff Carter, Brent Burns...

« Nous avons finalement choisi un défenseur, Mark Stuart, en première ronde. On était confiants que Bergeron serait toujours disponible quand viendrait le moment d’effectuer notre deuxième choix. »

« Une autre belle occasion de nous rappeler que le repêchage, ça n’a jamais été une science exacte », de préciser Doré, qui est aujourd’hui à l’emploi des Rangers de New York.

Le jeune Bergeron était disponible quand les Bruins ont effectué leur deuxième choix, au 45e rang.

Il n’était pas le seul à avoir échappé aux dépisteurs. Shea Weber, Corey Crawford, Joe Pavelski et Dustin Byfuglien étaient toujours disponibles.

« Patrice avait déjà l’intelligence. Il avait surtout une discipline de fer ! Déjà, au secondaire, ça sautait aux yeux. Il était en avance sur son temps. Il s’intéressait déjà à son alimentation, tout ça. En plus, il était un compétiteur. »

« Et il n’a jamais cessé de s’améliorer, depuis. »

Perry en renfort

Une autre vedette issue du repêchage de 2003 s’est retrouvée dans l’actualité, cette fin de semaine. Corey Perry a enfin joué son premier match de la saison. Juste à temps pour la traversée annuelle de l’est du Canada des Ducks d’Anaheim. Il ne faudra peut-être pas lui demander de sauver les meubles. Ce serait une grosse commande. « Qu’avons-nous à perdre ? Les choses ne peuvent pas s’empirer pour nous. Nous allons simplement essayer de nous amuser à compter de maintenant », a déclaré à L’Athlétique celui qui patinera dans le même trio que Perry, mardi soir à Montréal, Rickard Rakell.

Byfuglien aussi

Il faut prendre les Jets de Winnipeg très au sérieux. Ils ont récolté 20 points sur une possibilité de 28, depuis le 29 décembre, en l’absence de leur défenseur numéro un. Dustin Byfuglien, un autre survivant de 2003, s’apprête à effectuer un retour au jeu. Sa blessure au bas du corps est guérie. « Il a fière allure. Il se déplace avec une certaine aisance, sur la patinoire. Nous ne voulons pas brusquer les choses. Il n’a pas joué depuis longtemps. Sauf qu’il cogne à notre porte depuis un bout de temps. Il veut jouer », dit l’entraîneur-chef Paul Maurice. Byfuglien pèse 260 livres. Quand il demande gentiment quelque chose, généralement, on obtempère...

Partir ou pas ?

Les joueurs qui ont été repêchés en 2003 ne traversent pas tous d’heureux moments. Depuis un certain temps, on sent que Brent Seabrook est de trop à Chicago. Il paraît que les dirigeants des Blackhawks lui ont même demandé de renoncer à sa clause de non-échange. Nos collègues de TSN ont lancé cette histoire, ce week-end. « Personne ne m’en a parlé. Je ne sais pas d’où proviennent ces histoires », a déclaré le principal intéressé aux médias, après l’entraînement de lundi.