Martine Ouellet

Pilule référendaire pour un mal de bloc

CHRONIQUE / Martine Ouellet propose la tenue d’un référendum sur la mission du Bloc québécois. Que d’énergies perdues dans un univers où les enjeux sont tellement nombreux et complexes… Nos débats de société sont bien petits quand on les compare avec ce qui se passe ailleurs.

Cette proposition du «clan» Ouellet annonce une guéguerre sur le libellé de la question et ses suites. Les caricaturistes vont s’amuser. Pour être crédible, sa proposition devrait soumettre une question acceptable aux députés qui ont démissionné. Rien qu’à ce chapitre, une entente semble impossible. Qui plus est, Mme Ouellet devrait promettre de démissionner si elle perd son référendum. Car à défaut d’un vote de confiance, le rejet de sa proposition serait un désaveu.

Depuis qu’elle a quitté le caucus du Parti québécois pour prendre la direction du Bloc, la députée de Vachon a choisi de siéger comme indépendante jusqu’à la fin de son mandat en octobre. Si elle démissionne du Bloc, il est douteux qu’elle puisse revenir au PQ comme l’a fait Jean-Martin Aussant. Après un tel échec marqué par une querelle aussi inutile, elle ne serait pas un atout pour Jean-François Lisée.

Son adjoint de circonscription, Patrick Ney, veut lui succéder et représenter le PQ dans Vachon. Il espère obtenir une date d’investiture plus tôt que tard. Son association avait suggéré le 18 mars, ce qui a été rejeté par les instances nationales. Ney a suggéré par la suite que l’on tienne l’assemblée d’investiture le 21 avril. Il attend la décision. Les dirigeants du parti souhaitent-ils conserver cette circonscription pour quelqu’un d’autre? On ne sait pas. De toute façon, Vachon n’est pas une circonscription facile : la majorité péquiste n’y a été que de 176 voix en 2014.

Que fera Martine Ouellet après les élections du 1er octobre si elle perd sa bataille au Bloc? Elle aura droit à une indemnité de départ de 164 000 $ de l’Assemblée nationale. Mais à 48 ans à l’automne, il lui faudra bien trouver du travail. Formée en génie mécanique, un domaine où il y a si peu de femmes, elle avait pourtant une si belle carrière à Hydro-Québec…

Brenda Lucki

Une première femme à la tête de la GRC… Justin Trudeau a posé un beau geste en nommant Brenda Lucki à la direction de ce corps policier. J’imagine qu’il y avait d’autres candidats masculins compétents pour combler ce poste. Mais le premier ministre envoie un signal important dans un contexte où l’on n’en finit plus de dénoncer le harcèlement et les agressions sexuelles dans tous les domaines d’activités.

L’ami Trump…

On a fait grand état, jeudi, de la décision de Washington d’épargner temporairement le Canada et le Mexique des tarifs annoncés sur l’aluminium et l’acier. Attendons avant de célébrer! Ce moratoire est assorti d’une exigence touchant les négociations en cours de l’ALENA. Bref, c’est une simple tactique de négociation visant à forcer la main et à obtenir des concessions. Tout ça ressemble à un bluff grossier de la part de Donald Trump.

Le Canada ne doit pas tomber dans ce piège. S’il est vrai que nous dépendons beaucoup du commerce avec les États-Unis, il est tout aussi vrai que nos voisins du Sud n’ont pas les moyens de s’engager dans une guerre commerciale à l’échelle de la planète. Même si le Canada négociait l’ALENA à rabais pour échapper aux tarifs de Washington, il souffrirait également des retombées d’une telle guerre opposant les États-Unis à l’Union européenne et à la Chine. Dans les circonstances, il vaut mieux laisser passer la tempête au lieu de faire des concessions, d’autant plus que Trump a de moins en moins d’alliés sur cette question dans son propre pays.