Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Les séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pourraient avoir lieu, pour une dernière fois, dans l’Île-de-Hull.
Les séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pourraient avoir lieu, pour une dernière fois, dans l’Île-de-Hull.

Guertin mérite une belle fermeture

CHRONIQUE / On va se souhaiter un beau, long printemps 2021. Beau, mais pas trop chaud. Avec pas trop de COVID-19, si possible.

On va se souhaiter que les conditions soient réunies pour qu’on puisse vivre, tous ensemble, un beau dernier trip de hockey au centre Robert-Guertin.

Il fallait se rendre à la toute fin du texte signé par mes collègues Charles-Antoine Gagnon et Jean-François Plante, mardi, afin d’entrevoir cette lueur d’espoir.

Les itinérants pourraient quitter Guertin à la mi-février. Du moins, c’est ce que pense le président des Olympiques de Gatineau, Norm MacMillan.

Après leur départ, les cols bleus auraient besoin d’un mois, environ, pour préparer une patinoire. Des matches de hockey pourraient donc y être présentés à compter de la mi-mars.

Ça veut donc dire que les séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pourraient avoir lieu, pour une dernière fois, dans l’Île-de-Hull.

Comme on ne peut pas savoir si ce sera possible, on va se le souhaiter. On va se croiser les doigts. On va réciter une petite prière.

C’est évident que la santé est plus importante que tout le reste. Dans la sale année que nous vivons, il faut bien entendu prendre soin des gens les plus vulnérables, dans notre société.

Tout cela ne veut pas dire que tout le reste ne compte plus.

Guertin compte beaucoup, dans l’histoire de l’Outaouais.

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Dans nos écrans, vers la fin de l’été, l’historien Raymond Ouimet a publié un texte fort intéressant sur «la petite histoire de l’aréna Robert-Guertin».

Si vous l’avez manqué, je vous recommande de le lire.

En fait, je vous recommande surtout de jeter un oeil à la photo qui l’accompagne. Elle est fascinante.

Cette photo doit bien renfermer 500 détails intéressants. Personnellement, c’est le panneau publicitaire de la station de radio CKCH qui m’interpelle. La station, qui a joué un grand rôle dans le développement de l’Outaouais, invitait les gens à écouter les chroniques sportives de Lionel Duval et Pierre Dufault.

Vers la fin des années 1950, MM. Duval et Dufault étaient des jeunes loups, qui apprenaient le métier en Outaouais.

Un quart de siècle plus tard, ils portaient au sommet de leur art et portaient des vestons bleu poudre, le samedi soir, à la télévision.

Les plus jeunes lecteurs de cette chronique ne comprendront peut-être pas à quel point c’est prestigieux, un veston bleu poudre.

On en parlera, en détail, une autre fois. En attendant, ils peuvent me croire sur parole: les meilleurs commentateurs sportifs de l’histoire du Canada ont porté le bleu poudre.

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Guertin, c’est important. J’en parlais justement avec un lecteur, au téléphone, lundi après-midi.

C’est un monsieur de 84 ans qui nous a contactés pour nous livrer une critique «constructive» de notre nouveau modèle d’affaires. Il n’a pas l’intention de suivre Le Droit sur Internet. Il ne s’intéresse pas à Internet. Il reconnaît que notre édition papier du samedi est riche en contenu, mais il reste souvent sur son appétit. Ses nouvelles quotidiennes lui manquent.

Je vous comprends, monsieur. Même si on continue d’avancer et qu’on travaille fort à développer nos plateformes numériques, je suis comme vous. Je vais toujours m’ennuyer un peu du papier.

Bref, après quelques minutes, on se parlait comme de vieux amis, le monsieur et moi.

Il me parlait d’un restaurant dans le Vieux-Hull. Il avait oublié son nom. «De toute façon, c’est fermé depuis longtemps...» C’était quand même un bel endroit où aller luncher, dans le temps, parce que ça lui permettait de croiser les Canadiens d’Ottawa-Hull.

Il a pu rencontrer Ralph Backstrom, Scotty Bowman, Gilles et Jean-Claude Tremblay...

«Ils étaient mal à l’aise, quand je leur demandais des autographes. Ils n’étaient pas connus, dans le temps!»

Combien de légendes sont nées, au juste, sur la rue Carillon?

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Je ne l’écris pas souvent, mais je suis un outsider. Je n’ai pas grandi dans le coin. Je suis arrivé, en 1995, pour faire mes études en journalisme.

Deux ans plus tard, je complétais mon cours à la Cité. Dans ma tête, j’étais prêt pour une nouvelle aventure, n’importe où dans le monde. Je ne réalisais pas que l’Outaouais était en train de me retenir en m’offrant tout plein de belles possibilités.

Je n’ai pas raté un seul match des séries éliminatoires de 1997. Le tournoi de la Coupe Memorial a été le premier événement majeur que j’ai couvert, sur le terrain.

Pavel Rosa soulève la coupe du Président en 1997.

J’ai commencé à comprendre ma nouvelle région durant mes soirées passées dans la section 9.

Des lieux de rassemblements, c’est important, pour une communauté.

C’est pour ça qu’on va se croiser les doigts.

Il faut prendre le temps de donner au centre Robert-Guertin la cérémonie de fermeture qu’il mérite.