Avec la campagne #MelnykOut, les amateurs de hockey de partout au pays savent que les fans des Sénateurs en ont ras le pompom. D’ailleurs, mardi soir lors du match face aux Panthers, les bancs vides étaient légion.

Des panneaux... qu’ossa donne ?

CHRONIQUE / Je dois être franc. Au départ, j’étais un tantinet sceptique. J’avais l’impression que toute cette histoire de panneaux publicitaires ne mènerait à rien.

Ce n’est pas tant la cause. Ça, je comprends. Des partisans sont choqués. Ils méritent d’être mieux traités par la direction des Sénateurs. Ils font bien de s’exprimer.

Le socio-financement, aussi, c’est dans l’air du temps. On dirait qu’il est impossible de lancer un projet, ces jours-ci, sans d’abord passer le chapeau afin d’amasser des fonds.

D’ailleurs, le printemps est à nos portes et je songe à me rallier. Je serai obligé de repeinturer mon patio et, probablement, ma clôture au grand complet. Je songe sérieusement à passer par GoFundMe pour amasser les 700 $ qui me permettront d’embaucher l’étudiant qui fera le travail à ma place.

J’estime que mes chances de réussite sont d’environ 60 %.

Bon. Déjà, je m’égare.

En fait, j’avais des doutes quant à la stratégie de communication adoptée par les leaders de la campagne #MelnykOut. À l’ère où à peu près tous les courants passent par les réseaux sociaux, ils privilégiaient la méthode la plus ancienne. Ils avaient décidé d’investir des sommes considérables pour louer des panneaux qui seront vus uniquement par les automobilistes qui circulent sur des artères secondaires de la capitale.

Il faut croire que les méthodes anciennes sont toujours efficaces.

Les panneaux #MelnykOut ont été installés lundi matin. Rapidement, on les a photographiés. Les clichés ont circulé abondamment en ligne. Assez pour capter l’attention des médias traditionnels. On ne parle pas uniquement, ici, des quotidiens et des bulletins de nouvelles régionaux d’Ottawa-Gatineau. Dans les heures qui ont suivi, j’ai reçu des coups de fil de stations de radio, tant à Montréal qu’à Québec, qui voulaient me parler de cette histoire. Les instigateurs du projet ont été appelés à organiser une conférence de presse improvisée. Des images de l’événement ont été diffusées, plus tard, sur les ondes de TSN.

Si l’objectif était de faire parler d’eux, c’est visiblement réussi.

Les amateurs de hockey d’un bout à l’autre du pays comprennent maintenant que, dans la capitale, certains fans des Sénateurs en ont ras le pompon.

Reste à voir ce que les partisans indignés feront avec tout cela.

Le reste du plan n’est pas très clair.

On ne peut pas dire qu’on a senti un effet d’entraînement, dans les heures qui ont suivi.

La direction des Sénateurs a convoqué les détenteurs d’abonnements de saison à une conférence téléphonique. Le directeur général Pierre Dorion répondra à leurs questions, vendredi matin.

Remarquez, c’était peut-être prévu depuis un certain temps.

Mardi soir, durant le match contre les Panthers, c’était comme d’habitude. Une petite foule, une foule bien tranquille.

On a cherché, en vain, des partisans qui portaient des écriteaux, des t-shirts ou n’importe quoi d’autre frappés du mot-clic #MelnykOut. Je n’ai rien vu.

Un fan bien motivé pourrait bien, un de ces jours, se mettre à scander un slogan anti-Melnyk dans les gradins. Sauf erreur, ça ne s’est toujours pas produit.

Déjà, on entend les cyniques se manifester. Ceux-là nous disent que les partisans qui sont derrière ce mouvement représentent une minorité de fans des Sénateurs.

Pour les autres, la situation actuelle serait parfaitement acceptable.

J’en parlais avec Jacob Barrette, un fan gatinois bien actif dans les réseaux sociaux. Sa réaction m’a quand même donné à réfléchir.

« Admettons, un instant, que nous représentons une minorité de partisans. Nous pourrions représenter 20 % des fans des Sénateurs. L’organisation a-t-elle les moyens de se passer de cette minorité, l’automne prochain ? »

« Le marché d’Ottawa n’est pas énorme. Il n’existe pas depuis très longtemps, non plus. S’il fallait que les amateurs de ma génération se désintéressent, les conséquences à long terme pourraient être plus sérieuses qu’on pense. »

Ce n’est pas fou.