Les partisans des Jets de Winnipeg en ont pour leur argent depuis le début des séries.

Des partisans enfin récompensés

CHRONIQUE / Les partisans de longue date des Jets connaissent trop bien la signification des mots « souffrance » et « déception ».

Serge Balcaen conserve de beaux souvenirs de la première incarnation de l’équipe, dans les années 1980 et 1990. « Mon père avait des billets de saison au Winnipeg Arena. Le premier match dont je me souviens, c’est celui où nous avons gagné la Coupe Avco pour la dernière fois », raconte ce fan franco-manitobain, qui est originaire de Saint-Boniface.

Les Jets ont remporté leur troisième et dernier championnat dans l’Association mondiale en 1979.

Les deux décennies qui ont suivi ont été pas mal moins glorieuses.

Dans la Ligue nationale, les anciens Jets ont joué 17 saisons. Ils ont raté les séries éliminatoires à six occasions. Ils ont réussi à se qualifier 11 fois, pour se faire sortir au premier tour à 10 occasions.

« Je me souviens d’un autre match où j’étais, durant les séries. Une grosse victoire qui nous avait permis de prendre les devants 3-1 contre les Oilers. Il nous manquait une seule victoire pour les éliminer, mais nous avons perdu les trois parties suivantes. Les Oilers ont gagné la coupe, cette année-là. Je crois bien que c’est la fois où mon cœur a été le plus brisé » raconte-t-il.

C’était en 1990.

M. Balcaen se reprend rapidement. Un an plus tôt, en 1989, ses Jets ont subi l’élimination contre l’autre équipe de l’Alberta.

« On avait une bonne équipe, mais Dale Hawerchuk était blessé. Il avait essayé de jouer quand même, mais ça ne servait à rien. Il avait des côtes fracturées, il n’arrivait pas à respirer. Les Flames ont gagné la coupe, cette année-là. J’ai eu mal. »

Tout ça, c’est du passé. Les nouveaux Jets sont en deuxième ronde. Ils ont même réussi à prendre les commandes en gagnant le match numéro trois, contre les Predators.

On oublie vite le passé quand le présent et l’avenir sont aussi radieux.

« On perdait par trois buts dans le match numéro trois. Je trouvais que la foule était un peu plus silencieuse que d’habitude. Nous étions plus silencieux, mais nous n’avons pas perdu espoir. Ce que nos Jets nous ont démontré, cette année, c’est que le match n’est jamais fini avant la sirène », raconte un autre partisan francophone, Roland Maître.

Ce dynamique enseignant a suivi le match de mardi soir avec une poignée d’amis, dans le confort de sa demeure. Jeudi, ce sera différent. Il mettra le cap sur le centre-ville, pour suivre le match numéro quatre dans une mer de partisans.

« Les gens de l’extérieur ne voient que ces images. Ils ne peuvent pas comprendre à quel point la ville vit pour le hockey, en ce moment. Tout le monde porte du blanc, tout le temps. Même lors des jours où il n’y a pas de match, on croise, tout partout, des partisans qui portent leurs chandails. »

Les vieux partisans des Jets savourent le moment, mais ils ne peuvent se laisser aller complètement. Serge Balcaen n’est pas heureux de voir son équipe affronter un adversaire aussi redoutable en deuxième ronde.

« À quoi ça sert de connaître une aussi bonne saison régulière si ça nous pousse à jouer contre la meilleure équipe de l’Association Ouest en deuxième ronde ? »

« C’est un peu comme dans le temps où on avait de bonnes équipes, mais qu’il fallait tout le temps jouer contre Gretzky et Messier », déplore-t-il.

« À mon avis, nous n’assistons pas à une duel entre les deux équipes de l’Ouest. Ce sont les deux meilleures équipes de toute la ligue », intervient Roland Maître.

Les fans de longue date disposent de nouveaux outils, de nos jours, pour garder la tête haute quand ils sont confrontés aux meilleurs.

« Les statistiques avancées nous donnent l’avantage dans presque tous les domaines, précise-t-il. On y croit. »

En noir et blanc

Il s’agit, sans aucun doute, de la plus grosse tempête à être déclenchée dans un verre d’eau depuis le début des séries de la coupe Stanley.

Les partisans qui remplissent le Bell MTS Place portent du blanc. Mardi, du début à la fin de la soirée, ils ont hué copieusement P.K. Subban, qui est noir.

Quelqu’un, quelque part, a crié au racisme.

Ça n’ira sans doute pas plus loin.

Le columnist du Winnipeg Free Press, Paul Wiecek, s’est empressé de rappeler à tous que Dustin Byfuglien — un défenseur afro-américain — figure parmi les favoris des partisans des Jets.

Il a noté, dans sa chronique publiée mercredi matin, que Subban est un des trois finalistes pour l’obtention du trophée Norris.

Les partisans des Jets ont l’habitude de huer Sidney Crosby et Alex Ovechkin. Ça n’a rien à voir avec la couleur de leur peau.

Wingels en renfort

Tommy Wingels est un homme relativement chanceux.

Le printemps dernier, il a eu la chance de se joindre aux Sénateurs à quelques semaines du début de séries.

Cette saison, après avoir commencé à la saison à Chicago, il s’est retrouvé à Boston. Il obtient donc une autre opportunité d’inscrire son nom sur la coupe.

À lui de prouver qu’il mérite cette opportunité.

L’an dernier, parce qu’il ne s’est pas vraiment démarqué, Wingels a participé à seulement neuf des 19 matches des séries des Sénateurs.

Cette saison, pour les mêmes raisons, il a été utilisé dans seulement trois des neuf premiers matches des Bruins.

Il en a disputé un quatrième, mercredi.

Du baseball pour 10 dollars

Les Nationals de Washington accueillent les Pirates de Pittsburgh, cette semaine. On peut se procurer des billets tout près du terrain au prix spécial de 10,57 $US, en ligne, en tapant le code « NOGOAL » sur le site Internet de l’équipe.

On fait référence, bien sûr, au but qui a été refusé à Patric Hornqvist dans le match numéro deux de la série entre les Capitals et les Penguins.

Cette histoire nous a permis de nous rendre compte que les choses n’ont pas complètement changé. Comme à l’époque des Expos, les Nationals doivent parfois miser sur des promotions très agressives pour remplir leur stade.