Le Dr Lionel Carmant pourrait se lancer comme candidat caquiste aux prochaines élections, et même espérer occuper le poste de ministre de la Santé sous un gouvernement dirigé par François Legault.

«Slaquez-moi» les spécialistes!

CHRONIQUE / Ainsi donc, François Legault aurait trouvé son ministre de la Santé en la personne d’un neurologue de l’hôpital Sainte-Justine, le docteur Lionel Carmant. Je ne connais pas le Dr Carmant. C’est sûrement quelqu’un de très bien, et on a besoin de gens bien en politique.

Je mets toutefois un bémol à mon «enthousiasme»: après un neurochirurgien, Philippe Couillard, et un radiologiste, Gaétan Barrette, ne serait-il pas temps d’aller voir ailleurs que chez les spécialistes pour dessiner l’avenir du réseau de la santé au Québec? Ne serait-il pas temps de se tourner vers les gens sur le terrain, ceux et celles qui accueillent les patients en première ligne et qui connaissent mieux le vécu et les contraintes du système? 

Parce que les spécialistes, c’est beau, c’est intelligent, mais ce n’est pas tout et c’est également un lobby bien à part. Et puis, on a investi des fortunes pour les former. Alors, en faire des politiciens par la suite? Pas sûr que ce soit une bonne utilisation de leur talent. Et politiquement, je ne vois pas l’avantage politique qu’en retirerait la Coalition avenir Québec dans ce contexte où les gens commencent à en avoir assez d’un «gouvernement de docteurs»…

Bon, voilà! Une fois qu’on a dit ça, je ne voudrais surtout pas décourager le Dr Carmant. Après tout, c’est un citoyen canadien et il a parfaitement le droit de vouloir faire de la politique. Et objectivement, il faut avoir le goût du sacrifice pour sacrifier sa vie personnelle, professionnelle et un salaire de médecin spécialiste, pour se lancer dans ce monde de fou qu’est la politique. Alors, bienvenue dans le club docteur, mais vous aurez été prévenu.

Indépendamment de ce cas particulier, on ne saurait blâmer François Legault d’être à la recherche de candidats ministrables en vue de la campagne électorale. L’équipe actuelle de députés caquistes offre déjà un bon bagage d’expérience, mais il en faudra davantage pour convaincre l’électorat que ce parti constitue un remplacement sérieux au gouvernement Couillard. Et plus encore: le plus grand défi de M. Legault, s’il prend le pouvoir, est d’obtenir une majorité. Parce qu’on l’a vu sous Pauline Marois, diriger un gouvernement minoritaire à la tête d’une équipe qui vient tout juste d’accéder au pouvoir après des années dans l’opposition, c’est une entreprise très difficile.

Un hommage particulier

J’aurais bien aimé vous parler de Maurice Couture, l’ancien archevêque de Québec, qui est décédé vendredi dernier. L’Église catholique n’est plus ce qu’elle a été jadis au Québec, mais il y a des gens qui ont su préserver ses valeurs et ses messages. C’est le cas de Mgr Couture qui a été un pasteur aimé et respecté. Puisque cette chronique est politique, je laisse les lignes suivantes à l’un de ses camarades de classe, M. Robert Auclair.

«À l’exception de Mgr Paul-Eugêne Roy, dont le mandat a été très court à cause de la maladie, Maurice Couture est le premier archevêque de Québec parmi tous les successeurs du cardinal Taschereau à ne pas avoir été nommé cardinal après avoir été à la tête de ce diocèse pendant 12 ans. Même ses successeurs l’ont été. Il est la seule exception. Il y a de quoi s’interroger, pour ne pas dire plus. Cet ami des pauvres était-il trop près du peuple dont il se faisait l’écho? Son indépendance d’esprit agaçait-elle les autorités romaines? A-t-il pris des initiatives qui ont dérangé? Ainsi, il a autorisé la confession collective en outre de la confession auriculaire dans son diocèse. Son successeur, devenu cardinal, s’est empressé de mettre fin à cette expérience.

«Finalement, Maurice sera resté Excellence. Il ne sera jamais devenu Éminence. Il est maintenant Sa Sainteté au ciel».