La volonté du premier ministre, Doug Ford, d’éponger le déficit de 13,5 milliards $, tout en garantissant une baisse d’impôts, continue de provoquer l’ire des néo-démocrates.

Ford : statu quo ou acte 2 ?

CHRONIQUE / À peine de retour à Queen’s Park, les élus ontariens n’ont pas été tendres entre eux, la semaine dernière. La volonté du premier ministre, Doug Ford, d’éponger le déficit de 13,5 milliards $, tout en garantissant une baisse d’impôts, continue de provoquer l’ire des néo-démocrates. Et pour les francophones, toujours cette même question : à quel point écoperont-ils ?

On devrait en savoir plus lors du budget dévoilé dans les prochaines semaines. Si le gouvernement fédéral a déjà coché le 19 mars pour cet exercice, rien n’a pour l’instant filtré du côté du gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario.

Dans les coulisses, les proches de Doug Ford se veulent rassurants. La grosse transformation du système de santé imminente n’affecterait pas les Franco-Ontariens, entend-on. Les six entités de planification, mises en place en 2010 et chargées de conseiller le gouvernement sur les services de santé à offrir en français, seraient même maintenues.

La présence nouvelle de Marilissa Gosselin à titre de conseillère aux affaires francophones du premier ministre serait le gage d’une meilleure compréhension. Dans les coulisses, on jure que l’épisode du « jeudi noir » le 15 novembre dernier n’arrivera plus, qu’il s’agissait d’une fausse note.

Il faudra en tout cas plusieurs années pour rétablir un lien de confiance très endommagé du côté francophone. En attendant pour beaucoup, la suspicion demeure et demeurera. Dans ces conditions, le dossier de la refonte du système de santé sera un véritable test pour les Franco-Ontariens.

Après avoir fait voler en éclats l’indépendance du Commissariat aux services en français et annulé le projet de l’Université de l’Ontario français, le gouvernement préparerait maintenant un scénario plus « acceptable » : des coupes de 3 à 5 % dans le budget de l’Éducation. Une hypothèse probable du fait que ce ministère représente à lui seul quasiment 30 milliards $ de dépenses annuelles. C’est même le deuxième plus « coûteux » derrière celui de la Santé et des Soins de longue durée.

Cet « effort de guerre » serait sans doute mieux accepté par les Franco-Ontariens qu’un coup de gomme sur leurs institutions. 

Il ne s’agirait pourtant que d’un statu quo déguisé. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.