Denis Gratton

La maman de Montfort

CHRONIQUE / Léo Côté n’allait pas rater l’événement pour tout l’or du monde. On inaugurait un tout nouvel hôpital à deux pas de chez lui. À deux pas de la terre que ce cultivateur exploitait sur la rue Church, à Vanier.

Oui, une ferme à Vanier. C’était il y a 65 ans. 

Le 11 octobre 1953, toute la communauté était invitée à assister à l’inauguration de l’Hôpital Montfort. Près de 3000 personnes étaient attendues à cette cérémonie au cours de laquelle l’archevêque d’Ottawa, Mgr Marie-Joseph Lemieux, allait bénir ce nouvel immeuble du chemin de Montréal. Léo Côté était du nombre.

« Mon mari est allé à l’inauguration de Montfort avec ses parents, se souvient sa veuve, Alda Côté, 93 ans. Moi, je suis restée à la maison. J’aurais bien aimé y aller mais nous avions quatre enfants et j’en attendais un cinquième. »

Ce que Mme Côté ne savait pas, c’est qu’elle allait bel et bien être de l’inauguration de ce nouvel hôpital et qu’elle allait même y avoir une place d’honneur.

En fait, en ce 11 octobre 1953, Alda Côté allait devenir la toute première patiente de l’histoire de l’Hôpital Montfort…

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Denis Gratton

La friteuse du parc des Cèdres

CHRONIQUE / Voilà une bonne nouvelle. Surtout pour les gens d’Aylmer. En fait, c’est une bonne nouvelle pour tous les gens de la région.

La Ville de Gatineau a annoncé mercredi que la construction du nouveau pavillon du parc des Cèdres, secteur Aylmer, débutera cet automne. Si tout va bien et qu’il n’y a pas de délais dans la construction, on ouvrira les portes de ce pavillon flambant neuf à l’hiver 2020.

Denis Gratton

Popoter au suivant

CHRONIQUE / Richard Tremblay sirotait une p’tite bière à la brasserie avec ses chums. Les boys parlaient de la pluie et du beau temps, ils se répétaient les mêmes vieilles blagues, se remémoraient les mêmes vieilles anecdotes et, comme à chaque p’tite bière ensemble, ils réglaient le sort du Canadien de Montréal.

Puis Richard a soudainement eu l’idée de passer le chapeau autour de la table pour une bonne cause.

« Je me lance un défi, a-t-il dit à ses amis. Au cours des prochains mois, je vais préparer 1000 repas pour les sans-abri de Gatineau. J’offre 400 $ de ma poche. Combien donnez-vous ? »

Après avoir fait le tour de la table et le tour de ses autres amis et de sa parenté, Richard Tremblay, 63 ans, avait amassé 3 500 $. Ne lui restait plus qu’à « popoter » 1000 repas…

Ce Gatinois a œuvré pendant 30 ans au Centre national des arts (CNA) à titre de directeur des services administratifs et approvisionnements. Retraité depuis neuf ans et chef à ses heures, il est bénévole depuis quelques mois à la cuisine communautaire où l’on prépare les centaines de repas pour l’organisme Itinérance Zéro. Ces repas sont distribués dans la rue aux itinérants du Vieux-Hull et du Vieux-Gatineau les lundis, jeudis et samedis, en soirée.

« Faire du bénévolat était sur ma bucket list à ma retraite, affirme M. Tremblay. L’hiver dernier, je suis tombé par hasard sur une annonce d’Itinérance Zéro dans laquelle on demandait des cuisiniers bénévoles pour préparer les quelque 350 repas que cet organisme offre gratuitement chaque semaine. J’ai vu que personne dans cet organisme n’était payé, qu’ils étaient tous bénévoles et qu’ils s’occupaient des gens de la rue. C’est venu me chercher. J’ai trouvé ça hors du commun et je me sus dit : c’est ce que je veux faire. Je me suis joint à ce groupe à titre de cuisinier le 15 mars dernier. »

M. Tremblay s’est toutefois vite rendu compte que de préparer tant de repas semaine après semaine n’était pas une mince affaire. Et il se dit renversé par le travail de la coordonnatrice de cette cuisine communautaire, Manon Bégin.

« Cette femme m’a inspiré, laisse-t-il tomber. Je suis ébahi par le travail qu’elle doit accomplir pour que ces repas se rendent à la caravane (le véhicule motorisé d’Itinérance Zéro) trois fois par semaine. On prépare les repas, elle emmène ensuite tout ça chez elle dans son frigo. Les repas à faire chauffer, elle les met dans son four à la maison. Elle sort trois soirées par semaine pour apporter le tout à la caravane pour la distribution aux itinérants. Elle n’arrête jamais, cette femme. Elle est exceptionnelle. »

« Donc en juillet dernier, poursuit M. Tremblay, je me suis dit que j’allais lui donner un coup de main et alléger ses tâches en préparant des repas chez moi. J’ai amassé 3 500 $, j’ai calculé que chaque repas coûterait à peu près trois dollars et que j’allais donc en préparer 1000 au cours des deux prochains mois. »

Et c’est ce qu’il a fait. Des soupers pizzas aux sauces à spaghetti, en passant par des salades de légumes, de pâtes et des ragoûts de bœuf, Richard Tremblay a — c’est le cas de le dire — mis la main à la pâte.

« Mais j’ai triché un peu, admet-il. J’ai eu un peu d’aide à un moment donné. Un jour, je préparais une centaine de wraps au jambon, fromage et laitue lorsque ma petite-fille âgée de sept ans m’a demandé si elle pouvait m’aider. Alors j’ai mis elle et sa copine à contribution et elles ont préparé les sandwiches avec moi. Elles se sont bien amusées, c’était une belle activité. Et qui sait ? Elles prendront peut-être la relève un jour », ajoute-t-il en riant.

Richard Tremblay a-t-il atteint son objectif de 1000 repas ?

« Pas tout à fait, répond-il. Je sus rendu à 945 repas que j’ai préparés chez moi avec les ingrédients que je me suis procurés grâce aux sommes amassées. Mais là, il me reste encore 900 $ des 3 500 $ recueillis. Je vais donc continuer jusqu’à ce que cette somme soit épuisée. Je vais dépasser mon objectif de 1000 repas.

«J’aime faire ça pour Itinérance Zéro, ajoute-t-il. J’ai eu une vie facile. Mes chums aussi. On a tous été choyés, on avait une carrière enrichissante, un toit au-dessus de notre tête. On l’a eu facile. Mais il y a toujours une main tendue quelque part. Quelqu’un qui a besoin d’un peu d’aide dans la vie. Donc, j’ai voulu faire ma part et redonner un peu. C’est de donner au suivant, finalement.»

On ne peut que lui lever notre verre…

Denis Gratton

Du stylo au micro

CHRONIQUE / Ça chante, un journaliste ?

Parfois, oui. Dans la douche. Dans l’auto. Autour d’un feu de camp. Comme un peu tout le monde, quoi.

Mais de là à interpréter une chanson en studio et de l’endisquer ? Ça, ce n’est pas donné à tous. Mais des journalistes et membres des médias de la région ont récemment accepté de troquer le stylo pour le micro et de relever ce défi. Pour une bonne cause.

Et le 26 novembre prochain à la Maison de la culture de Gatineau, le disque intitulé L’Oasis sera lancé. Les profits des ventes de ce CD sur lequel six membres des médias interprètent des chansons connues seront remis à l’organisme Itinérance Zéro. Ce mouvement populaire, qui ne compte que sur des dons du public et sur le travail de ses bénévoles pour subsister, a vu le jour il y a trois ans et il offre depuis de 450 à 500 repas par semaine aux itinérants de Gatineau.

Mais ce ne sera pas qu’un simple lancement de disque qui se tiendra à la Maison de la culture le mois prochain. Un repas sera aussi servi et le comédien Jean-Marie Lapointe offrira une conférence-spectacle. De plus, les convives obtiendront une copie du CD L’Oasis sur lequel ils pourront entendre les voix de rossignol (ou de corbeau ?) des collègues Yves Bergeras, journaliste culturel au Droit , Pierre Vachon, directeur adjoint au produit Bell Média, Pierre Plouffe, journaliste à TVA Gatineau-Ottawa, Sheila Fournier, animatrice de l’émission Le matin c’est Sheila à Unique FM, Marie-Christine Villeneuve, chef d’antenne à TVA Gatineau-Ottawa et Daniel Lacasse, directeur des ventes au Bulletin d’Aylmer.

L’écrivain et ancien conseiller municipal de Gatineau, Stefan Psenak, signe un texte qui sera imprimé dans le livret du CD. Et la pochette de ce disque est une œuvre de notre caricaturiste préféré : Bado.

Cette idée d’enregistrer un CD pour Itinérance Zéro est venue de Sylvain Mercier, fondateur de la revue musicale Disco Fever Experience . Et celui-ci a recruté son ami François Dubé pour assurer la direction musicale de l’œuvre.

« Ce disque donnera une carte de visite à Itinérance Zéro, affirme M. Mercier. Je suis très fier du travail accompli par tous les participants et j’ai réalisé que nous avons des talents incroyables dans la région. Ce disque qui sera lancé en novembre sera la preuve qu’on peut réaliser des trucs originaux quand la cause est solide. »

« Les journalistes qui ont participé à ce projet n’avaient pas nécessairement l’expérience de studio, enchaîne M. Dubé. Mais ils se sont donnés à 100 %, ils étaient prêts et ils ont accompli un travail admirable. »

« Nous nous sommes un peu inspirés du Show du refuge, ajoute pour sa part Benoît Leblanc, fondateur du mouvement Itinérance Zéro. J’espère qu’on pourra offrir ce genre de rassemblement annuellement à Gatineau. Itinérance Zéro compte sur l’appui du public pour poursuivre sa mission. Et sachez qu’on va bien au-delà des quelque 500 repas servis chaque semaine. Nous offrons aussi aux itinérants une écoute active et nous les guidons vers les ressources qui peuvent leur venir en aide. »

Impossible de connaître les chansons qu’interprètent les journalistes invités à ce projet. Ce secret sera bien gardé jusqu’au 26 novembre. Mais chose certaine, ces derniers ont accepté de sortir très loin de leur zone de confort pour donner à leur façon à cette cause.

« J’aime écouter des chansons, mais je ne chante presque jamais, je ne chante même pas dans la douche, lance le collègue de TVA, Pierre Plouffe. Disons que la barre était haute. Mais je n’ai pas hésité, j’ai tout de suite accepté. Je me suis dit que les itinérants vivent des défis pas mal plus importants que ça. Donc j’ai relevé ce défi pour cette importante cause, mais j’avoue que j’ai travaillé fort, j’ai travaillé pendant des mois. J’ai eu du coaching vocal et la mélodie que François (Dubé) a faite sur ma chanson est tellement belle que je m’arrêtais parfois de chanter, juste pour écouter sa mélodie. J’étais nerveux, les jambes me tremblaient en studio, mais je me suis laissé aller et je me suis vraiment amusé. »

Notre collègue au Droit, Yves Bergeras, a pour sa part joint l’utile à l’agréable pendant ce projet.

« On n’a pas toujours l’occasion d’aider sa communauté et c’était une cause et un beau projet auquel il était difficile de dire non, a-t-il déclaré. C’était fort amusant. Et pour des raisons plus professionnelles, ça me permettait de voir un peu comment se déroulent les choses dans les coulisses de l’industrie de la musique et de réaliser l’expérience de studio. Et tu te rends compte du travail qu’une seule chanson exige. C’est beaucoup plus de travail qu’on pense. »

Les billets pour le lancement du disque L’Oasis sont disponibles au coût de 100 $ à la Maison de la culture (maisondelaculture.ca ou 819-243-2525), ou auprès des membres d’Itinérance Zéro et de la députée de Hull, Maryse Gaudreault, qui a accepté la présidence d’honneur de cet événement.