Claude Giroux a servi une puissante mise en échec à Carl Hagelin en deuxième période lors du match numéro 6.

Fin en queue de poisson pour Giroux

CHRONIQUE - EN SÉRIES / Le scénario se répète, année après année. Des jeux individuels – qui se déroulent dans une fraction de seconde – changent le cours complet d’une série.

Le moment déterminant de la bataille de la Pennsylvanie est survenu dimanche après-midi, au milieu de la deuxième période du match numéro 6.

Claude Giroux a su profiter d’un moment d’égarement d’un adversaire. Derrière le filet des Penguins, il a complètement aplati un Carl Hagelin qui regardait ailleurs.

Sa mise en échec était à la limite de la légalité. Hagelin, qui venait de se débarrasser de la rondelle, pourra toujours se plaindre qu’il a été frappé une fraction de seconde trop tard.

À ce moment-là, les Flyers menaient par un but. La foule du Wells Fargo Center, qui adore le hockey robuste, s’est levée d’un trait.

Phil Kessel a essayé de venger son coéquipier. Il a pris le chemin du banc des pénalités, tout seul, parce que Giroux a gardé la tête froide.

Patrick Lalime a déclaré sur les ondes de TVA Sports que le capitaine des Flyers venait d’entrer sous la peau de ses adversaires.

Pour la première fois, on sentait réellement que les Flyers avaient une chance d’accéder à la deuxième ronde.

Le problème, c’est que les adversaires des Flyers ne sont pas nés de la dernière pluie.

Les Penguins se sont comportés comme une équipe mature. Toute l’expérience acquise lors des deux dernières années leur a servi. On pensait qu’ils risquaient de perdre la tête. C’est tout le contraire qui s’est produit. Ils ont marqué cinq buts consécutifs pour l’emporter.

Ils sont devenus la deuxième équipe de l’histoire de la LNH à remporter neuf séries d’affilée.

Dommage, quand même, pour Giroux. L’attaquant franco-ontarien a connu une saison tout simplement phénoménale.

Il a su répondre à tous ceux qui le croyaient sur la pente descendante. Il s’est maintenu toute l’année parmi les candidats au trophée Hart. Il a devancé Eric Lindros au cinquième rang du classement des meilleurs marqueurs de l’histoire des Flyers.

Malheureusement, pour lui, on porte souvent une plus grande attention aux athlètes lorsqu’ils affrontent leurs rivaux naturels dans des compétitions importantes.

Le hasard a voulu que le rival principal de Giroux soit le meilleur joueur de son époque.

Sidney Crosby sort de cette série de six matches avec six buts et 13 points. Il partageait lundi matin le premier rang du classement des meilleurs marqueurs de la LNH avec son jeune coéquipier Jake Guentzel.

Durant ses vacances, cet été, Giroux tentera d’oublier qu’il a conservé un différentiel de moins 10 dans la deuxième saison.

« C’est difficile de trouver des éléments positifs à retenir de cette série. Nous avons quand même affronté une grosse machine de hockey. L’expérience acquise nous servira plus tard », a-t-il raconté dans un point de presse qui ne passera pas à l’histoire.

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BEAU PRIX DE CONSOLATION
Le tirage donnant accès au premier choix du prochain repêchage aura lieu à la fin de la semaine. À Montréal, comme à Ottawa, on ne rêve qu’au prodige Rasmus Dahlin.

Les séries éliminatoires qui se déroulent sous nos yeux nous rappellent cependant que les gagnants du repêchage ne sont pas toujours ceux qui détiennent le tout premier choix.

En 2011, les Devils ont gagné le tirage, ce qui leur a permis de s’avancer jusqu’au quatrième rang. Ils en ont profité pour sélectionner le défenseur suédois Adam Larsson.

Les Oilers, détenteurs du premier choix, ont misé sur Ryan Nugent-Hopkins.

Au huitième rang, les Flyers ont hérité d’un centre québécois qui ne faisait pas l’unanimité.

Huit ans plus tard, Sean Couturier vient de connaître sa première saison de 30 buts. Il est reconnu comme un des meilleurs attaquants à caractère défensif au monde.

Sean Couturier

Il a été le meilleur joueur de son équipe, en séries, même s’il jouait sur un seul genou.

« Je ne pouvais pas me déplacer comme je voulais sur la patinoire. J’ai donc essayer de jouer de me placer aux bons endroits sur la glace. J’essayais de jouer de façon intelligente et d’économiser mon énergie », a dit celui qui a inscrit cinq points dans le match décisif.

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LES ADIEUX DU HAMBURGLAR?
Quelques joueurs des Sénateurs se sont rués vers les réseaux sociaux, vendredi. Chris Wideman et Mark Stone, entre autres, on placé des emojis-hamburgers sur Twitter, tandis qu’Andrew Hammond était en train de vaincre les puissants Predators.

Ils ont bien voulu croire que leur ancien coéquipier avait encore quelques miracles en réserve.

Andrew Hammond

Finalement, le Hamburglar n’a pas été capable de répéter ses exploits de 2015.

Dans ce qui pourrait bien s’avérer son dernier match en carrière dans la LNH, il a encaissé deux très mauvais buts, dimanche.

L’Avalanche n’a pas à rougir, au lendemain de son élimination.

« Plus la série avançait, plus on devait les respecter », a déclaré l’entraîneur-chef des Preds, Peter Laviolette, après les traditionnelles poignées de main.

L’Avalanche n’aura peut-être pas de place pour Hammond l’an prochain. Semyon Varlamov demeure sous contrat. Jonathan Bernier a très bien fait dans son rôle de numéro deux. La relève devant le filet semble bonne, au Colorado.

À 30 ans, après avoir éprouvé des ennuis de santé, on présume que le Burglar pourrait avoir envie de compléter sa carrière sur le continent européen.

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TOUTE L'ADMIRATION DE P.K.
La plus belle confrontation du premier tour ? Pendant six parties, P.K. Subban et Nathan MacKinnon se sont livré toute une bagarre. On retiendra entre autres ce coup de coude sournois de Subban à son rival dans le match numéro trois.

À la fin de la série, le défenseur des Preds a dit tout le bien qu’il pense du nouveau pilier de l’Avalanche. « Il commence à peine à sortir de sa coquille. Il est déjà très difficile de le contenir. Il va se retrouver au Temple de la renommée à la fin de sa carrière, c’est ma prédiction. En attendant, je lui souhaite de remporter le trophée qu’il mérite, celui du joueur le plus utile à son équipe, cette saison. »

P.K. Subban et Nathan MacKinnon