Au moment de prendre son stylo le 2 juillet dernier, Carol Jolin ne se doutait pas qu’une simple signature ferait couler autant d’encre.

Division et confusion dans la francophonie

CHRONIQUE / Au moment de prendre son stylo le 2 juillet dernier, Carol Jolin ne se doutait pas qu’une simple signature ferait couler autant d’encre. Les interrogations sur le protocole d’entente entre son association, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), et le groupe représentant les anglophones au Québec ne se sont pas dissipées. Au contraire.

Geste courageux et nécessaire pour les uns, mauvais calcul et folie pour les autres, cette alliance de l’AFO avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) mais surtout l’organisme porte-parole des Anglo-Québécois, le Quebec Community Groups Network (QCGN), ne passe vraiment pas. 

Le but est a priori noble : l’avancement et la protection des droits linguistiques.

L’avenir dira si l’AFO, aidée par le QCGN, réussira à obtenir le respect du français au sein de la fonction publique ou encore une Loi sur les langues officielles qui a enfin des dents. 

Mais l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens a d’ores et déjà obtenu une chose : la division des francophones à l’échelle du pays.

Qui sème le vent récolte la tempête pourrait-on dire. 

Sur le fond, le débat est légitime et nécessaire. 

Sur la forme, l’AFO cultive la confusion.

D’une part, en affirmant comme si de rien n’était le 2 juillet que les trois organismes concernés par l’entente représentaient « 90 % des communautés de langue officielle en situation minoritaire au pays », l’AFO a lancé une bombe à retardement.

La semaine dernière, la réaction de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) déclarant que la sortie de l’AFO « compromet la légitimité des revendications, rabaisse le travail et déprécie la reconnaissance » est en ce sens compréhensible pour beaucoup d’observateurs.

Par ailleurs, il semble que l’organisme dirigé par Carol Jolin a bien contourné avec cette annonce l’organisme mère, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). 

D’autres affirment que cette dernière était au courant de la démarche de l’AFO. 

Peut-être. 

Mais l’absence de signature puis le silence de la FCFA depuis plusieurs jours dans cette saga en dit très long.

Dans un monde parallèle, peut-on imaginer quelques ACFO régionales organiser une conférence contre le gouvernement Ford, en mettant l’AFO de côté ? 

La pilule passerait mal.

> Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.