Le président du RESDAC, Donald Desroches

Des organismes qui souffrent

CHRONIQUE / L’acronyme ne dit pas grand-chose pour bon nombre de francophones. Le RESDAC, mieux connu comme le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences, vit pourtant des temps extrêmement difficiles, laissant présager le pire.

Il y a quelques semaines encore, avant de ne plus pouvoir payer sa contribution, l’organisme était encore membre de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). Un cercle assez fermé des gros organismes en milieu minoritaire où l’on retrouve par exemple l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Pour la première fois depuis des décennies, l’un de ces gros joueurs pourrait donc disparaître. Car depuis le 31 octobre, le RESDAC n’a officiellement plus d’employés ni de locaux. Une nouvelle étape sombre pour l’organisme dont le financement fédéral, jusque-là distribué par l’intermédiaire du ministère Emploi et Développement social Canada, a été supprimé en 2014. Les réserves sont aujourd’hui épuisées.

Pourquoi donc une situation si critique? 

En vérité, les organismes pancanadiens, et même les organismes provinciaux, sont souvent des porte-voix d’une multitude d’organismes. Ce rôle de «parapluie» les oblige à multiplier les déplacements et les ressources sur le terrain pour satisfaire les demandes.

Dans ces conditions, la somme de 150 000 $ exigée annuellement par le RESDAC pour survivre est même une peau de chagrin. Pour les plus nantis à l’instar de l’AFO, dont la subvention de base approche les 700 000 $, il faut bien souvent rivaliser d’ingéniosité pour chercher des fonds additionnels… au risque de devoir se passer de personnel.

Sans compter que les disparités géographiques obligent à revoir la donne. Le coût de la vie en Alberta ou en Colombie-Britannique n’est pas celui des Maritimes. Et dans ces mêmes provinces de l’Ouest, l’arrivée prochaine d’un salaire minimum à 15 $ de l’heure représente un mauvais signal pour la direction des organismes.

La semaine dernière, la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique se fendait elle aussi d’un communiqué dans lequel elle faisait mention d’un «contexte d’urgence et de détresse».

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.