Doug Ford, premier ministre ontarien

Des mois cruciaux pour les francophones

CHRONIQUE / À quelques jours près, l’énoncé économique présenté la semaine dernière correspondait avec le premier anniversaire du « jeudi noir ». À la lecture du document d’une centaine de pages, on a compris que pour les Franco-Ontariens, un seul et même mot dominait : le statu quo.

Les références aux francophones se sont limitées aux confirmations du protocole d’entente avec le gouvernement fédéral pour l’Université de l’Ontario français (UOF), du Programme d’appui à la francophonie ontarienne, et des déclarations de bonne volonté à la promotion de la culture. Du réchauffé ni plus ni moins.

Trois sentiments se dégagent pour les francophones. D’abord le soulagement. Ce deuxième énoncé économique – une sorte de mise à jour des comptes provinciaux entre les budgets du printemps – n’a rien à voir avec celui catastrophique de l’an passé. On se souvient de l’annulation provisoire du projet de l’UOF et de la suppression du poste du commissaire aux services en français.

Il y a aussi une certaine frustration. En comparaison au 15 novembre 2018, les Franco-Ontariens s’en sortent bien, mais ne sont pas plus avancés. L’énoncé économique ne comporte aucune mention à la modernisation de la Loi sur les services en français, ou d’un retour à l’indépendance du commissaire. Pas de bonbon en somme significatif.

Pour certains, il y a aussi une satisfaction. Il est faux de dire que tous les organismes francophones n’y trouvent pas leur compte avec le gouvernement de Doug Ford. « L’orientation politique est intéressante. La francophonie n’est pas folklorisée, mais liée au développement économique », faisait-on savoir du côté du Conseil de la coopération de l’Ontario à la lecture de l’énoncé.

La Société économique de l’Ontario s’aligne aussi en partie sur cette idéologie « pro-business » du gouvernement progressiste-conservateur.

Reste que ce deuxième énoncé économique des troupes de Doug Ford n’entrera jamais dans l’histoire. L’essentiel est peut-être même à venir, tant les prochains moins seront cruciaux pour les francophones.

D’une, il va s’agir maintenant de convaincre Caroline Mulroney de l’utilité de moderniser une Loi sur les services en français vieille de 30 ans. Jusqu’à maintenant, la ministre des Affaires francophones s’est contentée d’écouter les recommandations, sans se prononcer.