Certains continueront de faire à leur tête et de se croire invincibles et inoffensifs. Comme certains «vieux boqués» d’ailleurs qui ne répondront pas davantage aux messages lancés par Béatrice Picard, Michel Louvain, Dominique Michel (photo) et Bernard Derome.

Dodo et Cœur de pirate, même combat

CHRONIQUE / C’est la guerre au coronavirus qu’il faut mener. Pas une guerre des générations, de «p’tits vieux» contre de «p’tits jeunes». Ne nous trompons pas d’ennemi. Dodo, Coeur de pirate, Louvain, Derome, Cormier, Marie-Mai, Koriass, FouKi, même combat

Le nombrilisme ou le je-m’en-foutisme, ce n’est pas un mal qui affecte seulement et tous les Québécois de 70 ans et plus. 

D’ailleurs, si les baby-boomers étaient si égoïstes, les organismes qui viennent en aide aux démunis ne seraient pas totalement désorganisés par manque de bénévoles en ce temps de pandémie.

On ne le réalise pas toujours, mais la vie des boomers ne se limite pas à aller au centre d’achats, à boire des cafés au Tim Hortons et à glisser sur les trottoirs glacés. Certains rendent bénévolement et à longueur d’année des services bien précieux à des plus jeunes qu’eux et à des personnes vulnérables de tous âges.

Des citoyens qui ne pensent qu’à leur petite personne et qui ne se soucient pas de l’impact de leur comportement sur les autres, il y en a dans toutes les strates d’âge. En période de pandémie comme en «temps normal».

Si le premier ministre François Legault et le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, ont jugé nécessaire en début de semaine de faire appel aux artistes et aux influenceurs pour rappeler les consignes de sécurité et d’hygiène aux jeunes, c’est forcément parce que certains d’entre eux avaient les yeux rivés sur leur nombril et se foutaient pas mal de ce qui pouvait arriver à leur sœur de 15 ans, leur cousin de 30, leur mère de 55 ou leur papi de 82 ans.

Et même si Coeur de pirate, Louis-Jean Cormier, Alaclair Ensemble ont formulé un message pour conscientiser les jeunes, il n’est évidemment pas assuré que tous obéiront, observeront une distance d’un mètre avec leur ami et cesseront de faire des partys, de tousser dans leur main et de partager la même bouteille de bière.

Certains continueront de faire à leur tête et de se croire invincibles et inoffensifs. 

Comme certains «vieux boqués» d’ailleurs qui ne répondront pas davantage aux messages lancés par Béatrice Picard, Michel Louvain, Dominique Michel et Bernard Derome 

Que le chanteur de la Dame en bleu leur dise de rester à la maison, qu’il les embrasse et pense à eux, ou que l’ancien chef d’antenne Bernard Derome termine son message avec son plus beau sourire ne convaincra pas tous les 70 ans et plus d’être bien sages et de ne pas sortir pour un café ou faire un peu d’épicerie. 

Les «vieux», pas plus que les «jeunes», ne forment un bloc monolithique qui réagit toujours de la même manière et partage les mêmes valeurs, la même vision du monde. 

Dans sa chanson La quarantaine composée pour rejoindre les jeunes, Émile Bilodeau glisse aussi un message aux «gens vieillissants». 

L’auteur-compositeur-interprète convient que les jeunes doivent faire des efforts de «leur bord». 

Mais, il souligne aussi que «quand tout ça sera fini, quand on aura épargné vos vies, j’espère que vous aurez envie de parler d’écologie».

Lorsque la guerre à la COVID-19 sera gagnée et derrière nous, il faudra en effet parler d’écologie et reprendre la lutte aux changements climatiques. 

Dans ce cas aussi, la mobilisation sera préférable à la division et au chacun pour soi.