Serge Fiori et Louis-Jean Cormier étaient de passage à «Tout le monde en parle» pour discuter de leur collaboration avec le Cirque Éloize, dont le prochain spectacle sera inspiré du groupe Harmonium.

Il est où le bonheur? À «TLMEP»

CHRONIQUE / Il y avait longtemps qu'on n'avait pas ri autant à «Tout le monde en parle». Pour la 350e émission, et la première en cette ère de légalisation du cannabis, on peut dire qu'il y avait tout un «buzz» sur le plateau, je dirais même une douce folie. «Qu'est-ce qu'on fume ce soir?» a demandé Serge Fiori. Mais pas de «gros batte» pour les invités, juste le bon vin habituel. Même Jean Chrétien nous a paru des plus attachants, c'est tout dire.

«Ils ont l'air de deux gamins», a lancé Dany Turcotte en voyant la nouvelle complicité de Fiori et Louis-Jean Cormier, partenaires depuis à peine deux semaines dans la création d'un spectacle du Cirque Éloize à partir de l'oeuvre d'Harmonium. «J'capote», s'exclame Serge Fiori, lui-même un fan de Karkwa, le groupe de Cormier. Pour Louis-Jean, la musique d'Harmonium est celle «qui va le mieux accueillir un numéro de cirque», par ses images, par la durée de certaines de ses chansons.

L'aventure du duo de Fiori avec Richard Séguin ne s'est pas finie en chicane, malgré ce qu'on a pu dire. Les deux parties n'avaient simplement pas la même façon de travailler, précise-t-il, de sorte qu'il n'y a jamais eu de spectacle de Fiori-Séguin. Pourrait-on les voir un jour reprendre un de leurs succès ensemble? Il ne dit pas non. Et peut-on rêver de revoir Fiori sur scène? «Il faudrait. Ça a pas de bon sens que j'y aille pas», répond l'artiste, qu'on sentait planer sur le plateau. Dimanche prochain, l'ADISQ rendra hommage à Harmonium, et vous pouvez compter sur lui pour y être.

«J'ai passé ma vie à me faire traiter de mal baisée... par des gens qui ne me connaissaient pas!» a confié Denise Bombardier, venue parler de ses mémoires, et avec qui une entrevue n'est jamais ennuyante.  Elle qualifie sa grande passion pour Lucien Bouchard de «son 11 septembre personnel». Selon elle, l'homme politique «ne savait pas ce que ça voulait dire de vivre avec une femme autonome, indépendante». Il lui demandait de s'éteindre dans les soupers officiels. «Et j'obéissais.» Son fils de neuf ans l'a convaincue de le quitter, parce qu'il était plus gentil avec lui qu'avec elle. Elle en reparle les larmes aux yeux.

Elle-même abusée à 12 ans par un réalisateur de Radio-Canada, elle dénonce chaque fois qu'elle le peut la pédophilie. On a revu cet extrait d'Apostrophes datant de 1990, dans lequel elle dénonçait l'écrivain français Gabriel Matzneff, qui s'était vanté de coucher avec des jeunes filles.

Elle garde les pires souvenirs de Simon Durivage, avec qui elle a coanimé Le point durant un an à Radio-Canada. «Il a heurté tant de gens ici dans la boîte», dit-elle, le qualifiant d'être «grossier, vulgaire». «J'entrais le matin et je l'entendais dire : « ma tabarnak, elle! » [...] Tout le monde a connu des expériences avec lui.» Elle a choisi d'en parler pour tous ceux qu'elle a vus pleurer. On verra si l'ancien chef d'antenne voudra répliquer à ces attaques.

Vous m'auriez dit il y a quelques années que j'attribuerais un jour l'étoile du match à Jean Chrétien que je vous aurais probablement ri au visage. Et pourtant, toujours alerte, l'ancien premier ministre a été très drôle, offrant l'un des meilleurs segments de la soirée. «J'ai une soeur qui a 99 ans et 9 mois, et elle met de l'argent de côté pour ses vieux jours. Alors, vous êtes pas à veille de vous débarrasser de moi!» a blagué l'homme qui lance ses mémoires, 25 ans après son élection comme premier ministre du Canada. Il raconte encore avec passion des épisodes de sa carrière politique, notamment pourquoi son homologue britannique lui en a voulu de ne pas engager son pays dans la guerre en Irak. Il réfute catégoriquement la version selon laquelle il aurait trahi et isolé le Québec pendant la nuit des longs couteaux. «Je suis arrivé à la maison à 11 heures!» dit-il, prenant sa femme Aline comme témoin. Le sujet a mené à un débat musclé comme on les aime sur la question nationale, auquel ont pris part Bombardier et Fiori.

Très sympathique entrevue avec Christophe Maé, une mégastar en France, mais qui était presque inconnu ici avant son passage à En direct de l'univers avec Francis Reddy en mars dernier. Depuis, sa chanson Il est où le bonheur est fredonnée partout au Québec, mais il faut écouter toutes les autres, lance Serge Fiori, qui vient de découvrir sa musique. Après avoir été pâtissier à la fin de l'adolescence, il a quitté l'entreprise familiale pour vivre sa passion pour la musique. En France, Johnny Hallyday a donné un bel élan à sa carrière en lui donnant la première partie de ses spectacles.

En début d'émission, Justin Trudeau aura finalement donné l'entrevue la plus beige de la soirée, louvoyant dans toutes ses réponses aux questions pourtant pertinentes de Guy A. Lepage. Parce qu'il n'a pas été question que de cannabis avec «Justin», dont c'était la septième visite, mais la première d'un premier ministre du Canada en fonction à Tout le monde en parle. On a parlé de l'oléoduc Trans Mountain, des rapports avec l'Arabie saoudite. «Est-ce que les ventes d'armes sont plus importantes que les principes pour le Canada?» a demandé au PM, au sujet des affaires qu'il continue d'entretenir avec ce pays. Réponse de Trudeau : si l'Arabie saoudite ne respecte pas les conditions des ententes conclues, «on va mettre un terme aux contrats». Au sujet de Donald Trump, il reconnaît qu'«il n'est pas toujours évident. C'est difficile des fois de trouver des points en commun, mais on a réussi à le faire quand même assez bien dans l'accord renouvelé qui sécurise notre économie pour l'avenir.»

Au sujet de la légalisation du cannabis, M. Trudeau ne se mettra pas à fumer du pot, même légal. «Ça n'a jamais été quelque chose qui m'intéressait énormément», dit-il, ajoutant qu'il en a jasé avec son fils de 11 ans. À ceux qui l'accusent d'avoir favorisé d'anciens libéraux, qui investissent dans des entreprises de cannabis, il répond que d'anciens conservateurs sont aussi dans le coup, comme Brian Mulroney et Julian Fantino.

L'entrevue avec Phoudsady Vanny au sujet du premier Salon de la mort aura au moins permis de parler des rituels entourant ce jour ultime. «On passe trois mois à magasiner un char, mais on se prépare même pas» à notre propre mort, déplore l'organisatrice de cet événement, qui permettra aux visiteurs de tester des cercueils dans une aire de repos.

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