Le premier ministre Justin Trudeau, sa femme Sophie Grégoire et leurs enfants Xavier, 10 ans, et Ella-Grace, 9 ans, devant le Temple d’or, l’édifice le plus sacré des sikhs.

Le «roi de l’image» détrôné par l’image

Les voyages officiels à l’étranger des premiers ministres du Canada sont souvent parsemés de pièges médiatiques. Qui accueille notre premier ministre à l’aéroport, combien de temps a-t-il obtenu avec le chef du pays visité, combien de contrats a-t-on signés, quelles en seront les retombées économiques et quels sont les coûts de cette mission?

Les questions sont toujours les mêmes et très prévisibles. La préparation de ces voyages demande donc beaucoup d’expertise et de précautions. Sous Pierre-Elliott Trudeau, les journalistes avaient l’habitude de voir le premier ministre profiter de ces voyages pour faire un peu de tourisme:  du ski en Autriche ou en Suisse, une virée sans raison à Maiduguri dans le nord du Nigéria, un arrêt à Manaus dans la jungle brésilienne… 

J’ai fait de très beaux voyages comme journaliste au début des années 80, lorsque je couvrais les voyages de M. Trudeau pour le compte du quotidien La Presse. La situation a changé radicalement avec l’arrivée de Brian Mulroney en 1984 et des déficits budgétaires à répétition. Fini le tourisme! Les voyages sont devenus de vraies missions commerciales ou diplomatiques. 

Que s’est-il passé dans les préparatifs du voyage de Justin Trudeau en Inde? Je ne le sais pas, mais la conclusion s’impose :  les images sur ce voyage ont porté davantage sur les photos du premier ministre et sa famille devant les monuments historiques comme le Taj Mahal, que sur la mission économique. Pire encore, M. Trudeau n’a pas été reçu avec tous les égards habituellement réservés à ce genre de visite. Bref, le retour au pays et à la période de questions au Parlement, juste avant le dépôt du budget, ne sera pas agréable. Les médias vont se régaler sur les dépenses encourues par le premier ministre, sa famille, ses quatre ministres et le cortège de députés, d’attachés politiques et de fonctionnaires qui l’accompagnaient.

C’est tout de même surprenant :  les partis d’opposition ont toujours été jaloux de l’image projetée par Justin Trudeau. Et voilà que c’est son image et non les résultats concrets — s’il en est — de son voyage, qui lui portera ombrage dans ce cas-ci.

Sur le plan politique, il aurait été beaucoup plus payant pour lui de rester au Canada et de célébrer les nombreuses médailles gagnées par les athlètes canadiens aux Jeux olympiques.

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RETOUR DE L’ENFANT «PRODIGE»

Jean-Martin Aussant ne jouit pas d’une grande notoriété au Québec, mais sa crédibilité est impeccable dans le monde politique. Les militants du Parti québécois savent que c’est un véritable souverainiste, et ses compétences dans le monde de la finance n’ont jamais été mises en doute.

Les effets de son retour au sein du Parti Québécois restent à déterminer, mais ils ne peuvent qu’être positifs. Les péquistes désabusés qui ont déserté leur parti pour passer chez Québec solidaire ou pire encore à la Coalition avenir Québec vont peut-être revoir leur décision. Probablement pas assez pour donner le pouvoir à Jean-François Lisée, mais peut-être suffisamment pour éviter la débâcle.

Le mandat que lui a confié Lisée est intéressant :  en attendant les élections, il travaillera sur les meilleurs moyens de conception et de promotion de l’indépendance. Il verra aussi à commander ou à mettre à jour des études sur l’indépendance. Au sein de l’aile parlementaire, il sera responsable de la métropole et des questions touchant l’entrepreneuriat.

Aussant est assuré d’une chose:  les libéraux n’auront que des bons mots pour lui. Parce que si son retour au bercail augmente la popularité du PQ dans les intentions de vote, ça ne peut que nuire à la Coalition avenir Québec.