André Fortin, député du Pontiac, est devenu le nouveau ministre des Transports lors d’un remaniement ministériel, mercredi, à Québec.

Grosse commande pour André Fortin

CHRONIQUE / Deux ministres, deux vrais ministres pour l’Outaouais. Il y a près de 30 ans qu’on n’a pas vu cela à l’Assemblée nationale. Depuis 1987-88 en fait, quand Gilles Rocheleau et Michel Gratton ont détenu simultanément un portefeuille sous le règne de Robert Bourassa. À un an des élections provinciales, est-ce que le gouvernement de Philippe Couillard a voulu lancer le signal que l’Outaouais cessera enfin d’être la grande oubliée ?

Ce serait trop beau !

Pas sûr que le premier ministre a vraiment besoin de nommer deux ministres de l’Outaouais au sein de son cabinet pour s’assurer que la région demeure dans le giron libéral lors du prochain scrutin.

En fait, le maintien de Stéphanie Vallée à la Justice, et surtout la nomination surprise du jeune député de Pontiac André Fortin au difficile ministère des Transports s’expliquent mieux vu de Québec que vu de l’Outaouais.

M. Fortin, un père de famille de 35 ans, profite assurément de la volonté du gouvernement Couillard d’imprimer un virage jeunesse à son équipe pour faire son entrée précoce au conseil des ministres.

Ce faisant, M. Fortin hérite d’un portefeuille coupe-gorge dont personne ne voulait parmi les députés ministrables du caucus libéral — à commencer par son prédécesseur Laurent Lessard qui était déjà le troisième à occuper ce poste depuis 2014.

De fait, M. Fortin prend la tête d’un ministère à problèmes, récemment pointé du doigt par la vérificatrice générale du Québec pour l’octroi d’extras non justifiés et de possible collusion.

Il devra y entreprendre un grand ménage… tout en faisant face aux crises ponctuelles comme le cafouillage sur l’autoroute 13, l’hiver dernier, qui a plongé le ministère dans l’embarras.

Alors oui, ça en fait beaucoup à gérer pour un politicien qu’on dit très capable comme André Fortin, mais également peu expérimenté. D’entrée de jeu, il aura à gérer l’épineux dossier d’Uber qui pourrait quitter le Québec dès samedi si l’entreprise n’accepte pas les conditions du gouvernement du Québec.

Ceci dit, sa nomination est une bonne nouvelle pour l’Outaouais qui a de gros dossiers à régler en matière de transport

Avec André Fortin, la région vient de s’assurer d’obtenir une oreille attentive de la part de Québec que ce soit pour l’élargissement de l’autoroute 50 ou le prolongement du Rapibus jusqu’à Lorrain.

C’est sans compter le futur lien de transport en commun vers le secteur Aylmer, le gros projet de transport des prochaines années à Gatineau, et qui est situé en partie dans la circonscription de M. Fortin.

Maintenant, c’est Stéphanie Vallée qui continuera d’être la ministre régionale de l’Outaouais, en plus de conserver le portefeuille de la Justice. Il est vrai qu’André Fortin en aura plein les bras aux Transports et qu’il pourrait difficilement cumuler les deux tâches !

Tout comme André Fortin, Stéphanie Vallée était une néophyte quand elle est devenue la première femme à occuper le poste de ministre de la Justice, en 2014. Depuis, elle a survécu à tous les remaniements du gouvernement Couillard même si elle s’est retrouvée dans la tourmente à quelques reprises.

Sur la scène régionale, le style partisan de Mme Vallée ne fait pas l’unanimité. Elle n’hésite pas à défier les élus locaux. Qu’on se souvienne du malaise qu’elle a provoqué, y compris au sein de son propre caucus des députés libéraux de la région, en refusant d’adhérer au large consensus autour du projet de loi spéciale sur le nouveau Guertin à Gatineau.

Est-ce que la présence d’André Fortin à ses côtés au conseil des ministres permettra d’atténuer les aspects plus rugueux de la personnalité politique de Mme Vallée ? Faudra voir, comme il faudra voir si deux ministres au lieu d’un donneront une voix plus forte à l’Outaouais. 

Il leur reste un an d’ici les prochaines élections pour en faire la démonstration.