Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Les Sénateurs ont dévoilés leurs nouveaux uniformes mardi.
Les Sénateurs ont dévoilés leurs nouveaux uniformes mardi.

Enfin, un peu d’espoir

CHRONIQUE / «J’ai vraiment l’impression que c’est le début d’un chapitre nouveau pour notre organisation.»

Anthony LeBlanc, le président des opérations commerciales des Sénateurs, a fait cette déclaration en direct sur les ondes de CTV, sur l’heure du souper, mardi.

La soirée était encore jeune. Elle débutait à peine.

On l’avait invité au bulletin de nouvelles régionales pour présenter, en primeur, les uniformes que son équipe porteront à compter de la saison prochaine.

À ce moment-là, ça me semblait un peu prématuré.

Cinq heures plus tard, au moment d’éteindre mon ordinateur, j’ai étrangement le goût d’être... d’accord avec lui.

Pour la première fois depuis très longtemps, les fans d’Ottawa ont passé une belle soirée.

Une vraie belle soirée.

Ça commence avec les chandails. Ils étaient attendus depuis des années. Ils ont certainement passé le test des réseaux sociaux. La réaction est unanime. On les aime. Surtout les noirs.

Ce n’est pas un menu détail.

La fierté des partisans a été sérieusement ébranlée, au cours des trois dernières années. Il n’existe pas 1000 façons de remédier à la situation. Leur offrir un maillot qu’ils seront heureux de porter, c’est faire un grand pas dans la bonne direction.

La deuxième étape, c’était de voir un joueur de qualité porter le maillot.

C’est là que Tim Stützle est arrivé.

Beau bonhomme, il avait l’air frais comme une rose, quand les Sénateurs ont officialisé sa sélection. Il était pourtant 1 h 30 du matin, chez lui, en Allemagne.

Il était très élégant, avec sa chemise blanche et son noeud papillon noir. Il avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles, quand il a enfilé le chandail qu’on lui avait envoyé par courrier prioritaire.

Il a déjà choisi son numéro, en plus. Le 88. Bon choix. Un numéro de vedette.

«Je suis comme ça. J’aime sourire et je souris tout le temps», a-t-il expliqué, un peu plus tard, quand il s’est branché par visioconférence avec les journalistes de la capitale.

S’il est aussi charmant, chaque jour, et s’il est aussi talentueux qu’on le dit, la ville au grand complet finira par lui manger dans la main.

Les Sénateurs ont complété le tour du chapeau quand ils ont demandé à l’animateur de télévision Alex Trebek d’annoncer leur premier choix.

On l’a dit souvent, dans le passé. Les Sénateurs ont un problème d’image, entre autres, parce qu’ils n’ont pas de porte-parole fort et crédible pour s’adresser à la communauté.

Trebek est une grande vedette, partout, sur le continent nord-américain. Une rare personnalité que tout le monde semble apprécier. Il travaille en Californie, mais il demeure profondément attaché à Ottawa, la ville dans laquelle il a fait ses études universitaires.

Tout le monde semblait - agréablement - surpris de le voir apparaître à l’écran.

Un bon coup.

Les Sénateurs avaient besoin d’un centre numéro un, quand ils sont arrivés au repêchage.

On n’est pas certain qu’ils ont réglé ce problème. Pierre Dorion continue de patiner, quand on lui demande si son nouveau joueur allemand peut évoluer à cette position.

L’équipe a surtout besoin de l’entourer. Dorion aura une vingtaine de millions $US à dépenser, d’ici la semaine prochaine, pour atteindre le plancher salarial. Il aura le défi de trouver les bons joueurs qui pourront accompagner le jeune dans son développement.

De toutes façons, on n’a jamais dit que Tim Stützle réglerait tous les problèmes.

On dit que les Sénateurs ont fait un pas dans la bonne direction. Il y a encore beaucoup de chemin à faire.

***

Brady Tkachuk arborant le nouveau chandail des Sénateurs.

Brady Tkachuk a lui aussi dit quelque chose d’important, mardi.

En matinée, il était l’invité des animateurs du show du matin, sur les ondes de la station de radio TSN 1200.

«Je veux dire aux partisans... Tout le monde a droit à son opinion. Si vous n’aimez pas les joueurs que nous repêchons, je vous demande de penser aux jeunes hommes. Ils vivent la plus belle journée de leurs vies. Il faudrait respecter cela.»

Il faut comprendre le contexte. En 2018, quand les Sénateurs l’ont repêché au quatrième rang, les amateurs n’étaient pas contents. Certains comprenaient mal comment on pouvait miser sur un ailier en puissance, alors qu’un marqueur naturel comme Filip Zadina était toujours disponible.

À la radio, Tkachuk a cité Jake Sanderson en exemple. On aurait dit qu’il savait ce qui s’en venait.

Sanderson, un défenseur complet, robuste et défensif, n’était pas le joueur le plus «sexy» du repêchage.

«Moi, je vois un futur Ryan McDonagh, qui pourrait jouer un grand rôle dans nos succès futurs», a dit Tkachuk.

On n’a pas entendu les partisans se plaindre, quand Dorion l’a sélectionné.

Le message de Tkachuk a peut-être été entendu.

Ça aussi, ce serait une bonne nouvelle, dans le grand processus de reconstruction de l’équipe.

Ça pourrait ressembler à quelque chose comme l’éclosion d’un leader.