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Profitons-en pour continuer la conversation sur notre santé mentale collective. Cependant, lorsqu’on s’ouvre et qu’on parle de notre santé mentale, il est essentiel qu’on soit entendus.
Profitons-en pour continuer la conversation sur notre santé mentale collective. Cependant, lorsqu’on s’ouvre et qu’on parle de notre santé mentale, il est essentiel qu’on soit entendus.

Il faut qu’on se parle

Georgia Vrakas, Ph. D., psychologue et ps.éd.
Professeure agrégée, Département de psychoéducation UQTR, campus de Québec
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CHRONIQUE / Le texte d’aujourd’hui me concerne particulièrement et je suis certaine que plusieurs d’entre vous vivent la même chose. Je réalise que plus la pandémie et le confinement perdurent dans le temps, plus je me retrouve à changer ma façon d’être en contact avec les autres. Je comprends que deux choses me manquent énormément : de parler et d’être en lien avec l’autre.

Voyez-vous pré-pandémie, je sortais au restaurant, je voyais mes ami.e.s et ma famille, j’enseignais «en présentiel», je côtoyais mes étudiant.e.s et collègues quotidiennement, je faisais du théâtre amateur. Bref, je parlais aux autres. Pour ceux et celles qui me connaissent, je parle beaucoup. Je suis quelqu’un de sociable et extraverti. J’aime voir les autres et faire des activités ou tout simplement discuter. Depuis cet automne avec les confinements qui se succèdent et les règles qui se resserrent, je réalise que j’ai beaucoup de conversations chez moi, avec moi-même. Je n’ai pas d’animal de compagnie pour m’écouter, seulement un plant de basilic qui, avouons-le, n’est pas la chose la plus interactive du monde.

Lorsque je me trouve à parler sur FaceTime ou Zoom avec mes deux sœurs ou avec mes ami.e.s, les paroles coulent à flots jusqu’à ce que ma voix devienne rauque. Et quand elle le devient, je continue de parler, mais en chuchotant et en gesticulant davantage pour compenser. J’ai compris cette semaine à quel point ce besoin n’était pas comblé pour moi lorsqu’une de mes sœurs m’a fait remarquer que je racontais deux histoires l’une après l’autre sans arrêter pour respirer. Bon. Vivant seule fait en sorte que cela devient plus facile ou même la norme pour moi de parler peu avec d’autres puisque je ne vois presque personne «en présentiel». Fort heureusement que mes deux sœurs et mes ami.e.s sont disponibles et (surtout) patientes avec moi. (merci!)

Continuer la conversation sur notre santé mentale

Je sais que je ne suis pas la seule dans cette situation, par le nombre de personnes qui m’écrivent, car elles ont besoin de parler. Il y a des gens qui n’ont pas de proche disponible ou qui ont tout simplement besoin de partager leur vécu ou qui vivent de la détresse et cherchent de l’aide. Je le vois et je le vis. Le 28 janvier était la Journée Bell cause pour la cause. J’ai vu défiler sur mon fil Twitter de nombreux gazouillis à ce sujet. Il est vrai que la santé mentale prend davantage d’espace et d’importance dans notre société. Excellente nouvelle! En cette journée, plusieurs personnes partagent leur vécu, leurs vulnérabilités sur les réseaux sociaux. 

C’est une très bonne chose que de briser les tabous, déstigmatiser, sensibiliser, éduquer la population sur la santé et la maladie mentale. Encore faut-il que les services soient disponibles pour accueillir les gens dans leur souffrance. La semaine prochaine est la Semaine de prévention du suicide. Profitons-en pour continuer la conversation sur notre santé mentale collective.  Cependant, lorsqu’on s’ouvre et qu’on parle de notre santé mentale, il est essentiel qu’on soit entendus.

Facteurs de protection

C’est à ce dernier besoin qu’il faut répondre urgemment, d’une part. D’une autre part, il y a le besoin du lien, du contact social. Nous sommes des êtres sociaux, comme vous le savez. Avec le confinement et les mesures plus strictes mises en place pour freiner la propagation du virus, il devient complexe de créer et de maintenir le lien avec l’autre. La recherche démontre que le soutien familial et soutien social sont des facteurs de protection pour notre santé mentale durant la pandémie. Comme vous, je continue de garder le contact avec mes proches régulièrement par téléphone, texte ou FaceTime.  Leur présence physique me manque terriblement, mais en attendant, j’utilise tous les outils à ma disposition. Il est important de maintenir ces liens et de se soutenir mutuellement, lorsque possible.

Que peut-on faire d’autre pour s’aider? La recherche nous indique qu’un autre facteur de protection de la santé mentale est la solidarité citoyenne, surtout pour les personnes déjà vulnérables et fragilisées. On peut créer de nouveaux liens ainsi avec nos voisin.e.s par exemple. Il y a plusieurs groupes d’entraide locaux qui ont vu le jour sur les réseaux sociaux au début de la pandémie et qui semblent bien fonctionner. Il y a d’autres initiatives qu’on peut nous-mêmes créer au sein de nos voisinages et communautés. De mon côté, j’ai lancé une invitation dans le groupe Facebook de mon quartier. J’y suggère une idée pour nous aider à passer à travers le confinement et renforcer la solidarité sociale. Je propose un projet d'arts visuels (peinture, dessins, photos, etc.) sur la thématique de l'espoir, plus précisément, de dessiner, de peindre, de prendre des photos et de monter des vidéos sur les choses qui nous font du bien ou qui nous aident à aller mieux ces temps-ci et de les partager dans le groupe. On verra ce que cela donnera. D’ici là, je vais peindre et partager une toile représentant l’espoir insufflé tout particulièrement par mes deux sœurs Joanne et Mary.

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Vous avez une question pour Georgia Vrakas? Écrivez-nous!

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OUTILS

Si vous ou un de vos proches est suicidaire : 1-866-APPELLE

Service numérique québécois en prévention du suicide

Vidéo de l’Association québécoise de prévention du suicide Dis-le dans tes mots 

Site de l’Association canadienne pour la santé mentale

Écoute Entraide: 1-855-EN-LIGNE

Pour la liste complète des ressources