Denis Gratton

Le maire du Petit Chicago

CHRONIQUE / Tout un personnage, cet ancien maire de Hull…

Deux lieux de Gatineau portent le nom : Moussette. Il y a d’abord le boulevard Moussette qui traverse du nord au sud le secteur Hull, tout près de l’hôpital. Puis le parc Moussette du quartier Val-Tétreau.

Denis Gratton

La «Rocket» de Saint-Charles

CHRONIQUE / Lise Caron adore le hockey. Elle a toujours aimé ce sport. Elle rêvait même de devenir une autre Maurice « Rocket » Richard, son idole.

Mais dans sa jeunesse, dans les années 1940 et 1950, les filles ne jouaient pas hockey. C’était impensable, inconcevable. C’était comme ça.

Patrick Duquette

Une promesse libérale trop floue

Avec la Coalition avenir Québec qui caracole en tête dans les sondages et François Legault qui promet de construire un nouvel hôpital en Outaouais, les libéraux ne pouvaient demeurer les bras croisés. Il leur fallait présenter eux aussi, et vite, des solutions régionales en santé.

Au lieu d’un nouvel hôpital, les libéraux de Philippe Couillard proposent plutôt de moderniser le vieil hôpital de Hull. Ils commenceraient par rénover le pavillon central où sont notamment situés les blocs opératoires. Ils s’engagent aussi à moderniser le CHSLD Foyer du Bonheur, situé juste en face.

Denis Gratton

Lawrence Cannon se rappelle

CHRONIQUE / Il a servi comme conseiller municipal dans sa ville natale de Québec durant les années 1970, puis plus tard, de 2002 à 2005, à la table du conseil de la nouvelle Ville de Gatineau. Sur la scène provinciale, il a défait une dénommée Pauline Marois aux élections de 1985 et il a éventuellement été nommé ministre des Communications du Québec par son mentor, l’ancien premier ministre québécois Robert Bourassa. Puis au fédéral, il s’est joint au Parti conservateur en 2005 (malgré les profondes racines libérales de ses parents et de ses ancêtres) et il a été élu l’année suivante député du Pontiac, en Outaouais, avant d’être nommé ministre des Transports, puis ministre des Affaires étrangères par l’ancien premier ministre canadien, Stephen Harper.

Défait en 2011, ou plutôt emporté comme plusieurs autres élus québécois par la « vague orange » du populaire chef néo-démocrate feu Layton, Lawrence Cannon quitte la vie publique, mais il sera plus tard nommé ambassadeur du Canada à Paris, un poste qu’il a fièrement occupé jusqu’en 2017.

Son parcours en politique est unique et exceptionnel, et son impressionnante carrière publique traverse quatre décennies.

Lawrence Cannon a lancé hier sa biographie intitulée Mémoires politiques , un recueil rédigé par son ami et ancien chef de cabinet à Ottawa, Paul Terrien. Et cet ouvrage se veut une véritable leçon d’histoire qui transporte le lecteur de la Révolution tranquille du Québec jusqu’à aujourd’hui, racontée par l’un des acteurs principaux de ces décennies de la politique québécoise, canadienne et mondiale.

« C’est un ouvrage qui, je pense, contribue un peu au patrimoine, dit-il humblement. C’est un texte de référence sur une époque. »

M. Cannon avoue toutefois dans sa biographie que celle-ci « serait toujours demeurée un projet, et donc un regret » sans la plume de l’ancien journaliste et correspondant parlementaire du quotidien Le Droit , Paul Terrien.

« L’éditeur (Les Éditons de l’Homme) proposait de trouver un auteur à Paris pour rédiger mes mémoires, se souvient M. Cannon. Mais il n’en était pas question. J’ai une confiance absolue en Paul. On a travaillé ensemble pendant plusieurs années. Paul m’a accompagné partout. Et pour qu’un ministre ait du succès, il faut une très grande complicité entre lui et son chef de cabinet. Et Paul et moi avions et avons toujours cette complicité. Et lorsque j’ai partagé avec lui mon intention de raconter mes mémoires, il a sauté sur l’opportunité. Parfois, je me décourageais un peu, mais Paul m’encourageait à poursuivre. Il me disait souvent à la blague : «il faut une mémoire pour écrire ses mémoires», d’ajouter l’ancien politicien.

Mais il fallait aussi faire la lecture d’une quantité industrielle de livres d’histoire et réaliser des recherches exhaustives ainsi que d’innombrables entrevues pour refléter fidèlement ces nombreuses années de vie politique. Et à ce niveau, l’auteur a accompli un véritable travail de moine.

«Ce livre est l’aboutissement de près de quatre années de travail, confirme Paul Terrien. Et j’avoue que je n’aurais pas été capable de faire ça il y a 15 ans, sans l’Internet. Lawrence et moi avons échangé des textes, des idées et des informations par courriels à de nombreuses occasions. J’ai séjourné deux mois à Paris pour des entretiens avec lui. Et le fait que j’aie travaillé avec lui a certes facilité les choses. Ce qui s’est passé pendant plusieurs de ces années-là, j’étais là avec lui.»

Les lecteurs de l’Outaouais s’attarderont sûrement aux passages de cette biographie qui relatent les années de M. Cannon à l’hôtel de ville de Gatineau. Et ils apprendront que c’est un peu grâce au conseil de Robert Bourassa si l’ancien ministre provincial a effectué un retour en politique à Gatineau après quelques années à œuvrer dans le secteur privé, à Ottawa. En voici un passage :

«Le 2 octobre 1996, j’apprends à la radio la mort de Robert Bourassa. Le 14 juillet, j’avais appelé chez lui pour offrir mes vœux à l’occasion de son anniversaire de naissance, mais on m’avait dit qu’il se reposait. Quelques jours plus tard, à ma grande surprise, il m’avait rappelé. D’une voix affaiblie par la maladie, il m’avait dit : «Lawrence, tu as toujours aimé faire de la politique et je t’encourage fortement à continuer. Je n’ai jamais oublié ce conseil».

En 2002, Lawrence Cannon replongeait en politique et était élu conseiller municipal de Gatineau.

«La politique m’a toujours habité, dit-il. (Ce passage au privé) n’était qu’une pause avant de refaire de la politique. Et lorsque je me suis engagé à reprendre la vie publique, les conditions au niveau municipal (à Gatineau) étaient très intéressantes puisqu’on discutait de la fusion des cinq municipalités (urbaines de l’Outaouais) pour former la Ville de Gatineau.»

Lawrence Cannon allait quitter de façon définitive la vie publique 15 ans plus tard.

Le lancement de Lawrence Cannon — Mémoires politiques s’est tenu mercredi à la Maison du citoyen, à Gatineau. Cette biographie est disponible en ligne et en librairie.