Si Doug Ford devient premier ministre de l’Ontario et qu’il retire sa province de la bourse du carbone, Ottawa menace de redistribuer les revenus d’une taxe sur le carbone aux Ontariens, au lieu d’envoyer un chèque à la province.

Carbone: le début des hostilités

CHRONIQUE / La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a lancé un sévère avertissement au chef conservateur ontarien Doug Ford, cette semaine : s’il devient premier ministre aux élections du 7 juin et qu’il retire sa province de la bourse du carbone, le gouvernement canadien lui imposera sa propre taxe sur le carbone. Ça, c’était déjà connu. Ce qui est nouveau, c’est qu’Ottawa menace de redistribuer les revenus de cette taxe aux Ontariens, au lieu d’envoyer un chèque à la province.

Vous voyez ça d’ici? Ce serait une énorme querelle fédérale-provinciale. Doug Ford a réagi immédiatement et menacé de porter le dossier jusqu’à la Cour suprême. 

Nous n’en sommes pas encore là, mais le simple fait de lancer un tel avertissement montre à quel point le gouvernement Trudeau mettra tous ses efforts pour faire battre Doug Ford.

Cette menace envoie aussi un signal aux autres provinces qui n’auront pas leur propre taxe sur le carbone en janvier 2019, quand le gouvernement canadien sera prêt à leur imposer la sienne. Si le fédéral devait passer par-dessus la tête de l’Ontario, il pourrait faire de même pour les autres provinces.

On ne parle pas souvent de ce dossier au Québec, parce que notre participation à la bourse du carbone avec la Californie et l’Ontario — pour le moment — nous évite le scénario évoqué par Mme McKenna. Mais le dossier est important : il s’agit du plus grand défi du gouvernement Trudeau dans la lutte contre les changements climatiques. En fait, c’est toute sa stratégie mise de l’avant après la conférence de Paris sur les GES, qui est menacée.

L’Alberta a accepté d’imposer une taxe sur le carbone, en retour de l’autorisation fédérale au projet de pipeline Kinder Morgan vers la Colombie-Britannique. Mais ce projet se heurte à une opposition très ferme de Victoria et des peuples autochtones. Le leader conservateur albertain, Jason Kenney, qui pourrait prendre le pouvoir aux élections de 2019, a promis d’abolir la taxe sur le carbone. Ce qui veut dire que le gouvernement Trudeau, qui refuse de taxer Netflix sous prétexte qu’il a promis de ne pas imposer de nouvelles taxes, pourrait bien devoir en imposer une sur le carbone et affronter à la fois l’Ontario et l’Alberta sur le sujet, en pleine année électorale… 

Et c’est reparti

Vous en avez marre du débat sur les signes religieux? Désolé de vous décevoir, mais c’est reparti. Pas à Hérouxville, mais à Montréal où Valérie Plante se montre ouverte à l’intégration du hijab et du turban à l’uniforme réglementaire des policiers.

François Legault a réagi : «Les policiers ne doivent pas porter de signes religieux. Comme les juges, les procureurs et les gardiens de prison, les policiers représentent l’État. Il est temps de régler cette question de façon responsable une fois pour toutes. Vivement le 1er octobre». 

Le PQ a suivi dans le même sens, ce qui veut dire que les libéraux se retrouvent du côté de Québec solidaire et Vincent Marissal… à partager l’opinion de la mairesse. Le premier ministre Trudeau a profité de son passage à Québec, jeudi, pour dire qu’il n’avait aucun problème avec le port du turban pour un policier. Ce n’était pas nouveau, compte tenu du nombre de minorités visibles et de turbans au sein de son caucus, mais tout de même. Ça alimente le débat.

Et dire que ce cher Boucar Diouf a défendu François Legault sur les ondes de Paul Arcand le 22 mars. «Ce que je refuse, a-t-il expliqué, c’est qu’on dise aux gens : vous n’avez pas le droit de parler de ces débats-là. François Legault, M. Couillard le connaît. Ça fait 20 ans qu’il est en politique. Il sait que Legault n’est pas quelqu’un de raciste».

Voilà, c’est reparti!