Daniel Taylor

Du bon et du (très) mauvais

On a dit plein de choses intéressantes, dans les deux dernières journées, dans les rencontres de discussion entre Eugene Melnyk, Pierre Dorion et les détenteurs de billets de saison des Sénateurs.

Durant la séance de mercredi matin, par exemple, le directeur général a indiqué qu’on réfléchit présentement à des façons d’honorer la mémoire de Jonathan Pitre. On pourrait, par exemple, décerner chaque année un trophée qui porterait son nom à un joueur des Sénateurs.

C’est une super idée.

La réduction annoncée des tarifs de stationnement est bien reçue. C’est normal. Marcher pendant cinq longues minutes dans un froid sibérien, après avoir déboursé entre 20 et 30 $ pour avoir le droit de garer sa voiture, c’est assez pour décourager les fans frileux de passer une soirée à Kanata.

Le président et propriétaire a dit que les toiles qui recouvraient 1500 sièges, dans les gradins au niveau 300 du Centre Canadian Tire, seront retirées. Il en a profité pour ajouter que d’importants travaux de rénovation suivront. On compte aménager d’autres sections de type « bistro » où les partisans pourront suivre le match, debouts.

M. Melnyk dit qu’un grand nombre de jeunes adultes qui ne s’intéressent pas tant au hockey visitent chaque année son amphithéâtre. Les matches des Sénateurs deviennent, en quelque sorte, un beau prétexte pour passer une soirée entre amis.

Bon. C’est peut-être un peu condescendant envers les milléniaux, qui connaissent le sport et qui s’y intéressent autant que les plus vieux. C’est quand même réconfortant de préparer l’avenir en s’intéressant à la nouvelle génération.

La promesse d’améliorer l’expérience lors des soirées de match, en s’inspirant de ce qui se fait à Vegas avec les Golden Knights et à Toronto pour les Raptors, est aussi intéressante. Tout à fait d’accord avec M. Melnyk, quand il dit qu’il y a beaucoup de travail à faire avant de rattraper les leaders de l’industrie du sport-spectacle.

L’exercice aura également permis à l’homme d’affaires torontois d’exprimer clairement son appréciation des médias de la région d’Ottawa-Gatineau.

M. Melnyk avait commencé à cracher son fiel, mardi soir. Il y était allé doucement. Les journalistes ont mal interprété ses propos, en décembre, quand il a brandi la menace d’un déménagement sur la colline du Parlement.

Une douzaine de journalistes étaient sur place pour l’écouter.

Mercredi, durant des rencontres fermées auxquelles les médias n’avaient pas accès, il s’en est donné à cœur-joie.

« Je consultais récemment les résultats des sondages que nous avons commandé auprès de certains d’entre-vous. Je lisais ensuite certains reportages. J’avais l’impression que les journalistes parlaient d’une équipe différente qui évolue dans une autre ville. Sincèrement, je ne sais pas trop ce qui leur passe par la tête », peut-on entendre, dans un document audio laissé sur Internet par un partisan.

« À compter de maintenant, je laisserai à Pierre le mandat de parler aux journalistes sportifs. Ces journalistes devraient parler de sport, mais ils essaient de s’intéresser à la façon dont nous gérons nos affaires. Je suis fatigué d’essayer de les éduquer sur le côté “business” du hockey. Je m’adresserai aux fans à travers nos réseaux sociaux et notre propre chaîne de télévision, Sens TV. Éventuellement, les journalistes intelligents finiront par nous revenir. Parce que certains d’entre-eux sont très bons. Certains sont toujours négatifs. J’imagine que ça leur permet de garder leurs emplois. On va les laisser japper en leur souhaitant bonne chance. »

Je ne sais pas trop si je fais partie des « intelligents » ou des « négatifs ». Je ne sais même pas si M. Melnyk me connaît suffisamment bien pour me placer dans un des deux camps.

En attendant, je répondrai que je n’ai pas de problème à travailler avec Dorion. Au contraire. Le DG répond toujours à mes questions. Même quand j’écris des trucs qui ne lui plaisent pas.

Je ne sais pas à quel point c’est pertinent, mais je me permettrai d’ajouter que j’ai toujours maintenu des relations cordiales et respectueuses avec Randy Lee, Bryan et Tim Murray, Daniel Alfredsson, Cyril Leeder et les sept différents entraîneurs-chefs que j’ai connus depuis que je couvre les Sénateurs.

Tous ces gens, sans exception, comprennent le rôle que jouent les médias dans la communauté.