Erik Karlsson a connu une autre soirée difficile, mercredi soir, au Centre Canadian Tire.

Gretzky, Subban... Karlsson?

CHRONIQUE / J’espère que tout le monde réalise à quel point ce que Pierre Dorion a dit est énorme. Il est prêt à écouter les propositions de transactions qui impliquent tous ses joueurs. Même son capitaine.

Il n’a même pas attendu qu’on lui parle de l’éléphant dans la pièce. Il a lui-même pris l’initiative de nous dire que Karlsson pourrait être impliqué dans une transaction.

À condition, bien entendu, qu’un de ses homologues lui soumette une offre qui a un certain sens.

Quand même.

On parle ici de Karlsson. Et de Dorion.

Personne n’a oublié cette percutante déclaration du directeur général des Sénateurs, le printemps dernier, après l’élimination au premier tour des Bruins de Boston.

« Le septième jour, Dieu se reposa. Le huitième jour, il se remit au travail et il créa Erik Karlsson. »

Et ça, c’était ce que Dorion disait publiquement. Il pouvait aller encore plus loin dans des ses conversations privées.

C’est pourquoi je lui ai demandé de préciser sa pensée. Il a bien pris soin de me dire qu’il ne souhaite, en aucun cas, laisser partir le joueur le plus talentueux de l’histoire de la concession.

« Mais, tu sais... Nous connaissons tous très bien l’histoire du hockey. Si Wayne Gretzky a déjà été impliqué dans une transaction, tous les joueurs sont susceptibles de se faire échanger. »

J’ai quitté la minuscule salle des conférences de presse qui est située au sous-sol du Centre Canadian Tire. Je m’étais installé sur la galerie de la presse, où j’étais en train de me convaincre que Dorion bluffait. Son équipe perd. Il faut bien qu’il essaie quelque chose pour secouer ses joueurs.

C’est à ce moment précis que le courriel est arrivé. Maxime Morin, le très efficace producteur de l’émission Hockey 360 à RDS, m’a rappelé un truc.

Dans son bilan de fin de saison, au printemps 2016, Marc Bergevin a utilisé la même analogie. Il a lui aussi cité Wayne Gretzky aux journalistes, quand est venu le temps de parler de P.K. Subban.

Deux semaines plus tard, le « pur sang » a pris le chemin de Nashville.

On va garder tout ça en tête. Méditer là-dessus durant les Fêtes...

 

En tous cas, si Dorion a monté une petite mise en scène dans le but de secouer son joueur de concession, c’est raté.

Karlsson a connu une autre soirée difficile. Surtout dans son territoire. Il a été sur la patinoire lors des deux buts marqués par les Rangers.

Il a particulièrement mal paru lorsque Michael Grabner a marqué. Il était là pour le couvrir, mais c’est à peine s’il a bougé pour se placer à travers son chemin.

Il ne faudrait peut-être pas trop s’attarder à ça.

Bobby Ryan et Matt Duchene ont connu un bon match, ensemble. Craig Anderson a livré une de ses meilleures performances de l’année. Cody Ceci a marqué un deuxième but en autant de matches.

Guy Boucher s’est même permis d’envoyer un baiser dans les gradins avant de quitter le banc.

« Ma femme est extraordinaire. Mes enfants sont extraordinaires. Je suis un homme choyé », a-t-il résumé.

La victoire. Ça change bien des choses.


Un autre courriel qui a rebondi dans ma boîte durant la soirée. Pierre Dorion et Randy Lee convoquent de nouveau la presse à Kanata, jeudi matin. Tout porte à croire que Chris Neil va officiellement accrocher ses patins.

Le timing serait parfait. Il pourrait prendre part au match des anciens sur la colline du Parlement, vendredi soir. Il pourrait retrouver son meilleur ami dans le hockey, Mike Fisher.

Neil aurait préféré que ça se passe différemment. Il aurait aimé jouer dans le « vrai » match, celui qui sera disputé samedi à la Place TD.

Il aura quand même disputé 1026 matches dans la LNH et passé l’équivalent de 42 heures assis sur un banc des pénalités.

Il pourra se retirer avec la tête haute.