Le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, a hésité à payer la cotisation annuelle de sa municipalité pour 2019 à l'AFMO.

Donner une chance à l’AFMO

CHRONIQUE / Les temps sont durs pour l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). L’organisme qui fête son 30e anniversaire cette année navigue plus que jamais en eaux troubles. À la dette contractée pendant les dernières années s’ajoute maintenant la défiance de ses membres.

Dernier épisode en date : les hésitations de la municipalité de Clarence-Rockland dans l’Est ontarien à payer sa cotisation annuelle pour 2019. En substance, le maire Guy Desjardins prévient qu’il donnera, mais à la condition sine qua non que l’AFMO améliore son service.

Son homologue François St-Amour de la municipalité voisine de La Nation n’a pas eu la même patience. #ONfr révélait vendredi dernier que la Ville s’était retirée sans bruit de l’AFMO au cours des derniers mois. Du côté de Casselman, le paiement pour 2019 n’avait pas non plus été effectué. Un fait ignoré par le maire Daniel Lafleur – en fonction seulement depuis décembre – qui promet de passer à la caisse.

Deux points tout de même dommageables dans cette bisbille entre les municipalités et l’AFMO. D’une, on parle bien ici de villes composées à plus de 60 % de francophones. Un chiffe aux alentours de 80 % dans le cas de Casselman.

Mais surtout, ne plus payer la cotisation annuelle de l’AFMO ne représente pas une économie drastique, tout au plus quelques centaines de dollars dans le budget des municipalités, voire au mieux une somme à quatre chiffres. Cette cotisation est calculée en proportion du nombre de résidents.

Les arguments des municipalités, si l’on en croit Clarence-Rockland et La Nation, se rejoignent. L’AFMO n’offre pas ce qu’elle devrait tant en quantité qu’en qualité : un soutien technique pour la traduction de documents municipaux, des tarifs préférentiels sur les services de traduction ou encore, de la formation en français pour les élus.

Si les maires sont en droit d’exiger plus, n’oublions pas qu’affaiblir l’Association française des municipalités de l’Ontario, c’est alimenter un cercle vicieux. Faute de subventions provinciales, la dette contractée peine à être épongée. Il n’y a désormais plus de bureaux ni d’employés à temps plein pour assurer les rênes d’un organisme créé… par Gisèle Lalonde.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.