Mark Borowiecki n'hésite pas à donner de son temps aux Capital City Condors.

Enfin, le BoroCop est apprécié [VIDÉO]

CHRONIQUE / Ne me dites surtout pas que vous êtes surpris ! Ça fait des années qu’on vous le dit ! Des années qu’on vous casse les oreilles avec Mark Borowiecki.

Je vais l’écrire, une fois de plus, en utilisant le moins de mots possible.

Borowiecki est un être humain d’exception.

On a vite compris qu’il se passait quelque chose de spécial, il y a une dizaine d’années, quand ce choix de cinquième ronde a gagné le cœur de tous les entraîneurs de l’organisation dans un temps record.

Le jeune BoroCop n’avait pas assez de talent pour atteindre la Ligue nationale. Mais avec son acharnement et son ardeur au travail, il se donnait une chance.

Après trois années à Binghamton, il a fini par se faire une place à Ottawa.

Mark Borowiecki

La partie n’était pas encore gagnée. Il allait vite devenir la tête de Turc de plusieurs partisans, pour qui ses défauts étaient bien plus importants que ses qualités. Ces partisans lui reprochaient, essentiellement, de ne pas assez ressembler à Erik Karlsson.

Dans ce contexte, Borowiecki n’a rien changé. Il a décidé de continuer à tout faire avec une franchise presque désarmante. Il a tourné le dos aux réseaux sociaux et aux inconnus qui lui lançaient des tomates. Il s’est plutôt efforcé de développer de bonnes relations dans le « vrai » monde. Il a gagné le respect des gens des médias, en se rendant toujours disponible. Beau temps, mauvais temps. Dans la victoire comme dans la défaite.

Les membres du « fan-club virtuel » de Borowiecki ont souvent reproché aux journalistes de faire preuve de complaisance. Ces partisans étaient incapables de mesurer sa véritable valeur, sur la patinoire. Ils auraient voulu qu’on le chasse de la capitale à grands coups de reportages assassins.

Ces partisans ne semblaient pas particulièrement émus par ses efforts déployés à l’extérieur de la patinoire, non plus. Borowiecki a pris l’habitude de faire visiter le vestiaire des Sénateurs après chaque match disputé au Centre Canadian Tire. Il a pris la relève de son ami Kyle Turris en devenant capitaine honoraire des Capital City Condors, une équipe de hockey réunissant des jeunes athlètes aux besoins spéciaux.

Les partisans des Sénateurs ont salué bien timidement sa participation aux défilés du mouvement Fierté dans la capitale, durant la dernière année.

On a curieusement senti que les choses commençaient à changer, la semaine dernière, lorsqu’il s’est publiquement prononcé en faveur d’une politique plus inclusive dans le hockey professionnel.

« Si on veut que notre sport continue de gagner en popularité, il faut que tout le monde ait envie de participer », a-t-il simplement déclaré.

Borowiecki est soudainement devenu un héros, dans les dernières heures, quand il a décidé de stopper un cambrioleur dans les rues de Vancouver.

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Un être humain normal aurait observé la scène sans intervenir. On présume que certains auraient appelé à la police.

Borowiecki a choisi de ralentir l’élan du filou en lui servant un coup de la corde à linge. Il s’est ensuite chargé de retenir le type au sol assez longtemps pour récupérer le sac à dos qu’il avait pris.

Il a fait tout cela pour un sac à dos.

Borowiecki est un être humain d’exception. Je vous le dis.

« J’étais juste à la bonne place, au bon moment », a-t-il indiqué, mardi.

L’équipe de production multimédia des Sénateurs a produit une vidéo humoristique dans laquelle on voit Borowiecki en Robocop. En l’espace de quelques heures, 150 000 personnes l’ont regardée.

On le traite comme un héros.

On l’apprécie, enfin, pour tout ce qu’il apporte à l’équipe.

Il n’est pas trop tôt. Il n’est pas trop tard, non plus.

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On a beaucoup parlé de Jean-Gabriel Pageau, en novembre. Borowiecki se trouve dans la même situation. Il écoule la dernière année de son contrat. Le mouvement jeunesse chez les Sénateurs pourrait le pousser vers la porte.

Les Sénateurs ne manquent pas de talent, du côté gauche, en défensive. Derrière Thomas Chabot, il y a Erik Brännström, Maxime Lajoie, Christian Wolanin...

Les Sénateurs pourraient décider de laisser partir le défenseur robuste qui approche la trentaine. Ça se comprendrait.

Au moins, avant de partir, il aura gagné le respect et l’admiration des supporters.