Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
La première rencontre entre Doug Ford et François Legault s’était déroulée en plein cœur de la crise linguistique de l’automne 2018. La poignée de main était plus distante, les échanges moins naturels. Dans ces conditions, le sommet Québec-Ontario de cette semaine a pris un tout autre aspect.
La première rencontre entre Doug Ford et François Legault s’était déroulée en plein cœur de la crise linguistique de l’automne 2018. La poignée de main était plus distante, les échanges moins naturels. Dans ces conditions, le sommet Québec-Ontario de cette semaine a pris un tout autre aspect.

Ford et Legault, un sommet pour la forme

ANALYSE / La première rencontre entre Doug Ford et François Legault s’était déroulée en plein cœur de la crise linguistique de l’automne 2018. La poignée de main était plus distante, les échanges moins naturels. Dans ces conditions, le sommet Québec-Ontario de cette semaine a pris un tout autre aspect.

Les chefs des deux provinces n’ont pas lésiné sur les moyens pour convaincre de l’importance du moment. Cette rencontre baptisée «sommet inaugural» se tenait sur deux jours, et fait assez exceptionnel, elle réunissait aussi les principaux ministres du Québec et de l’Ontario.

Derrière la mise en scène, une réalité tout d’abord : les rencontres entre les responsables des deux provinces ont toujours été fréquentes et régulières, sans le clinquant d’un sommet. Il en fut de même entre Kathleen Wynne et son homologue Philippe Couillard, idem entre Dalton McGuinty et Jean Charest.

Certes, l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) en octobre 2018 a constitué une curiosité pour le reste du Canada. Force est d’admettre que le parti de François Legault, aux racines conservatrices et francophones, s’est vite entendu avec les formations à la tête dans les autres provinces.

La crise sanitaire et économique déclenchée par la pandémie oblige aussi les gouvernements provinciaux à se rapprocher pour exiger plus d’aide d’Ottawa, dans un contexte où les déficits budgétaires se creusent de manière abyssale.

En ce sens, l’image de MM. Legault et Ford, côte à côte pour demander plus de transferts fédéraux en matière de santé, se voulait avant tout une démonstration de force. C’est d’ailleurs la même rengaine depuis des années : les transferts fédéraux pour la santé augmentent moins vite que les dépenses des provinces.

À part ça, ce premier «sommet inaugural» n’aura pas débouché sur des initiatives très concrètes. Les ministres des deux provinces jurent pourtant que les échanges ont été fructueux. Affaire à suivre.

Sébastien Pierroz est premier rédacteur et journaliste aux Affaires francophones pour ONFR+ du Groupe Média TFO.