Folie du Boxing Day

CHRONIQUE / La seule fois où j’ai vraiment pris part au Boxing Day, c’était à l’époque où ma blonde et moi étions à l’université et que nous vivions dans un tout petit appartement de la rue Bégin, à Chicoutimi. Ce jour-là, comme j’avais reçu un peu d’argent de ma famille à Noël, j’avais décidé de profiter des aubaines pour acheter mon premier lecteur DVD. C’est vous dire à quel point ça commence à faire un bail.

Ça fait bizarre de repenser à ça, car chaque fois qu’il est question du Boxing Day, la première image qui me revient en tête, c’est celle de ma blonde et moi qui marchions sur le boulevard du Royaume et ce gros sac que je tenais dans lequel je trimballais mon premier lecteur DVD.

Je me souviens aussi que j’avais été surpris du fait que ça m’avait seulement semblé être une journée achalandée parmi tant d’autres.

Comme nous nous étions rendus au centre d’achats en début d’après-midi, je ne pourrais pas vous parler de la fébrilité des gens qui attendaient dans la file pour l’ouverture des magasins, mais depuis quelques jours, je peux maintenant vous partager une expérience similaire que j’ai eu la chance de vivre.

Voilà donc qu’au dernier Boxing Day, j’avais deux ou trois trucs à aller acheter à l’épicerie et comme d’habitude, le bon vieux Billy le chien voulait m’accompagner.

À ma grande surprise, il n’y avait que quelques voitures dans le stationnement, mais une autre surprise de taille m’attendait à l’entrée de l’épicerie.

Devant la porte, il y avait une bonne vingtaine de personnes qui attendaient et se dévisageaient. J’ai compris pourquoi l’instant d’après en voyant sur la porte que l’épicerie n’ouvrait ses portes qu’à 13 h, soit dans les minutes qui s’en venaient.

Maintenant, ça va peut-être vous sembler futile, mais j’avais rarement vécu une expérience aussi absurde, car c’était comme si nous participions à une espèce de reconstitution du Boxing Day.

D’ailleurs, cette drôle d’impression s’est amplifiée au moment où le gérant de l’épicerie est sorti pour nous annoncer que les portes ouvriraient d’ici quelques minutes. Or, à la différence de ces images qu’on voit dans les traditionnels reportages du Boxing Day, personne ne s’est exclamé de joie en rêvassant furieusement aux aubaines qu’ils auraient bientôt la chance de faire. On était juste là à sourire au gars, un peu gênés d’avoir l’air si pressés d’acheter du lait et des croquettes pour chien.

Puis, quelques minutes plus tard, le gérant est sorti à nouveau et cette fois-ci, c’était pour déverrouiller les portes de l’entrée. II nous a ensuite fait signe comme quoi on pouvait rentrer et l’instant d’après, comme dans ces vidéos du Boxing Day, nous étions tous là à franchir la grande porte tandis que les employés à l’intérieur devaient se dire : « Bordel, j’aurais jamais pensé vivre la frénésie du Boxing Day en bossant dans une épicerie ».

Quand on regarde ces vidéos dans lesquelles une masse de clients fait son irruption dans un commerce, les gens se jettent généralement sur les téléviseurs, mais dans ce cas-ci, c’est sur le petit présentoir de fromage frais que les clients se sont tous garrochés. Heureusement, personne ne s’est battu.

Alors hop, j’ai enfin vécu la folie du Boxing Day.

Un ami à moi m’a raconté une anecdote hilarante, durant le temps des Fêtes.

Alors qu’il était en voiture avec son jeune enfant, celui-ci lui demande : « Papa, comment on fait ça les bébés ? »

Le père, un peu déboussolé par cette question inattendue, prend quelques secondes pour y réfléchir, puis il se dit : « Un jour ou l’autre, nous devrons avoir cette discussion et peut-être que c’est la vie qui m’envoie un signe ».

Tout en choisissant bien ses mots, le père explique donc en détail à son fils comment se produit le grand miracle de la vie, mais visiblement, le pauvre petit bonhomme est littéralement dégoûté.

Puis, une fois qu’il a terminé ses explications, le père demande à son fils pourquoi il a soudainement voulu savoir ça.

Et le jeune garçon de répondre : « Ben papa, je voulais juste savoir comment on faisait pour avoir un petit minou ».