Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk estime que les Sénateurs remporteront la coupe Stanley d'ici quatre ans.
Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk estime que les Sénateurs remporteront la coupe Stanley d'ici quatre ans.

Des spectateurs à Kanata en février?

CHRONIQUE — Eugene Melnyk a refait surface, après plusieurs mois de silence.

Ça tombe bien. On se posait justement des questions. On se demandait comment son équipe de hockey se débrouillait, en cette difficile période.

On s’inquiétait, même, un peu.

Les Sénateurs d’Ottawa n’avaient pas l’air de rouler sur l’or. Ils avaient réduit leur masse salariale. Ils avaient du mal à vendre des billets.

Et ça, c’était avant l’arrivée de la COVID-19, qui s’est attaquée sauvagement à toute l’industrie du sport-spectacle.

On se faisait du sang de cochon pour rien.

Les Sénateurs se portent bien.

C’est ce que M. Melnyk dit, en tous cas.

Le propriétaire des Sénateurs – qui demeure le principal porte-parole de l’organisation – a discuté avec un journaliste. Il continue de bouder ceux d’Ottawa. Il s’est donc tourné vers une publication nationale, le Financial Post.

Il a dit des choses qui méritent d’être répétées.

Il s’attend par exemple à ce que les spectateurs soient admis dans des amphithéâtres sportifs à compter du mois de février 2021.

Il s’agirait d’un retour progressif. Par exemple, pour un match de la Ligue nationale de hockey au Centre Canadian Tire, 6000 personnes seraient alors admises. Les spectateurs seraient regroupés par bulles familiales. Des rangées entières de sièges seraient inoccupées, de façon à favoriser la distanciation sociale.

M. Melnyk croit que les Sénateurs n’auraient pas de mal à traverser la crise, en vendant 6000 billets par match.

Il ne perd pas d’argent, jure-t-il. Les Sénateurs ont des réserves financières.

Les choses n’ont pas changé au cours des trois dernières années. Il n’a pas l’intention de vendre son club de hockey.

Bien... Les choses ont peut-être un peu changé au fil des ans. En décembre 2017, il s’est mis la communauté à dos en affirmant qu’il quitterait la capitale, avec son club de hockey, si les choses s’empiraient.

En ce moment, il semble bel et bien décidé à brasser des affaires dans le coin. Il a expliqué au Financial Post qu’il veut construire un nouvel aréna dans les cinq prochaines années, sans avoir besoin de fonds publics.

On ne sait pas trop où se trouverait cet aréna, par contre. En février 2019, dans un communiqué, les Sénateurs ont annoncé qu’ils se lançaient à la recherche de sites, au coeur de la ville, à développer. Ils n’avaient pas donné de nouvelles à ce sujet, depuis.

À la même époque, la direction avait aussi annoncé l’embauche imminente d’un président de la direction des opérations hockey, pour conseiller le directeur général Pierre Dorion.

Cette embauche n’a jamais été officialisée. On dirait que je suis le seul à me souvenir de cette belle promesse qui n’a jamais été remplie.

M. Melnyk a fait une promesse toute neuve, durant son entrevue avec le Financial Post. Il a dit que les Sénateurs vont remporter la coupe Stanley très prochainement.

Dans les quatre prochaines années, selon ses estimations.

C’est là qu’on se dit que le proprio des Sénateurs demeure, avant tout, un beau parleur. Un rêveur qui a tendance à s’emporter et à voir les choses plus belles qu’elles sont en réalité.

Les Sénateurs ne sont pas sortis du bois.

Ils ont peut-être trouvé un chemin. Mais rien n’indique que ce chemin les mènera là où ils veulent aller.

••••

La question du leadership demeure entière.

Pour progresser, pour effectuer un premier pas vers un éventuel championnat, les Sénateurs auront besoin de leaders inspirants.

Si la saison 2020-21 débutait vraiment en février, on ne sait pas vers qui les jeunes espoirs de l’organisation se tourneraient, s’ils avaient besoin de conseils.

Pierre Dorion vient d’ajouter à sa formation deux bons diables qui ont du vécu. Erik Gudbranson et Matt Murray ne vont certainement pas nuire à l’effort de reconstruction. Dans les équipes où ils ont évolué, auparavant, ils n’ont cependant jamais eu à remplir des mandats aussi importants.

Les Sénateurs ont besoin de leadership. Dorion pourrait commencer par s’occuper des joueurs qui font déjà partie de son écurie.

Quatre joueurs ont ressenti le besoin de remplir la paperasse en prévision de l’arbitrage salarial, puisque leurs négociations ne progressaient pas assez rapidement.

Ce n’est pas trop encourageant.

Surtout que deux d’entre eux, Nick Paul et Christian Jaros, sont des jeunes joueurs qui cherchent encore à trouver leur place dans la LNH.

Paul a réussi à s’entendre avec l’équipe, mercredi, et c’est très bien.

Connor Brown ne s'est toujours pas entendu avec les Sénateurs.

Il reste Connor Brown, maintenant.

Brown est un bon joueur. Il est arrivé à Ottawa dans une situation pas évidente, l’an dernier. Il a passé l’hiver à travailler, sans se plaindre.

Pour le bien de l’organisation, il doit continuer à faire partie du portrait. Pour plus d’une saison.

Brown mérite un contrat à plus long terme.