Denis Gratton
Le Droit
Denis Gratton
Le Gatinois Alain Lapszynski a testé positif à la COVID-19 le 16 mars dernier.
Le Gatinois Alain Lapszynski a testé positif à la COVID-19 le 16 mars dernier.

Guéri ou non de la COVID-19 ? Sais pas.

CHRONIQUE / Le Gatinois Alain Lapszynski a combattu la COVID-19. Il a testé positif le 16 mars dernier, il est confiné chez lui depuis et il croit s’en être sorti. Enfin, il l’espère…

Parce que bien qu’il ait été diagnostiqué positif à la maladie du coronavirus il y plus d’un mois, on ne lui a toujours pas demandé d’être testé à nouveau pour s’assurer qu’il soit bel et bien guéri.

M. Lapszynski est rentré du Mexique le 4 mars dernier après un séjour de deux semaines. Lorsqu’il a quitté le Canada à la mi-février, le pays était toujours dans «l’ancien normal», sans confinement obligatoire, sans désinfectant pour les mains un peu partout et sans distanciation sociale. «On savait ce qui se passait en Chine, mais il n’y avait rien ici», dit-il.

C’est dix jours après son retour du Mexique, le 14 mars, que la maladie l’a frappé. «Comme un coup de masse sur la tête», illustre-t-il.

«C’est comme un abattement général, explique l’homme d’affaires à la retraite âgé de 71 ans. C’a commencé au cours de la nuit, j’avais des tremblements inexplicables. J’avais l’impression d’être atteint du syndrome de Gilles de La Tourette, j’avais des membres qui bougeaient d’une façon incontrôlée. J’étais au lit et je me demandais bien ce qu’il m’arrivait. Puis j’ai ressenti des froids comme ça ne se peut pas. Des frissons intenses qui venaient par vagues. J’ai aussi commencé à tousser. Mais curieusement, je n’ai pas eu de fièvre. Je toussais, mais sans douleur à la poitrine. J’ai ressenti plus tard une petite pression qui s’est installée au niveau des bronches et des poumons, mais sans gêne respiratoire. Tout ça a duré environ 24 heures. Mais avec une pointe au début qui était assez intense. Et je me demandais bien ce qui pouvait causer tout ça. Je dormais 18 heures par jour dans les jours suivant cette nuit-là, j’étais abattu. Mais je ne pensais pas du tout avoir attrapé ce virus.»

Alain Lapszynski s’est rendu à l’urgence de l’Hôpital de Hull le 16 mars. On l’a appelé deux jours plus tard pour lui annoncer qu’il avait testé positif à la COVID-19.

«Mon cas a ensuite été pris en charge par la santé publique régionale, reprend-il. Une infirmière – jamais la même – m’appelait chaque jour pour me demander ma condition générale et ma température. Les appels se sont ensuite espacés aux deux jours et, au bout de 14 jours, on m’a déclaré apparemment guéri.

— Avez-vous dit: ‘apparemment guéri’ ?

— Oui, parce que je n’ai pas subi de test pour savoir si je suis maintenant négatif. Pas du tout. J’ai demandé à mon médecin si c’était nécessaire (d’être re-testé) et il m’a répondu qu’il me rappellerait. Il doit me rappeler cette semaine.

«Je ne suis pas sûr d’être guéri. J’ai toujours des inquiétudes. Je crois même que je l’ai encore parce qu’il y a des jours où je suis extrêmement fatigué. Je tousse aussi, mais ce n’est pas régulier. C’est comme en dents de scie, ça revient de temps en temps. Et parfois, ça me fait peur. Suis-je guéri ? Pourrais-je contaminer quelqu’un ? Je ne sais pas. On ne m’a pas testé pour le confirmer.»

Québec a émis de nouvelles consignes pour les tests de dépistage, le 30 mars dernier. Les tests (pour confirmer la guérison) sont dorénavant réservés aux cas prioritaires, tels les patients hospitalisés et les professionnels de la santé ayant des symptômes de la COVID-19.

«Ce changement dans les priorités était nécessaire en raison de l’augmentation considérable du nombre de prélèvements», a indiqué à La Presse le porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, le 5 avril dernier. Donc dans certains cas, les tests pour confirmer la guérison ne seraient pas nécessaires ou prioritaires, selon ce ministère. M. Lapszynski tombe dans cette catégorie, semble-t-il.

La conjointe du Gatinois a été testée au centre de dépistage du boulevard Saint-Raymond le 19 mars dernier. Au bout d’une semaine, on l’a appelée pour lui dire qu’elle avait testé négatif.

«Louise et moi trouvons ça curieux, lance M. Lapszynski. Nous vivons ensemble. Soit qu’elle est hyper résistante, soit qu’elle a fait partie des tests ratés. Mais elle va bien», ajoute-t-il.

Il ne sait pas où il a contracté la maladie. Était-ce au Mexique ? Il en doute. Peut-être dans l’avion de retour qui était bondé ? Peut-être aux douanes à Toronto où, se rappelle-t-il, il y avait énormément de gens dans la file d’attente en serpentin et où les autorités laissaient passer les gens sans leur poser de questions sur leur état de santé ? Où était-ce à l’Hôpital de Hull où il s’est rendu le 10 mars pour une radiographie des genoux, quatre jours avant qu’il développe les symptômes de la maladie à coronavirus ?

Il ne le saura probablement jamais. Et c’est le cadet de ses soucis.

Parce que présentement, ce qu’il aimerait surtout savoir, c’est s’il est guéri… ou non.